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Politique

En guerre contre les travailleurs

5 milliards de prêt pour Renault : le gouvernement approuve les 15 000 suppressions d’emplois !

C'est une information du journal Marianne. Ce 2 juin, l’État a jugé avoir les garanties nécessaires de la part de Renault pour octroyer au groupe un prêt à hauteur de 5 milliards d'euros ! Dans le même temps, les ouvriers de Renault Choisy-le-Roy sont en grève contre la fermeture de leur usine.

mardi 2 juin

Ce n’est pas à proprement parler une surprise. Le journal Marianne a dévoilé, ce mardi 2 juin, qu’un accord avait été trouvé entre le gouvernement et la direction de Renault concernant la garantie par l’État du prêt de 5 milliards d’euros contracté par le groupe. L’obtention de ce prêt était conditionnée à la non suppression d’emplois sur le site de Maubeuge. Interrogé par Le Point, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, s’est ainsi réjouit de la décision du gouvernement : « Le ministre (de l’Économie) a bien compris la détermination de tout le monde et clairement entendu le message : pas de fermeture de MCA et MCA ne devient pas une coquille vide » a t-il indiqué. Dans des propos relayé par l’Agence France Presse, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a également précisé avoir « demandé que s’ouvre immédiatement un dialogue social et technique, pour mettre au point un projet industriel d’avenir […] qui devra garantir à long terme, au-delà de 2023, l’emploi et le niveau d’activité industrielle sur le site de Maubeuge et son territoire ».

Pourtant, la manœuvre consistant à faire croire que le gouvernement a obtenu de grande concessions à la direction de Renault pour accorder cette garantie de prêt ne tient pas longtemps face à la réalité de l’attaque sociale en cours au sein du groupe. Non seulement, Renault à d’ores et déjà annoncé que 15 000 emplois dans le monde, dont 4600 en France, seraient supprimés dans le cadre du « plan de compétitivité » du groupe présenté le 29 mai dernier, mais cette annonce d’un accord entre le gouvernement et Renault intervient au même moment que l’entrée en grève des ouvriers du site de Choisy-le-Roy, en lutte contre la fermeture de l’usine. Entre les 8 milliards d’aides au secteur automobile, dont Renault bénéficiera, et cette garantie de prêt à hauteur de 5 milliards, c’est en toute connaissance de cause que le gouvernement offre un véritable cadeau à la direction de l’entreprise.

Toutefois, il y a un autre objectif, plus sournois, qui se cache derrière ces annonces grandiloquentes sur le maintien de l’activité à Maubeuge. Alors que ce samedi 30 mai, 8000 manifestants se sont rassemblés à Maubeuge contre la restructuration de l’activité, l’objectif est bien de faire rentrer dans le rang les travailleurs du site et d’éviter tout phénomène de coordination de la lutte entre les différents sites de Renault. Une entreprise de division qui ne doit pas duper les travailleurs de Maubeuge dans la nécessaire solidarité entre tous les salariés de Renault face à l’offensive de la direction. D’autant plus que, pour l’heure, nous n’en sommes qu’au stade des belles promesses, et que Bercy a indiqué vouloir faire place au fameux dialogue social, et que des discussions « débuteront la semaine prochaine entre les représentants des salariés et la direction de Renault, ainsi que les représentants du territoire », conditionnant le transfert d’activité à un très flou « projet d’avenir ».

Ainsi, Jérôme Delvaux, secrétaire du syndicat CGT-MCA, qui a bien malheureusement affiché sa satisfaction suite à l’accord, a indiqué que « dès la semaine prochaine, nous serons autour de la table pour commencer les négociations avec Renault pour l’avenir du site et un prochain point sera réalisé avec le ministre de l’Économie en septembre ». Autant dire que rien n’est figé concernant l’avenir des travailleurs.
Alors que le gouvernement marche main dans la main avec le patronat de Renault pour faire payer la crise aux travailleurs, il est indispensable que les syndicats proposent un plan de bataille à la hauteur des attaques. Il est donc urgent d’en finir avec le dialogue social, et d’aller dans le sens d’une coordination des ouvriers de Renault par le biais d’Assemblées Générales à la base, contre les licenciements et les fermetures d’usines. Une politique qui doit s’accompagner d’une riposte de masse, de toute la branche automobile et au-delà, et ce alors que l’offensive chez Renault n’est qu’un prélude aux attaques qui attendent l’ensemble de la classe ouvrière.




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