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Politique

Covid-19

47 000 contaminations en 24 heures : le gouvernement nous mène droit dans le mur

Alors que la circulation du virus a connu une nette augmentation cette dernière semaine, les annonces de Gabriel Attal ce mercredi confirment le pari du gouvernement, qui continue de refuser toute mesure conséquente pour endiguer la cinquième vague. Face à sa politique criminelle, il est urgent de revendiquer le retour à la gratuité des tests, des masques, ainsi que des moyens dans la santé.

mercredi 1er décembre 2021

Ce mercredi, à l’issue du Conseil des ministres, Gabriel Attal a annoncé la prolongation de la suspension des vols depuis l’Afrique australe jusqu’à samedi, l’établissement d’une nouvelle liste de pays classés « écarlates », de nouvelles règles pour entrer sur le territoire français ainsi que l’ouverture de nouveaux créneaux pour recevoir la troisième dose. Ces annonces s’inscrivent dans la droite lignée du pari criminel du gouvernement sur nos vies, à savoir refuser de prendre toute mesure conséquente face à la cinquième vague.

« La situation sanitaire s’aggrave très nettement et très rapidement », a commencé par dire le porte-parole du gouvernement. Et pour cause : la circulation du virus ne fait que s’accélérer depuis une semaine. Ces dernières 24 heures le nombre de contaminations a bondi jusqu’à atteindre 47 177 nouveaux cas, contre 36 000 jeudi dernier. Le taux d’incidence est repassé au-dessus des 300 cas pour 100 000 habitants et les réanimations étaient au nombre de 400 ce mardi contre 300 mercredi dernier. Dans des régions comme l’Occitanie ou l’Alsace, l’épidémie connaît un rebond plus marqué encore. En Occitanie, les entrées en réanimation ont ainsi augmenté de 52% et dans le Haut-Rhin, le taux d’incidence est passé de 55 à 400 pour 100 000 habitants sur le seul mois de novembre.

Et si pour l’instant, la cinquième vague est loin d’être comparable à la première, la deuxième ou encore la troisième, cette nette accélération depuis une semaine se fait sentir dans les hôpitaux. Invité sur RTL ce mercredi, le chef du service des réanimations à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière témoignait ainsi : « on a une augmentation qui est inquiétante. On a déjà rempli des lits qui étaient dédiés Covid et on va devoir augmenter le nombre de lits dédiés à ces patients. » À cette inquiétude due au variant delta vient s’ajouter celle du variant Omicron. Si l’OMS pencherait désormais pour un scénario selon lequel ce dernier ne provoquerait pour l’heure que des formes « légères » du Covid, sa multiplication rapide ainsi que sa potentielle résistance au vaccin incitent les autorités sanitaires à le surveiller d’un œil soucieux.

Face à cette accélération de la situation, le gouvernement se garde bien de proposer des mesures conséquentes. Avec le spectre de l’élection présidentielle, il ne peut se permettre d’assombrir son bilan de la crise sanitaire et se doit en même temps de brosser le patronat dans le sens du poil ; en témoigne son refus d’instaurer de quelconques mesures restrictives sur l’économie ou de retourner au télétravail. En ce sens, le discours de Véran ce jeudi défendait une ligne claire : faire de la responsabilité individuelle le principal cheval de bataille en annonçant uniquement la réalisation obligatoire de la troisième dose pour conserver le pass sanitaire, et ce dans la continuité de sa gestion autoritaire et de la culpabilisation des non-vaccinés depuis des mois. Ce mercredi, les annonces d’Attal sont venues confirmer ce choix. Hormis les mesures restrictives concernant les voyageurs qui s’inscrivent dans la stratégie européenne de fermeture des frontières et ne font que révéler toutes les limites de la gestion de la crise sanitaire par les puissances impérialistes, le conseil des ministres n’aura que décidé l’ouverture de créneaux supplémentaires pour recevoir la troisième dose.

Par ces annonces, le gouvernement garde le silence sur la question du remboursement des tests, et ce malgré la pression politique d’une partie de la classe politique en faveur de la mise en place d’une telle mesure pour les non-vaccinés. Ce silence criminel ne peut qu’empêcher la mise en place d’une réelle stratégie pour briser les chaînes de contamination à travers le traçage du virus et de sa transmission. Du côté de l’hôpital, même son de cloche : le gouvernement continue de se refuser à injecter des moyens dans la santé, et ce peu importe la fatigue morale et physique qui explose chez le personnel soignant. Cette absence d’investissement ne peut qu’être fatale pour l’hôpital public. Denise, aide-soignante de 48 ans à l’hôpital Nord de Marseille, confiait ainsi au JDD : « Pour la première fois, je songe à changer de service, de métier », quand dans le même temps, le chef de pôle du même hôpital expliquait que « près d’un tiers de l’équipe, soit une trentaine de personnes, a l’intention de partir après la fin de la vague ».

Alors que la cinquième vague est indéniable, le gouvernement refuse de mettre en place des mesures conséquentes. Face à cette politique de l’autruche, il est urgent de revendiquer une stratégie sanitaire à la hauteur de la situation qui porte le retour de la gratuité des tests, celle des masques ainsi que des moyens dans les établissements de santé où l’augmentation des salaires ainsi que des embauches massives est plus urgente que jamais.




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