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Pour préparer la « journée noire » du 24 janvier

49ème jour : piquet de grève à Flandre contre l’homophobie et la répression syndicale

A l’initiative des grévistes de Flandre, des prises de parole devant le traditionnel brasero sur le piquet de grève du centre bus étaient organisées pour le 49ème jour de grève. A deux jours de la « journée noire » du 24 janvier et à l’occasion de la remise du chèque de la CGT infocom, les grévistes avaient notamment organisé ce piquet autour de la réponse à la répression syndicale qui touche trois grévistes de Vitry et à l’instrumentalisation de la lutte contre l’homophobie.

mercredi 22 janvier

Crédit photo : O Phil des Contrastes

Ces 50 jours de grève auront été marqués par les attaques du gouvernement et des directions de la RATP à l’encontre des grévistes de la RATP. Acteurs d’une grève majoritaire de plusieurs semaines, paralysant les transports en commun dans la capitale et organisant jour après jour des blocages et des piquets de grève sur plusieurs dépôts, les agents de la RATP sont la cible de la répression policière mais également syndicale et patronale.

Les grévistes de Flandre eux-mêmes victimes de la répression policière chaque matin sur les piquets et de la répression syndicale à l’encontre d’Ahmed, une des principales figures de la grève, ont souhaité organiser un piquet de grève contre la répression et notamment celle qui s’abat sur trois grévistes du dépôt de bus de Vitry. Ces derniers sont menacés de sanction par leur direction pour avoir repris « en chœur une chanson à caractère homophobe à chaque fois que passait un conducteur non gréviste » et « porter atteinte à la liberté de travail ».

Les grévistes de Flandre avaient donc invité sur leur piquet les grévistes d’autres dépôts, des personnalités politiques, les grévistes de Vitry et différents collectifs et militants contre l’homophobie et les oppressions de genre.

Au rendez-vous, étaient donc présents aux côtés des grévistes de Flandres et de Vitry, des grévistes de Belliard, Pavillon-sous-bois, Aubervilliers, ou encore Pleyel. Egalement plusieurs personnalités politiques ou syndicales ont répondu à l’appel comme Claude Lévy de la CGT HPE ou Madjid Messaoudene, élu municipal de Saint-Denis.

Plusieurs interventions ont donc porté sur la répression contre les trois grévistes de Vitry et la question de la lutte contre l’homophobie. Tarik militant au NPA avait préparé une belle intervention. Très applaudi, il est revenu sur les faits et l’usage par les grévistes de l’insulte « suceur de bite », sur l’usage des mots pétris de l’idéologie dominante et « parfois les mots disent ce qu’on ne veut pas dire ». A titre d’exemple, dans le langage courant et dominant, un mot revient souvent, c’est le mot « Pédé » et « on nous fait croire qu’être un Pédé, un suceur de bite c’est être faible, c’est être le larbin du patron ». En réalité, quoiqu’il en soit, « suceur de bite est une insulte qui attaque les collègues qui sucent des bites et qui sont sur les piquets avec vous. Ce sont des mots qui nous divisent alors il vaut mieux ne pas les utiliser. Et quand on veut dire larbin du patron, on peut dire larbin du patron ». Tarik a poursuivi en insistant sur le fait que les gays et les personnes LGBTI sont aussi dans la classe ouvrière, au chômage, précaires et luttent pour leurs droits au même titre que les autres.

Tarik, puis Patrick, le camarade gréviste d’Ivry menacé de sanction, ou encore Philomène du collectif Du Pain et des Roses, ont tous trois insisté sur l’hypocrisie de la direction qui prétexte l’homophobie pour licencier des grévistes, et des personnalités politiques, du gouvernement, qui sont les premiers vecteurs et responsables de l’homophobie. « Je le dis clairement la RATP n’en n’a rien foutre de lutter contre l’homophobie, elle veut faire des profits et que la grève s’arrête (…) L’homophobie est un prétexte. » a ainsi affirmé Tarik. Patrick, de son côté, a souligné l’instrumentalisation de l’affaire pour « attaquer des travailleurs en lutte » notamment par des personnalités politiques comme Valérie Pécresse qui elle même « promettait de démarier les homosexuels ».

Dans le même sens Philomène militante de Révolution Permanente et du collectif Du Pain et des Roses est revenue sur le sens de sa présence sur le piquet et de son investissement dans le mouvement depuis le début « On était là avec vous quand on a affronté la répression policière à vos côtés, on était devant les commissariats contre la répression policière et aujourd’hui c’est essentiel d’être là contre la répression patronale parce que c’est ce qui s’est passé à Vitry. Ils parlent de la chanson de Vegedream mais en réalité ce qu’ils vous reprochent c’est d’avoir entravé la « liberté de travailler », d’avoir fait grève. » Philomène a également dénoncé la direction de la RATP, les propos de Pécresse parce qu’aujourd’hui « ce sont deux camps qui s’affrontent » avec ceux d’en haut qui sont les premiers responsables de l’homophobie, de la reproduction d’une idéologie sexiste et homophobe, qui l’instrumentalisent pour servir leurs intérêts, et ceux d’en bas que l’homophobie divise et affaiblit dans la lutte de classe. Militante contre le capitalisme, le patriarcat, l’homophobie, Philomène a donc rappelé que dans la perspective d’un changement de société « quand on veut vraiment lutter contre l’homophobie c’est aux côtés des grévistes qu’il faut être ».

Caisse de grève de Flandre




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