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Politique

"4000 euros" : pour Bayrou, la "classe moyenne" gagne un pognon de dingue !

Lors d'une interview sur RTL, Bayrou estime que 4000€ correspond au salaire moyen de la classe moyenne, en oubliant tous les enseignants, soignants etc qui ne gagnent pas beaucoup plus que le SMIC. C'est aussi en quelque sorte remettre en question les combats que mènent cette classe depuis plusieurs années et mépriser toutes une partie de la population qui s'enfonce dans la précarité.

lundi 8 février

Crédits photo : AFP/ERIC FEFERBERG

Ce dimanche 7 février au cours du Grand jury LCI/RTL/Le Figaro, Francois Bayrou a estimé qu’un Français gagnant 4000 Euros par mois, appartient à « la classe moyenne » et déclenche ainsi le débat récurrent en France et sur les réseaux sociaux sur la définition de la richesse, alors que, ces dernières années, de plus en plus de personnes sont dans la rue parce qu’elles n’ont pas les moyens pour subvenir à leurs besoins, même si certaines travaillent.

« Tout peut être imaginé de cet ordre-là oui »,déclare Francois Bayrou tout d’abord, à propos de l’idée de taxer plus lourdement les ménages aisés, mais il faut savoir ce qu’on entend par « les plus riches ». En 2007, François Hollande avait appelé le montant net de 4000 euros par mois pour déterminer à partir de quand une personne est considéré comme riche. « 4000 euros par mois, c’est classe moyenne », dit Francois Bayrou.

Selon l’observatoire des inégalité, sont considérés comme riches ceux qui gagnent le double du salaire médian, qui équivaut à 1798 euros par personne et par mois en France en 2020. Cela signifie qu’avec un revenu de 3470 euros - ce qui est nettement inférieur à la déclaration de Bayrou- estimé par mois, on peut parler d’une personne riche. Environ 8% de la population française gagne cette somme.

De plus du fait que les 4000 euros par mois ne sont absolument pas réalistes pour la classe moyenne, Bayrou ignore et méprise dans sa déclaration les couches de la population qui manifestent depuis des années dans les rues de France. Les mouvement naissant était principalement composé de personnes largement négligées par le gouvernement et pour lesquelles les réformes néolibérales des dernières décennies n’avaient eu aucun effet.

En 2017, les cheminots se sont mis en grève pour s’opposer aux efforts du gouvernement pour privatiser la compagnie nationale des chemins de fer français, qui assure à la fois le transport de voyageurs et de marchandises. En fait, le processus de lutte de classe s’est accéléré puis en 2018 avec l’avènement du Mouvement des Gilets Jaunes qui ont également été classés comme faisant partie de la classe moyenne. Fin 2018, les lycéens ont également commencé à protester contre les projets de réforme de l’éducation du président Emmanuel Macron, qui conduiraient très certainement à une plus grande inégalité entre les étudiants français. A la mi-novembre de 2019, des milliers d’agents hospitaliers sont descendus dans les rues de toute la France pour protester contre les coupes dans le système de santé. Deux semaines plus tard, des paysans ont mis en place un barrage routier roulant avec des tracteurs autour de Paris, dont un millier près des Champs-Élysées et de l’Arc de Triomphe. Puis, le 5 Décembre, une grève a éclaté contre le programme brutal de réforme des retraites de Macron qui, s’il était entré en vigueur, aurait anéanti les grandes victoires remontées par la classe ouvrière française pendant des décennies. Tous ces mouvements comportent la population de la classe moyenne, qui gagne bien moins de 4000 euros par mois et qui souffre en plus des conséquences de la pandémie, pendant que dans le même temps, les milliardaires français, qui doivent leur fortune à leur propre famille et à leurs entreprises, continuent à faire des profits malgré la crise sanitaire, alors que les salaires de la classe moyenne et ouvrière restent au même niveau bas.




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