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Politique

Ce n'est pas à nous de payer leur crise

4 milliards de déficit. Djebbari n’exclut pas de licencier à la SNCF

Grève contre la réforme des retraites et crise du Covid-19 ont porté un coup dur à la SNCF. Jean-Baptiste Djebbari, Secrétaire d'État chargé des Transports, n'exclut pas de recourir aux licenciements pour combler les déficits.

jeudi 4 juin

Crédit photo : Philippe Hughen / AFP

Comme à Renault, les salariés de la SNCF sont menacés par les licenciements. La crise du Covid-19 a porté un coup dur à la trésorerie de ces grandes structures sauf que là il faut aussi y ajouter... la grève. Du 5 décembre à la fin janvier, de nombreuses journées de grève et un mouvement très suivis à la base ont fait perdre presque un milliard d’euros à la SNCF. C’est en tout cas ce qu’affirme Jean-Baptiste Djebbari, Secrétaire d’État chargé des Transports, au micro de France info.

À la facture de la grève, le Secrétaire d’État LREM, ajoute un surcoût pour désherber les voies avec un autre produit que le glyphosate et ensuite l’épidémie de Covid-19 qui a considérablement réduit le nombre de voyageurs, augmentant mécaniquement le coût de la prise en charge des passagers. Tout cela fait monter la note à 4 milliards d’euros environ. La RATP, en première ligne lors de la grève contre la réforme des retraites, est également mentionnée dans le bilan des pertes que les transporteurs ont subi.

Pour l’instant, le bilan exact n’est pas encore chiffré mais déjà Djebbari agite les menaces. Si, comme il l’affirme, la SNCF « ne se rattrape[ra] pas sur les clients » pour ne pas leur faire payer le coût de la crise actuelle, il faut bien faire payer l’addition à quelqu’un. Et les salariés, attaqués lors de la réforme ferroviaire en 2018 et précarisés suite à la mise en concurrence du groupe, qui ont en plus eu le culot de relever la tête pour tenir la dragée haute au gouvernement contre son projet de casse des retraites, risquent bien de faire les frais de cette addition plus que salée.

Dans un parfait exercice de langue de bois, Djebbari déclare qu’« il y a un devoir d’appréciation de la réalité et de la situation ». Traduction : « ajustement des recrutements », « non-remplacements » et potentiellement suppressions de postes. Rien n’est encore officiellement annoncé mais tout concours à ce que la manière forte soit employée pour répondre aux besoins du marché.

Comme dans nombres de secteurs touchés par la crise économique suite à la pandémie de Covid-19, l’unité des travailleurs dans la lutte pour maintenir les emplois de la SNCF et de la RATP et faire payer les capitalistes risque de s’inviter rapidement au calendrier des mobilisations à venir.




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