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Notre classe

Anasse Kazib 2022

500 personnes au Panthéon pour Anasse Kazib : une démonstration face à l’extrême-droite

Plus de 500 personnes se sont réunies mercredi soir place du Panthéon à Paris pour assister à la conférence du cheminot, candidat aux présidentielles. Une démonstration face à l’extrême-droite qui multipliait depuis plusieurs jours les menaces pour empêcher la venue d’Anasse Kazib à la Sorbonne.

mardi 22 février

Mercredi soir, devant la Sorbonne, il y avait foule. Plus de 500 personnes se sont finalement retrouvées place du Panthéon pour refuser les pressions de l’extrême-droite sur la tenue d’une conférence d’Anasse Kazib. Une mobilisation importante qui a quelque peu bouleversé le programme initial : prévue initialement à l’intérieur de la Sorbonne dans une salle trop petite pour accueillir l’ensemble des soutiens venus exprimer leur solidarité la conférence s’est transformée en meeting improvisé et en plein air.

Affichages racistes et islamophobes sur Anasse Kazib, menaces et intimidations contre les militants du Poing Levé et leurs soutiens, vidéo d’Etienne Cormier, l’ancien porte-parole de GI, appelant à empêcher la conférence : depuis quelques jours l’extrême-droite parisienne avait marqué au fer rouge la venue du candidat à la présidentielle à la Sorbonne dans son calendrier réactionnaire.

Sur place, organisations et personnalités sont venus prendre la parole pour appeler à faire front contre l’extrême-droite pendant que l’évènement était sécurisé par un service d’ordre composé de militants et militantes de Révolution Permanente mais aussi des différentes organisations venues en solidarité parmi lesquelles la Jeune Garde, l’Action Antifasciste Paris-Banlieue ou Paris Queer Antifa. Un soutien spontané qui a tourné à la démonstration face à l’extrême-droite quand la dizaine de militants de l’UNI, qui avaient vraisemblablement prévu une action, échaudés par le nombre de participants se sont satisfaits à prendre quelques photos sous la protection de policiers.

Pour le Poing Levé, l’organisation de jeunesse de Révolution Permanente à l’initiative de la venue d’Anasse Kazib à la Sorbonne, Ariane Serge a ouvert le bal des prises de paroles. « Le fait qu’un ouvrier révolutionnaire racisé et révolutionnaire prenne la parole à la Sorbonne dans le quartier de la bourgeoisie parisienne, c’est envoyer un signal fort à l’extrême-droite ». Et de conclure en résumant l’état d’esprit général : « Ce soir, votre présence spontanée c’est une démonstration. C’est la démonstration que face à l’extrême-droite on fera front commun ».

Sous les fenêtres de la Sorbonne, Youcef Brakni et Assa Traoré lui emboîtent le pas. Au premier de dire la nécessité de porter un contre-projet politique contre cette extrême-droite aux accents suprématistes -« L’extrême-droite a peur que l’on s’organise, que l’on crée des mouvements de masse parce que ses intérêts sont du côté de la bourgeoisie. Face aux menaces il faut un soutien inconditionnel en direction d’Anasse Kazib »- avant de pointer la frilosité d’une partie de la gauche institutionnelle et révolutionnaire à faire gage de cette solidarité. A la seconde de rappeler « qu’on ne laissera aucune place à eux et leurs discours racistes. On va continuer à prendre la rue et se battre » sous des applaudissement nourris.

Suivront, une lettre d’Eric Coquerel , Bruno Gaccio, Aly Diouara, Saphia Aït Ouarabi, des cheminots et des conducteurs de bus. L’occasion pour Sasha Yaroplskaya, fondatrice de YX média et militante transféministe, de dénoncer l’invisibilisation de la campagne d’Anasse Kazib quand celle de Zemmour « qui défend un projet raciste et xénophobe est surmédiatisée » et de redire l’importance que la voix « anti-impérialiste, anti-raciste, féministe, anticapitaliste, et ouvrière » d’Anasse Kazib puisse s’exprimer dans ces présidentielles.

Le meeting peut alors commencer. « On va rentrer au pied de biche dans ces présidentielles, et ça leur fait peur. Parce que nous allons parler de racisme d’État, d’autodétermination des personnes LGBT, de violences faites aux femmes, de la Palestine, etc. […] On va envoyer un message clair, dire que la société tourne grâce à la classe ouvrière et que les patrons qui vivent de notre sueur et de notre précarité, il faut les exproprier, que c’est aux travailleurs de décider » lance le cheminot, avant d’égrainer pendant plus d’une heure son programme et le projet de sa candidature.

Devant un public largement étudiant, Anasse Kazib met l’accent sur la nécessité d’une alliance entre la jeunesse et la classe ouvrière, « un cocktail qui a toujours fait peur aux classes dominantes ». Et d’ajouter « à ce cocktail explosif on veut unir les quartiers populaires, les sans-papiers, les luttes LGBT et féministes. […] C’est ce que nous faisons dans ces présidentielles, je ne vais pas les gagner, mais nous allons construire un bloc révolutionnaire pour les années à venir ».

Alors que la présence du cheminot au premier tour des élections présidentielles est mise en danger par le barrage antidémocratique des 500 parrainages, dans un contexte de polarisation importante à droite et alors que les thèmes xénophobes de l’extrême droite ont pignon sur rue dans les médias, Anasse Kazib doit en être. La parole subversive d’un ouvrier, issu de l’immigration, dans ce concert bourgeois et réactionnaire que constituent les élections présidentielles a toute sa place. Le nombre de soutiens venus exprimer leur solidarité ainsi que le front commun exprimé ce mercredi contre l’extrême-droite en est une nouvelle démonstration.



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