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Mouvement étudiant

450 étudiants à l’interfacs francilienne : la mobilisation se construit dans les universités !

450 étudiants de différentes universités étaient réunis à Paris 8 ce lundi pour une Assemblée générale interfacs. Déterminés à se battre contre Macron et sa réforme, plusieurs initiatives ont été votées, dont la tenue d’un rassemblement le 7 février avec les travailleurs en grève.

31 janvier 2023

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Ce lundi, l’université de Paris 8 a accueilli 450 étudiants dans Assemblée générale interfacs, à la veille d’une journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites. Cette AG organisée dans un amphithéâtre plein à craquer, a été une vraie réussite. rappelant les coordinations étudiantes du mouvement de 2018 contre Parcours Sup. Alors que la mobilisation en est à ses débuts dans les universités, des délégations issues de nombreuses facs s’étaient donnés rendez-vous pour réfléchir à la suite du mouvement.

450 étudiants de plusieurs facs de région parisienne : une première AG interfacs réussie

Ainsi des étudiants de Paris 8, de l’Université Paris-Cité, de Paris-Saclay, de Paris 1, de Paris 3, de Sorbonne Université, de l’EHESS, de Créteil, de Evry, de Nanterre, de l’ENS, d’écoles d’art et même de Panthéon-Assas étaient présents. Plusieurs lycéens étaient également de la partie.

L’attention de se lier aux travailleurs et aux habitants des quartiers populaires était partagée dans l’Assemblée. A cet égard, la rencontre a été introduite par l’intervention de membres du comité Justice et vérité pour Yanis, du nom d’un jeune homme mort à la suite d’une intervention policière en avril 2021, qui ont rappelé le projet autoritaire du gouvernement, avec la loi Immigration et la répression policière contre les étudiants souhaitant s’organiser contre la réforme des retraites, à l’image des 29 personnes arrêtées sur le Campus Condorcet.

Deux travailleurs en grève le 31 janvier sont ensuite intervenus : Paul Feltmann, ouvrier à la raffinerie de Grandpuits, et Clément Alonso, cheminot au technicentre de Châtillon. Tous deux ont insisté sur l’importance du mouvement étudiant pour gagner dans lutte contre Macron, le dynamisme et la spontanéité de ce dernier pouvant servir de contrepoids aux directions syndicales, et à leur stratégie de pression avec des manifestation isolées. Afin de convaincre les étudiants qu’ils étaient concernés par la réforme, Paul Feltmann a également expliqué qu’il était lui-même étudiant mobilisé pendant la réforme des retraites de Sarkozy en 2010 (repoussant l’âge légal de 60 à 62 ans), et qu’il voit désormais les conséquences de cette attaque sur ses collègues les plus âgés.

Un cortège commun des étudiants, lycéens et personnels en grève ce mardi

Des représentants des différentes universités sont ensuite intervenus pour faire état de la mobilisation dans leurs établissements respectifs. Outres les AG de Paris 8 et Paris 1, qui ont réuni respectivement 250 et 200 personnes ce lundi, les étudiants présents de Paris 3, Paris 4 et de l’EHESS faisaient état d’une dynamique ascendante de mobilisation.

L’intervention des lycéens a été particulièrement remarquée, à l’image de celle d’Helena, militante au Poing Levé Lycée, qui a insisté sur le potentiel explosif du mouvement si les lycéens rejoignaient massivement la mobilisation. Si les lycéens sont encore peu rentrés dans la bataille, elle a souligné l’importance de militer en leur direction, afin que la colère large à l’égard de Macron dans la jeunesse puisse s’exprimer.

Afin que la détermination de la jeunesse affichée dans cette AG-interfacs apparaisse dans la manifestation de mardi, il a été décidé de se réunir mardi dans un cortège commun de l’enseignement supérieur et de la recherche réunissant lycéens, étudiants et personnels des universités mobilisés. Le rendez-vous est ainsi prévu au croisement de la rue Le Brun et de l’avenue des Gobelins.

Organiser des échéances politiques et festives pour construire la mobilisation

Si une importante détermination ressortait de cette Assemblée Générale, beaucoup d’intervenants ont néanmoins souligné que, pour faire reculer Macron, il fallait que la jeunesse entre massivement dans la lutte, au-delà des quelques centaines de personnes peuplant les AG organisées dans les différentes universités. Aussi la question de comment faire pour élargir le mouvement et toucher les étudiants peu habitués aux Assemblées générales est revenue à de nombreuses reprises.

Dans cette optique, les étudiants mobilisés de l’Université-Paris Cité ont organisé ce lundi une journée de concert autour de la réforme des retraites. Une échéance festive qui a permis à de nombreux étudiants sur le campus de se renseigner sur la réforme et sur les mobilisations à venir.

Cela a également permis de construire la solidarité avec les personnels : alors que plus de 300 euros ont été récoltés dans la journée pour remplir la caisse de grève des personnels de la fac, les travailleurs du CROUS ont offert des repas et desserts afin d’alimenter le buffet à prix libre qui était organisé. Dans l’AG interfacs, cette initiative a été largement saluée, et de nombreux étudiants réfléchissent à le mettre en place dans leurs universités.

Pour dépasser le calendrier de l’inter-syndicale : un rassemblement le 7 février aux côtés des travailleurs en grève

Par ailleurs, beaucoup d’intervenants ont déploré l’absence de perspective à la suite de la manifestation de mardi, l’intersyndicale appelant seulement à des journées isolées de mobilisation. En réaction à l’inertie des directions syndicales, l’envie de répondre par des actions propres du mouvement étudiant a émergé. A cette occasion, les étudiants ont voté le principe d’occuper l’amphithéâtre où se tenait l’AG. Une décision dont les modalités ont été appliquées de différentes manières, certains rejoignant une occupation en cours à Sciences Po Paris, d’autres souhaitant occuper à une date ultérieure, un petit nombre enfin restant sur les lieux le soir même.

Afin de dynamiser la mobilisation étudiante une autre initiative a émergé : celle d’un rassemblement aux côtés des travailleurs dès le 7 février, sans attendre la nouvelle date décidée par l’intersyndicale. Plusieurs secteurs ont en effet déjà annoncé des grèves de plusieurs jours pour la semaine prochaine, avec 72 heures de grève dans les raffineries à partir du 6 février, et 48 heures dans les transports à partir du 7 février.

Comme l’a expliqué Ariane, militante au Poing Levé de Paris 1, la jeunesse peut jouer un rôle pour dynamiser la mobilisation, pour l’instant encadrée par les directions syndicales qui ne proposent que des manifestations espacées, voire même le week-end, sans organiser de grève donc. Un important rassemblement de jeunesse le 7 février pourrait ainsi sortir de leur isolement les travailleurs qui ont déjà annoncé une grève de plusieurs jours à cette date, et motiver d’autres secteurs à durcir le mouvement. Cette décision a été votée et largement approuvée dans l’Assemblée Générale.

Afin de garantir la réussite d’un tel rassemblement, il s’agit désormais de construire la mobilisation localement dans les universités, dans la manifestation de mardi puis dans les AG se tenant tout au long de la semaine. Une prochaine AG interfacs a ainsi été décidé lundi prochain.

Ce mardi, rendez-vous à 13 heures au croisement de la rue Le Brun et de l’avenue des Gobelins dans le 13e arrondissement de Paris.


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