^

Jeunesse

Du fric au lycée, pour pas finir policier !

5000 manifestants contre la réforme Blanquer et la répression des lycéens à Toulouse !

Après une semaine non-stop de manifestations à Toulouse, aujourd’hui ce sont plus de 5000 lycéens, profs et étudiants qui sont allés manifester contre l’élitisme du système éducatif et la répression subie par les lycéens dans tout le pays.

mardi 11 décembre 2018

Ce 11 novembre, les lycées (élèves et personnels), sont sortis dans la rue à l’appel notamment de l’UNL et de l’intersyndicale (CGT, SUD, FSU). A Toulouse, ce sont plus de 5000 personnes qui ont manifesté. De nombreux lycées étaient représentés, entre autres Déodat de Sévérac, St Sernin, Toulouse-Lautrec, le lycée professionnel du Mirail, Stéphane Hessel, Berthelot, etc. Les lycéens se sont mobilisés depuis le vendredi 30 novembre. La ville de Toulouse, et la Haute-Garonne de manière générale, a été une des pointes avancées de la contestation lycéenne avec pas moins de 40 lycées bloqués ou mobilisés dans ses environs. Ainsi, il ne s’est pas écoulé un jour la semaine dernière sans que les lycéens ne descendent dans la rue où leurs manifestations ont été violemment réprimées par la police.

Cette tendance nationale à un tournant répressif a été particulièrement visible face au mouvement lycéen. Les scènes choquantes de Mantes-la-Jolie, où 150 lycéens ont été traités comme des prisonniers de guerre après leur arrestation par la police, ont scandalisé à large échelle et ont fait le tour des réseaux sociaux. Aujourd’hui, les manifestants ont mimé à plusieurs reprises cette scène en s’agenouillant et en mettant leurs mains sur la tête, comme cela est fait dans de nombreux cortèges dans tout le pays.

Protestation à la fois contre la répression et contre la réforme Blanquer qui vise, après l’instauration de la sélection à la fac avec la loi ORE, à rendre le lycée plus élitiste, à faire du bac un diplôme local (dépendant donc de la « réputation » de chaque lycée) : bref une réforme qui ne favorise que les plus riches au détriment des plus pauvres. Les lycéens ne baissent pas non plus les bras contre ParcourSup, car après le lycée c’est la sélection à la fac qui les attend.

Tout ce sur quoi se mobilisent les étudiants actuellement (fin des compensations et des rattrapages, hausse des frais d’inscription, précarité étudiante) sont des revendications partagées par les lycéens. Si l’année dernière, les lycéens avaient commencé à se mettre en mouvement sur la fin de la mobilisation étudiante, cette année ce sont les lycéens qui se mobilisent massivement alors que débute un mouvement étudiant dans l’ensemble du pays. Sur Toulouse, les étudiants mobilisés du Mirail et de Sciences Po ont rejoint les lycées dans un cortège jeune qui ouvrait la manifestation.

Profs sans poste, élèves sans filière !

Les enseignants étaient également présents pour cette marche, l’intersyndicale appelant à une journée de grève ainsi qu’à des assemblées générales et une coordination des établissements. Les profs, que l’on n’a pas encore vu massivement dans la rue dans la nouvelle séquence de lutte ouverte par la loi travail. La répression des lycéens ainsi que l’augmentation de l’autoritarisme du lycée « made in Blanquer », qui flirte avec le « lycée-caserne », pourraient faire ressortir ce secteur du monde du travail qui a prouvé sa combativité à plusieurs reprises.

Aujourd’hui la date qui est dans les têtes est celle du 14 décembre, journée d’action appelée par la CGT mais dont tous les secteurs, et prioritairement ceux qui luttent déjà, devraient se saisir. Les jeunes qui scandaient aujourd’hui le traditionnel « Tous ensemble, tous ensemble : grève générale ! » seront bien sûr de la partie. Dans le contexte de la mobilisation des Gilets Jaunes, reste aujourd’hui à se mobiliser tous en même temps. Le succès de cette journée doit pousser à en finir avec les journées isolées pour démarrer un véritable « tous ensemble » et exprimer cette colère globale contre le gouvernement qui unit aujourd’hui tous les combats.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Parcoursup   /    Jean-Michel Blanquer   /    Toulouse   /    Violences policières   /    Lycées   /    Répression   /    Jeunesse