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3e vague. Après les services de réanimation, les chambres crématoires des hôpitaux saturées

Dans les chambres crématoires des hôpitaux, les malades décédés du Covid commencent à s’entasser sous l’œil impuissant d’un personnel en sous-effectif. Le versant glaçant de la saturation des hôpitaux et du manque gravissime de moyens.

jeudi 15 avril

Chambre mortuaire de l’hôpital Beaujon en région parisienne / AFP - JOEL SAGET

Le scénario catastrophe de la 3e vague se joue aussi du côté des chambres crématoires des hôpitaux, où se déroulent à la chaîne les derniers adieux des familles endeuillés. Un volet de la crise sanitaire relativement peu documenté, mais qui est le corolaire directe et glaçant de l’augmentation de la létalité et de la contagiosité des variants du Covid, entrainant une saturation rapide des services de réanimation.

Au micro de France Info, Yannick Tolila-Huet, responsable de la chambre mortuaire de l’hôpital Bichat à Paris témoigne : « Je pense que personne ne se rend vraiment compte de la charge de travail en chambre mortuaire. On va continuer à commander et recommander des camions et des containers qu’on va mettre sur nos parkings parce que les corps ne peuvent pas partir ? C’est un truc de dingue ! »

Alors que les patients se font de plus en plus jeune à nécessiter de l’oxygène et à risquer la mort, les chambres mortuaires frôlent les situations dystopie de la première vague. « « On fait tout pour tout le monde, mais il y a beaucoup, beaucoup, de décès » témoigne cette soignante dans Le Monde. Avec 100 000 décès officiels en France depuis le début de la pandémie – les chiffres pourraient être gravement sous-estimés – les personnels de ces services hospitaliers se sentent débordés.

En sous-effectif, le drame est double pour eux mais aussi pour les familles, qui encaissent non seulement le décès d’un proche mais doivent aussi supporter des adieux expéditifs au risque de saturer davantage les chambres mortuaires.
En ligne de mire pour le personnel, éviter la saturation des services de réanimation pour empêcher le débordement des chambres et l’accumulation des corps dans des conditions indignes. Tous ont en tête les images du Portugal en janvier où les ambulances étaient contraintes de faire la queue sur les parkings des hôpitaux, traduction d’un service sanitaire au bord du gouffre.

En réalité, si les images à l’international, le Brésil de Bolsonaro en tête, peuvent largement choquer de par la barbarie dont elles témoignent le drame est aussi sur le territoire français où malgré la banalisation de l’épidémie par le gouvernement aux travers de ses annonces hebdomadaires routinières et ses mesures cosmétiques et purement répressive, le Covid et ses variants font encore rage.

« Dès qu’un patient décède, on a à peine le temps d’y penser qu’un autre prend déjà sa place. On est comme des robots » témoigne l’hospitalière au journal Le Monde, démontrant la triste réalité des hôpitaux à l’approche du pic de la troisième vague. Une responsabilité intégrale du gouvernement et du patronat, qui ont privilégié une gestion criminelle de la crise, sacrifiant au passage la vie de 100 000 personnes mais aussi celles de leurs, marqués au fer rouge par le traumatisme de la plus grosse épidémie depuis la grippe espagnole il y a plus de cent ans.




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