^

Jeunesse

Assemblée Générale

500 étudiants à Tolbiac : contre la précarité, le 5 décembre en ligne de mire

La première AG de l’année à Tolbiac a réuni hier 500 étudiants. De nombreuses interventions ont évoqué la précarité : l’insuffisance des bourses, les galères de CROUS, la fatigue des boulots étudiants. La participation au 5 décembre a été votée, ainsi que le soutien aux gilets jaunes.

mercredi 20 novembre

L’assemblée générale qui se tenait dans le fameux centre Pierre Mendès-France dit Tolbiac, connu pour sa combativité, prend place dans le cadre du mouvement qui démarre actuellement sur de nombreuses facs contre la précarité étudiante, en réponse à l’acte désespéré d’un étudiant lyonnais qui s’est immolé par le feu le 8 novembre dernier devant un CROUS.

L’AG, qui réunissait près de 500 étudiants, s’est ouverte sur une introduction rappelant le contexte de mobilisation contre la précarité ainsi que la lutte qui se prépare contre la réforme des retraites. Un communiqué de l’inter-syndicale étudiante a été lu, appelant à une journée de mobilisation le 26 novembre prochain.

Une étudiante est ensuite intervenue au nom du comité féministe On Arrête Toutes de Tolbiac, pour mettre en avant la façon spécifique dont la précarité touche les femmes. La précarité a ainsi constitué le fil conducteur de l’AG. Successivement, de nombreux étudiants les différentes formes de difficultés auxquelles ils devaient faire face : problèmes de bourses insuffisantes, difficultés avec le CROUS, impacts de la précarité sur la santé mentale, etc…

La difficulté à concilier travail et études est revenue dans différentes interventions. Mehdi [les prénoms ont été modifiés] qui s’est vu rétrogradé boursier échelon 3, raconte la contrainte que constitue l’impératif de travailler 22 heures par semaine pour financer ses études. Julien évoque l’exploitation qu’il subit en tant qu’étudiant à la merci des patrons friands de jobs étudiants précaires, tandis que Julie évoque l’injonction contradictoire : travailler pour pouvoir payer ses études, mais se voir bien souvent reproché ses absences par les professeurs. Elle raconte ainsi une remarque, entendue de la part d’un professeur qui faisait référence à son statut de boursière : « Vous êtes payée pour étudier ».

Josebine, militante au Poing Levé et au NPA, est intervenue en déclinant les axes de ce qui pourrait être un programme de lutte contre la précarité : abrogation des mesures de sélection, revenu étudiant financé par des impôts sur les grandes fortunes, réquisition des logements vides. Des mesures finalement votées par l’ensemble des étudiants.

Tout au long de l’AG une perspective est revenue : celle de se joindre au mouvement contre la réforme des retraites à partir du 5 décembre pour y lutter, aux côtés des travailleurs, contre l’attaque contre les retraites, mais aussi contre la précarité étudiante. Un lycéen présent a lu un texte en ce sens, appelant les lycéens à se mobiliser aux côtés des étudiants. Enfin, les gilets jaunes ont également été évoqués comme exemple de la lutte contre la précarité - et le soutien à leur lutte a été voté par l’AG.

Finalement un débat a éclaté lors des votes, en fin d’AG, sur l’opportunité de bloquer la fac dans les jours à venir ou d’attendre pour prendre le temps d’étendre la mobilisation et d’accumuler des forces. C’est cette dernière option qui l’a emporté. Une nouvelle assemblée générale aura ainsi lieu le 26 novembre pour la journée de mobilisation, mais toutes les forces devraient se concentrer sur la préparation du 5 décembre pour mobiliser le plus grand nombre d’étudiants possibles pour la bataille contre la précarité étudiante et la réforme des retraites.

Récapitulatif des votes :

1) Revendications

> Un revenu étudiant pour toutes et tous au niveau du SMIC
> Suppression des lois de sélection à l’université, et de la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers
> Réquisition des logements vides pour les étudiants
> Transports et accès au logement gratuits pour les étudiants
> Suppression de la réforme des retraites

2) Soutien

> Soutien aux gilets jaunes
> Soutien aux mères étudiantes

3) Organisation

> Assemblée générale le 26 novembre.




Mots-clés

Le Poing Levé   /    5 décembre   /    Mobilisation   /    Jeunesse   /    Université Paris 1   /    Précarité   /    Université   /    Jeunesse