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Politique

3 touristes allemands arrêtés pendant le G7 croupissent toujours en prison

La veille du G7 qui s'est déroulé à Biarritz cet été sous le signe d'un important dispositif répressif, trois jeunes allemands qui se trouvaient dans les parages ont été arrêtés puis condamnés à 2 et 3 mois de prison ferme pour « délit de participation à un groupe en vue de commettre des violences ». Une affaire qui illustre la « paranoïa » du gouvernement selon leur avocat Raphaël Kempf, puisque la police qui avait pourtant épluché minutieusement leur téléphone n'a trouvé « aucun message de violence ou d'informations par rapport au G7 », et que leurs parents confirmaient dans une lettre ouverte que leur voyage dans le Sud de la France avait un caractère purement touristique.

samedi 28 septembre

Crédit photo : SERGIO PEREZ/REUTERS

En plein dans l’après Gilets Jaunes, l’organisation du G7 a donné des sueurs froides au gouvernement. Celui-ci craignait alors que des manifestants ne viennent perturber l’événement qui rassemblait de nombreux chefs d’Etat. 13 200 policiers et gendarmes sont ainsi mobilisés ce jour-là dans la zone, tandis qu’une réquisition du procureur de la République leur permet de contrôler et fouiller n’importe qui et n’importe quel véhicule sans aucun prétexte. C’est ce qui a amené trois jeunes allemands âgés de 18 à 22 ans en prison.

Au niveau du péage de Biarritz, leur véhicule est arrêté et fouillé, et les jeunes sont contrôlés. Il s’avère que l’un d’eux est interdit de territoire français, mais l’ignorait, selon les propos de son avocat Raphaël Kempf rapportés par StreetPress. Qu’à cela ne tienne, les trois allemands seront placés en rétention administrative, alors que les deux autres sont en toute légalité. Par ailleurs le gouvernement allemand a fiché l’un des deux autres jeunes dans un fichier transmis au gouvernement français qui recense non seulement militants, mais aussi leurs relations personnelles et des journalistes. Cela suffira pour que les juges les condamnent tous les trois en invoquant des autocollants militants trouvés dans leur voiture, ainsi que des habits noirs, du matériel de protection, un brise-vitre, une bombe au poivre, et un livre d’extrême gauche.

Pour leur défense les trois jeunes allemands soutiennent que les protections sont des accessoires de sports de combat, passion pour laquelle ils allaient dédier leurs vacances, et que le brise-vitre est obligatoire en Allemagne dans les voitures. Aussi absurde que d’arrêter quelqu’un en possession d’un gilet jaune, obligatoire dans les véhicules en France. Voilà comment, sur la base d’éléments plus que douteux, ces trois jeunes ont été envoyés en prison… Et comme si cela ne suffisait pas, les trois jeunes ont été séparés dans des prisons différentes. Pourtant non seulement l’an dernier deux des trois jeunes ont passé des vacances dans le même camping à Hendaye, et leurs parents ont publié une lettre ouverte affirmant que leur séjour dans le coin n’avait qu’un caractère purement touristique, mais qui plus est la police n’a trouvé « aucun message de violence ou d’informations par rapport au G7 » selon l’avocate au procès Floriane Herran.

A l’heure actuelle, les trois allemands croupissent toujours dans des prisons surpeuplées, dans des conditions particulièrement précaires. Les membres de leur famille en Allemagne n’ont dans un premier temps pas été tenus informés de leur situation, et se battent maintenant depuis trois semaines pour faire obtenir justice : ce vendredi, les trois jeunes étaient en procès en appel à Pau, où était déployé pour l’occasion un impressionnant dispositif policier.




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