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19 janvier

30.000 manifestants au Havre : « On a besoin de tous les secteurs et d’un vrai plan de bataille ! »

Les havrais se sont surpris eux-mêmes ce jeudi 19 janvier. Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées pour battre le pavé lors d’une manifestation qui ne semblait ne jamais prendre fin ! A l’intérieur, de nombreux secteurs du mouvement ouvrier havrais, en grève, comme les dockers, les portuaires, les raffineurs, les salariés de Safran, de Sidel, ou de Chevron étaient représentés.

vendredi 20 janvier

Crédits photo : Révolution Permanente Le Havre

Le nombre de manifestants dans la ville des les rues du Havre hier, parfois en famille, témoigne du rejet massif de la réforme par la population. Dans les cortèges, nombreux sont ceux dénoncent des cadences infernales, des métiers épuisants qu’ils ne se voient pas faire deux années de plus. Interrogée par Révolution Permanente, Inès salariée en EHPAD témoignait : « on est personnel soignant et le corps s’abîme aussi très rapidement. C’était important pour moi de venir aujourd’hui, je suis jeune et ça me concerne, ma carrière sera déjà assez longue ! »

Face à la réforme des retraites, la rue a donc répondu massivement pour cette première journée de mobilisation avec la préoccupation d’un « tous ensemble » pour faire reculer Macron. Ludovic délégué CGT à la raffinerie Total de Normandie, expliquait qu’il se bat aussi pour la jeunesse : « Je soutiens les étudiants qui se mobilisent, les lycéens qui bloquent leurs lycées ».

Les taux de grévistes impressionnants dans de nombreux secteurs se sont traduit dans les rues havraises. Les dockers et portuaires, la CIM, Total, Chevron, Yara, les cheminots, les travailleurs de l’éducation et de la santé, remplissaient des cortèges parfois éparses ou dépassés par une manifestation d’ampleur. Des feux d’artifices en plein jour sont venus rythmer le parcours et les quelques pancartes préparées à la hâte, reflet d’une mobilisation massive, qui était la première pour pour certains. Du côté des cheminots, la grève a également été très suivie puisque seulement 21% des trains et cars réguliers circulaient ce jeudi 19 février.

A demi-mot, certains manifestants interrogent les modalités de la lutte et regrettent le manque de blocage ou d’action coup de point. En effet, sans une élévation du rapport de force il semble difficile d’envisager le retrait de la réforme. Jenny Grandet de la CGT Safran au Havre nous racontait être « satisfaite du niveau de mobilisation dans l’entreprise et localement », tout en insistant : « il y a une AG dans l’après-midi pour décider de la suite ».

La continuité de la mobilisation est maintenant dans tous les esprits. Après une mobilisation fortement réussie, l’intersyndicale a annoncé une nouvelle date isolée le 31 janvier prochain. Une dynamique à rebours de la réussite du 19 janvier, dont il faudrait au contraire profiter pour proposer un calendrier qui permette de généraliser la grève et de construire la reconductible, avec un appel à la grève qui aille au delà de 24 heures comme l’avait avancé les raffineurs. Pour qu’une telle généralisation de la grève puisse advenir, le développement d’assemblées générales et de coordinations interprofessionnels entre secteurs sera décisif.

C’est dans ce sens que Alexis Antonioli, raffineur de la CGT Total insistait au micro de Révolution Permanente hier : « Les leçons que les raffineurs ont tirées en 2010 et dans notre dernière grève c’est qu’on a besoin que l’ensemble des branches soient mobilisées, et aient un vrai plan de bataille ! ».



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