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Détresse psychologique

36% de travailleurs se disent en dépression : les dégâts psychologiques de la crise sanitaire s’aggravent

36% des salariés sont en dépression selon une récente étude. En cause ? Leurs conditions et la surcharge de travail ou encore l'isolement sur fond d'une gestion sanitaire qui ne fait que prolonger la crise.

mercredi 24 mars

Crédits Photo : Kenzo Tribouillard / AFP

Ce mardi une enquête d’Opinion Way commandée par le cabinet Empreinte Humaine, réalisée auprès de 2004 salariés, montre la profondeur des conséquences psychologiques de la crise actuelle. En effet l’enquête, reprise notamment par France Inter, pointe le fait que 36% des salariés sont aujourd’hui dans une situation de dépression. Ce pourcentage a explosé en seulement quelques mois puisqu’en décembre dernier ce chiffre était de 21% des salariés, soit une hausse de 15 points. Dans le même temps, quasiment la moitié des salariés reconnaissent être dans une situation de détresse psychologique, qui est la première étape d’une détérioration de la santé mentale. Un autre indicateur significatif amené par l’enquête, est celui des doutes des salariés sur le fait de voir se produire des suicides sur leur lieu de travail, une peur qui concerne un tiers des interrogés.

Les catégories les plus touchées par cette tension psychologique sont, comme l’on aurait pu s’en douter, les plus précaires représentés par les femmes, les jeunes de moins de 30 ans ainsi que les personnes en télétravail. Les managers sont parmi les plus stressés, ce qui n’est probablement pas sans lien avec la pression en augmentation chez « leur subordonnés ». Cette explosion du nombre de cas de dépressions s’explique d’abord par la surcharge de travail et les journées interminables dénoncées par près de 50% des salariés interrogés. D’autres ont également relevé le fait de travailler dans des logements exigus, pour les télétravailleurs, ainsi que l’accumulation à répétition de tâches ingrates.

L’enquête vient donc confirmer que les mesures de gestion de la crise sanitaire ont un impact profond sur la santé mentale des populations en première ligne. Car au-delà des facteurs de stress que subissent les travailleurs les plus précaires, comme l’a mis en lumière l’étude, c’est toute la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement et les incertitudes d’avenir qu’elle fait peser sur les consciences qui provoquent cette détresse psychologique de la population. En effet depuis un an déjà le gouvernement n’en fini plus de démontrer son amateurisme dans sa gestion pro-patronale de la pandémie. Afin de privilégier à tout prix le maintien des profits, les décisions du gouvernement ont sans cesse fait reposer la crise sur le dos et les nerfs des travailleurs, des classes populaires et des étudiants. Ces derniers sont eux aussi en proie à une violente vague de détresse psychologique, directement due à la précarité matérielle dont ils souffrent mais aussi du fait de la pression extrême engendrée par le maintien à tout prix des examens. Ces tendances croissantes à la détresse psychologique étaient déjà présentes avant la pandémie, mais sa gestion et les incertitudes d’avenir qu’elle provoque (quant aux diplômes, aux licenciements et à la précarité) en sont un puissant accélérateur.

La pression des partiels et et celle du maintien de toutes les activités salariales dans une situation d’épidémie aussi anxiogène, sont les conséquences directes des choix politiques du gouvernement. Le fameux «  quoi qu’il en coûte  » de Macron s’applique tant aux titanesques dépenses de «  relance  » de l’économie qu’au sacrifice de la santé physique et mentale des travailleurs, des étudiants, des habitants des quartiers populaires ou encore des personnels de santé. Face à cet état de fait, il est nécessaire de compter sur nos propres forces, unis dans un combat d’ensemble contre Macron, son monde et leur gestion criminelle de la crise sanitaire.




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