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Politique

Crise sanitaire

30.000 nouveaux cas, près de 4000 personnes en réa : la catastrophe sanitaire du pari de Macron

Alors que le variant anglais se répand dans toute la France et que l’épidémie explose, particulièrement en Île-de-France où les lits en réanimation sont saturés, la stratégie de Macron apparaît chaque jour plus criminelle.

mercredi 10 mars

Crédits Photo : Ludovic Martin / AFP

Un mois après avoir lancé le « pari » sur nos vies pour éviter un troisième reconfinement, les chiffres montrent que la stratégie du gouvernement est un échec cuisant. Pour satisfaire le patronat et protéger l’économie , le gouvernement a permis à l’épidémie de circuler fortement et les chiffres sont clairs sur les conséquences de ce choix. Depuis des semaines on compte ainsi plus de 250 décès par jours de la Covid. Alors que le gouvernement avait fixé le seuil maximal d’alerte à 250 pour les taux d’incidence, quatre départements connaissent actuellement un taux d’incidence au-dessus de 400 (les Alpes-Maritimes, la Seine Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Pas-de-Calais) et sept un taux d’incidence au-dessus de 300 (le Val-d’Oise, l’Essonne, le Var, la Seine-et-Marne, l’Aube, l’Oise, les Bouches-du-Rhône).

A l’heure actuelle, la région la plus touchée est l’Île-de-France où le seuil des 1000 patients en réanimation a été dépassé pour la première fois depuis le 18 novembre dernier. Les hôpitaux d’Île-de-France sont ainsi à la limite de la saturation, et 40% de l’activité des hôpitaux ont dû être déprogrammées. Une mesure loin d’être anodine qui aura des conséquences graves.

Des chiffres face auxquels le gouvernement n’a pas changé de stratégie, malgré les alertes des soignants et épidémiologues. S’il s’est vu contraint ces dernières semaines de renforcer les mesures dans certains départements en situation critique, autour de Nice ou Dunkerque, il l’a fait par un nouveau confinement « made in MEDEF », exclusivement pendant le week-end, et en laissant l’épidémie continuer d’exploser ailleurs. Ainsi, alors qu’un nouveau conseil de défense se réunissait hier, aucune nouvelle mesure n’a été mise en place, dans la continuité de cette politique de l’autruche pro-patronale.

Nationalement, on compte pourtant désormais près de 4000 personnes en réanimation, quand le pic de réanimation s’établissait à 4900 lors de la deuxième vague. 30.000 nouveaux cas ont par ailleurs été recensés hier, un chiffre en hausse par rapport aux derniers jours. Une situation tellement critique que même Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France pro-patronale en campagne, a elle-même noté sur BFM Business : « l’épidémie est en train de monter en flèche dans la région, les hôpitaux sont en train d’être mis sous tension ». De même que le député de la majorité, Sacha Houlié, qui reconnaîssait lundi sur BFMTV « des situations qui sont très alarmantes  » dans la région. « Il n’y a pas de volonté politique de confiner l’Ile-de-France pour des raisons économiques, psychologiques, politiques » justifiait le député macroniste.

De quoi remettre en question les prévisions se voulant rassurantes de Macron qui expliquait le 1er mars « il faut tenir quatre à six semaines », tandis que Gabriel Attal évoquait la semaine dernière un « retour à la normale » « dès la mi-avril ». Derrière ces affichages, le gouvernement tente de dissimuler le bilan catastrophique de sa politique. Pour éviter de prendre acte de la gravité de la situation, le gouvernement cherche par ailleurs à allumer des contre-feux, en vantant une stratégie de vaccination pourtant retardataire ou en culpabilisant les soignants, mais aussi en faisant peser la responsabilité de la situation sur la population. Refusant d’envisager un confinement, Jérôme Salomon a ainsi appelé à une « mobilisation maximale de nos concitoyens » pendant les six prochaines semaines...

Le gouvernement ne peut cependant échapper à son bilan, sur lequel met le doigt un récent rapport publié par l’institut Lowy de Sydney. Celui-ci classe la gestion sanitaire de Macron en 73ème sur 98 pays du monde, en se basant notamment sur le nombre de décès. De fait, la France arrive 8ème dans le classement des décès selon Statista, juste après des grands pays tels que les USA, le Brésil, la Russie ou l’Inde…

Pour le gouvernement la situation est donc critique, d’autant que dans la perspective de 2022 un débordement des hôpitaux pourrait être fatal au candidat Macron. En attendant, ce sont nos vies et celles de nos proches qu’il sacrifie. Plus que jamais c’est une autre gestion sanitaire dont nous avons besoin, entre les mains des soignants et des travailleurs, et refusant de se plier à la logique du profit que Macron fait primer.




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