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Raffinerie en lutte

« 2nd round pour l’emploi » à Grandpuits : rendez-vous le 18 février à la Direccte à Melun !

Ce lundi 15 février, les raffineurs de Grandpuits se sont réunis en AG pour décider des suites du mouvement. Contre la réorganisation proposée dans le cadre du projet de reconversion du site par Total et les suppressions d'emplois qui tendent à impacter travailleurs et riverains en termes de risques environnementaux ,psychosociaux mais aussi de sécurité industrielle, ils appellent à un rassemblement jeudi devant la Direccte à Melun qui a dans ses mains la validation ou non.

mercredi 17 février

Ce lundi 15 février, les raffineurs se sont de nouveau réunis à Grandpuits. En effet, l’arrêt de la grève reconductible la semaine passée après 40 jours de grève ne marque pas pour autant la fin du mouvement contre la suppression de 700 emplois prévus par la direction de Total sur le site. C’est donc pour discuter de la poursuite du conflit dans de nouvelles coordonnées, que les raffineurs se sont concertés. Afin de mettre la pression sur l’État et la direction de la multinationale, les raffineurs ont voté de continuer la lutte avec des journées de grève et des actions hebdomadaires. L’objectif dans l’immédiat : interpeller la Direccte sur les risques en termes de sécurité (le site est classé Seveso seuil haut) et de charge de travail et risques psychosociaux induits par le suppressions d’emplois.

« Aujourd’hui s’ouvre le deuxième round. [...] La procédure du plan social n’est pas terminée. La Direccte valide ou non le projet, notamment en ce qui concerne l’emploi » explique Adrien Cornet, délégué CGT à Grandpuits. En effet, dans une lettre d’observation adressée à Total et aux organisations syndicales, la Direccte pointe : « après analyse [du] projet de restructuration, il apparaît que [l’]évaluation des risques est incomplète et les mesures de prévention inexistantes ».

Elle demande en outre expressément « une évaluation qualitative et quantitative de la charge de travail » puisque les comparaisons de Total pour transformer la raffinerie de Grandpuits en usine de biogaz, agrocarburants et bioplastiques, se fondent sur des usines du groupe basées à l’étranger où les normes sociales et environnementales sont plus faibles qu’en France. « Vous comparez le PLA [un type de bioplastique] qu’on produira ici avec une entreprise en Thaïlande, le biogaz d’ici avec l’entreprise qui est à Séville et le Biojet d’ici avec celui de La Mède. Vous voulez faire le comparatif avec la Thaïlande d’accord, mais en Thaïlande, comment est-ce qu’ils travaillent ? En trois-huit ? En deux-huit ? 60h 80h par semaine ? Ils n’ont qu’une semaine de congés payés ? Est-ce qu’avec le même nombre d’effectif à Grandpuits ça fonctionne ? » interroge Paul Feltman, lui aussi délégué CGT à Grandpuits.

Par ailleurs, la Direccte pointe également l’absence de plan de prévention des risques, et demande à la direction de Total l’« identification complète des danger et les modalités d’exposition et les actions mise en places pour la prévention de ces risques », de même que « le calendrier et la liste des effectifs postes par postes ainsi que l’exposition des salariés aux risques chimiques » absents du projet de reconversion du site. Autant de flou sur des sujets qui tendent pourtant à impacter la vie des salariés et des riverains.

« Si la Direccte partage nos analyses sur le PSE de Total, c’est parce qu’on a fait grève pendant 40 jours »

« Ça reste une organisation au service des entreprises. Je vous rappelle qu’à la base la Direccte est un organisme de conseil aux entreprises. [...] D’habitude ils sont du côté du patron. Mais s’ils valident un projet comme celui-là et qu’on devient un Lubrizol, on connaîtra les responsables », conclut Adrien Cornet. Avant de rappeler que le courrier de la Direccte adressé à la direction de Total « il ne sort pas de nulle part, si on n’avait pas fait grève, on n’aurait pas une ligne de ce courrier ». Pour les raffineurs il s’agit donc de « mettre la Direccte face à ses responsabilités maintenant pour qu’elle ne valide pas le Plan Social », résume Paul Feltmann.

C’est la raison pour laquelle, ce jeudi 18 février à 14h, les grévistes donnent rendez-vous à tous leurs soutiens devant la Direccte à Melun. « Le but c’est de vider la raffinerie de ses travailleurs pour aller à la Direccte, si vous voulez vous battre pour l’emploi vous êtes en grève. […] Si vous voulez envoyer un message clair à tous les travailleurs, venez jeudi, il faut dire haut et fort qu’on ne renonce pas à nos conditions de sécurité de travail et on ne remet pas le fait de se battre aux calendes grecques, notre fenêtre de tir, il faut qu’on l’utilise jusqu’au bout ».

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Publiée par Raffinerie Grandpuits Gargenville en Lutte sur Mardi 16 février 2021




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