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Politique

Des moyens pour réprimer

5 décembre : le coup de poker de deux syndicats de police

Un mois et demi après la « Marche de la colère », les syndicats de police menacent à nouveau le gouvernement. Si cette fois ils se saisissent du prétexte du 5 décembre, la logique reste la même : exiger plus de moyens pour continuer à assurer la répression contre ceux qui se mobilisent.

mercredi 20 novembre

Non, les syndicats de police ne rejoignent pas le mouvement

Alors que le 5 décembre s’annonce sous haute tension pour le gouvernement, les syndicats de police Alliance et UNSA Police ont menacé de mener des actions ce jour-là, dans la continuité de la « Marche de la colère », mobilisation des policiers du 2 octobre dernier. Dans son tract, intitulé « Dernière sommation avant black-out », le syndicat Alliance évoque notamment des actions de fermeture des commissariats et d’arrêts de l’activité entre 10h et 15h.

Des annonces qui n’ont pas de véritable rapport avec la mobilisation du 5 décembre. Si les policiers revendiquent le maintien de leur régime spécial de retraite, il s’agit avant tout pour les syndicats de d’augmenter la pression sur le gouvernement en se mobilisant sur une date qui s’annonce explosive de façon opportuniste, pour surfer sur la vague et ainsi imposer leurs propres revendications.

De fait, la colère des policiers n’en finit pas de faire la une des journaux. L’année dernière déjà, après un mois de mouvement des gilets jaunes, Castaner avait concédé une augmentation graduelle des salaires des policiers qui entre 120 et 150 euros nets par mois. Surtout, il y a un mois et demi, une « Marche de la colère » suscitait une mobilisation inédite autour des conditions de travail, du régime spécial de retraites de la police et conduisait l’intérieur à annoncer le paiement de 3,5 millions d’heures supplémentaires pour un coût total de près de 50 millions d’euros.

Finalement, dans le cadre du budget 2020, les moyens alloués à la police et à la gendarmerie vont augmenter de 525 millions d’euros. Une hausse qui s’inscrit dans la continuité des derniers budgets de la sécurité eux aussi en hausse, et que Castaner a justifié en expliquant que « La sécurité est la première priorité de ce gouvernement ». Des mesures qui ne suffisent cependant pas pour les syndicats Alliance et UNSA qui continuent de pointer la nécessité de moyens supplémentaires pour mieux réprimer ces mêmes mouvements sociaux auxquels ils prétendent s’associer.

La faiblesse du gouvernement contribue de fait à conférer un poids démesuré aux forces de répression, appelées à faire taire toute contestation. Une situation qui donne de la confiance aux policiers, qui n’ont par exemple pas hésité à se rassembler devant le siège de LFI pour intimider l’organisation de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui a dénoncé les violences policières contre les gilets jaunes.

Or, à partir du 5 décembre, les besoins pourraient être décuplés dans le cadre d’un grand mouvement d’ensemble et les policiers le savent. C’est dans ce contexte que doit être réinscrit l’appel des deux syndicats, qui ne saurait être confondu avec une velléité de se « joindre au mouvement social » comme l’ont affirmé certains médias reprenant une dépêche de l’AFP.

Crédit photo : © JACQUES DEMARTHON Source : AFP




Mots-clés

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