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Politique

31 décembre : des hélicoptères déployés dans les quartiers populaires pour réprimer

Le réveillon du jour de l'an a été l'occasion pour le ministère de l'intérieur de déployer un dispositif répressif impressionnant. Encore une démonstration de la gestion autoritaire de la situation par le gouvernement, seule réponse apportée à la crise sanitaire, économique et sociale.

samedi 2 janvier

Crédits photo : Thomas Samson / AFP

A l’approche du réveillon du nouvel an, Gérald Darmanin avait annoncé le déploiement d’un dispositif répressif impressionnant de 100 000 policiers sur tout le territoire. Une telle mobilisation des forces de l’ordre avait deux objectifs principaux : réprimer toute expression de la colère qui couve dans les quartiers populaires et qui se manifeste chaque 31 décembre, et contrôler les déplacements afin d’appliquer le couvre-feu et empêcher la tenue d’événements festifs.

Cette gestion « tout-répressif » de la crise sanitaire s’est incarnée hier dans l’emploi de moyens disproportionnés dans le maintien de l’ordre. A Toulouse ou encore à Strasbourg, des hélicoptères ont ainsi été utilisés pour survoler des territoires et effectuer une surveillance de certains quartiers. Dans l’Essonne aussi, un hélicoptère a été déployé « en appui » des 600 policiers et gendarmes mobilisés. Tout un symbole pour un département particulièrement touché par le Covid-19, avec plus de 1000 décès comptabilisés à ce jour.

Alors même que la pandémie a révélé les limites de notre système de santé, le manque de moyens criant des hôpitaux et les conditions de travail inhumaines des soignants en tête, le gouvernement persiste à jouer la carte de la répression et de la responsabilité individuelle afin de contrôler l’épidémie. Une politique qui lui permet également d’avancer dans sa politique autoritaire, en accordant toujours plus de moyens et d’importance à la répression et aux forces de l’ordre, qui se servent des mêmes hélicoptères pour contrôler les déplacements pendant le couvre-feu que pour réprimer les manifestations.

Depuis deux jours, l’histoire de la rave organisée en Ille-et-Vilaine est ressassée sans répit dans les médias, l’idée faisant son chemin que le gouvernement ne réprime même pas encore assez ! Quotidiennement des milliers de gens s’entassent dans les transports publics et dans les supermarchés pour faire tourner la machine à profits des capitalistes : dans ces moments-là on nous explique qu’il est impossible de se contaminer dans des situations professionnelles, ni dans les transports, ni là l’école, ni à l’université, pas dans les bureaux etc.

Outre la crise sanitaire, l’augmentation perpétuelle des moyens alloués à la police et à la gendarmerie témoignent du mépris du gouvernement pour les victimes de la crise économique actuelle.
Alors que des milliers de commerçants ou de restaurateurs vont droit vers la faillite, alors que des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses ont déjà perdu leur emploi ou risquent d’être licenciés, alors que de plus en plus de gens font appel aux distributions alimentaires, aux associations humanitaires, alors que des milliers de jeunes étudient et vivent dans des conditions effroyables, le gouvernement reste fidèle à sa doctrine « il n’y a pas d’argent magique », sauf en ce qui concerne les forces de répression, qui disposent, elles, d’hélicoptères ou de blindés flambants neufs pour bien démarrer la nouvelle année.




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