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Jeunesse

Crise économique

46% des Bac +5 diplômés cette année sont au chômage : quand les diplômes ne protègent plus de la précarité

La parution d’un sondage de la Fédération Syntec Conseil vient confirmer la situation extrêmement alarmante de la jeunesse. En pleine crise économique, pour les jeunes diplômés c'est le chômage et la précarité qui guettent.

mercredi 20 janvier

Crédit photo : afp/PHILIPPE HUGUEN

Le diplôme est sensé servir de pare-feu face au chômage, pourtant ces derniers-temps, tout particulièrement, cette affirmation semble devoir être infirmée. En effet comme nous le montre le sondage réalisé par Episto pour le compte de Syntec Conseil, près de la moitié des jeunes diplômés bac + 5 sont au chômage depuis début de la pandémie (46%), c’est 28 % de plus qu’en 2018. Par ailleurs le taux d’embauche en CDI est également impacté : seulement 50 % contre 69 % avant la crise. Des chiffres qui étaient déjà bas et qui empirent du fait de la crise.

Le président de Syntec Conseil, société membre du MEDEF, expliquait en ce sens pour les Echos que « les jeunes ont fait preuve de beaucoup de flexibilité et de pragmatisme. Ils ont su faire des arbitrages sans attendre des jours meilleurs ». Une déclaration qui résonne amèrement aux oreilles d’une jeunesse qui traverse une crise historique depuis plusieurs mois.

Ce sondage vient confirmer les préoccupations d’une jeunesse qui s’inquiète grandement pour son avenir. Et c’est un scénario dramatique qui est en train de s’imposer, alors qu’une vague de dépressions et de suicides s’est dessinée ces derniers mois. Selon une étude de Santé publique France : 29 % des 18-25 ans sont en état de dépression. Rien que la semaine dernières 6 personnes ont tenté de se suicider.

Des chiffres alarmants qui devraient suffire à faire réagir le gouvernement qui s’en tient pourtant à son plan « 1 jeune 1 solution ». Une simple mesure de façade qui comme le souligne Le Monde qui est loin de pallier à la situation : « Certaines offres sont aussi mal référencées : parfois, la nature du contrat ou le temps de travail ne sont pas indiqués. On dénombre 20 000 temps pleins et 7000 temps partiels, ce qui signifie que plus de la moitié des fiches de poste sont incomplètes ». Le créateur du site déclare même « L’idée est que le jeune accède à toutes les solutions disponibles, qu’il fasse quelque chose, même si ce n’est pas un job. Sauf que pour remplir leur frigo et éviter la précarité, c’est bien un emploi qu’ils cherchent. ».

Conscient du risque social que représente cette situation, le gouvernement a donc tenté à sa façon de faire du chômage une priorité, en présentant pour y répondre des mesures inconsistantes avec la subvention des entreprises qui embauchent des jeunes avec des contrats précaires ou en développant une pauvre plateforme « 1 jeune 1 solution ». A la précarité le gouvernement n’a répondu que par une allocation de 150 euros ( soit 12, 50 euros par mois sur un an) pour les boursiers.
Encore une fois c’est la jeunesse qui sert de valeur d’ajustement. Alors que la crise économique s’intensifie, les emplois jeunes sont les premiers à sauter. Pour les capitalistes, ces salariés souvent très faciles à mettre à la porte (il suffit de ne pas renouveler leurs contrats – quand ils en ont un) constituent une réelle variable d’ajustement dans les périodes de crise. En ce sens les chiffres actuels sont catastrophiques pour la jeunesse, près d’un jeune sur cinq a été mis au chômage, plus de 20% vivent sous le seuil de pauvreté et près de 74% déclarent avoir été en difficulté financière ces derniers mois. Dans le même temps, les perspectives d’avenir s’amenuisent quand l’insertion professionnelle au sortir des études est de plus en plus délicate.

C’est un problème profond dans la jeunesse que la crise est en train de soulever, un problème qui prend donc les contours d’un avenir sans travail, d’une précarité grandissante et de l’abandon méprisant. Face à cela la colère grandit chez les jeunes et les solutions apportées par l’exécutif ne suffiront pas à la calmer. Des mobilisations sont à venir dès demain devant le Crous de Port-Royal dans le 5ème arrondissement à Paris à 14H. Il est donc plus que jamais nécessaire de s’organiser pour faire croître les mobilisations et imposer au gouvernement la réouverture des universités et l’interdiction des licenciements.




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