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Politique

5000 personnes à Toulouse : de l’argent pour les hôpitaux, pas pour les patrons de l’aéro !

5000 personnes ont manifesté ce samedi au départ de la place saint Cyprien à Toulouse pour dénoncer la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement. Ont répondu à l'appel les travailleurs de la santé, de l'éducation, plusieurs étudiants mais aussi des travailleurs de l'aéronautique.

dimanche 8 novembre

Après une semaine du nouveau confinement, plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives, à l’initiative des syndicats CGT et SUD des hôpitaux de Toulouse, ont appelé à se réunir et manifester ce samedi 7 novembre à Toulouse pour dénoncer le manque cruel de moyens dans les services publics, mais aussi le tournant autoritaire du gouvernement. La manifestation a rassemblé au plus haut 5000 personnes, avec plusieurs prises de paroles des représentants syndicaux de la santé et de l’éducation. Les collectifs, associations, partis et syndicats toulousains ont répondu à l’appel comme le DAL, Toutes en Grève (collectif féministe), des militants politiques du NPA, de LO ou de la FI, mais aussi plusieurs gilets jaunes venus faire entendre leur colère.

Cette manifestation s’est passée sous le signe de la lutte contre la crise qui touche l’hôpital public et l’éducation nationale, à qui le gouvernement exige d’être en première ligne de la crise Covid mais avec moins de moyens et plus de précarité.

« Il faut plus de moyens dans la santé publique mais aussi dans l’éducation nationale ! »

C’est ce qu’explique Sandra, manipulatrice radio au service d’urgence de Rangueil et syndiquée à la CGT CHU, au micro de Révolution Permanente : « Nos conditions de travail sont catastrophiques ! Moi dans mon service ça fait deux ans qu’on travaille en sous-effectif entre les remplacements, les mutations, on ne trouve pas de manipulateur en ce moment car elles ne veulent pas venir à l’hôpital, vu qu’on est pas bien payé et les conditions de travail se dégradent ».

Des classes à 35, des masques absents : l’éducation, un service public en surchauffe

Plusieurs degrés de l’enseignement et catégories de personnel étaient présents aujourd’hui, dont des AESH (Accompagnant Élève en Situation de Handicap) qui sont eux aussi touchés par la crise. C’est le cas de Murielle, AESH à Castelginest, qui est venue aujourd’hui pour dénoncer les conditions de travail dont sa profession fait les frais. « Pour les AESH, on a attendu trois semaines à un mois pour avoir un masque parce qu’ils ne savaient pas le nombre d’AESH présents dans les écoles donc il a fallu que l’on prenne nos masques pour pouvoir travailler ». Une certaine idée de l’inconséquence du Ministère de l’Éducation Nationale et du rectorat...

Du côté des élèves, nous avons pu interviewer deux étudiants en classes préparatoires dans un lycée toulousain, qui sont venus manifester pour dénoncer le manque de moyens à l’hôpital et dans l’éducation nationale, mais aussi la répression des lycéens qui ont bloqué leur établissement cette semaine. « Ce deuxième confinement n’a de confinement que le nom. Il accroît les inégalités entre les classes pauvres, populaires, et les classes riches. Au lycée, on le ressent également. On fait une sélection entre des étudiants à l’université et des étudiants en prépa qui représenterait l’élite de la nation » nous raconte l’un d’entre eux.

Le collectif des salariés de l’Aéro aux côtés des soignants et des professeurs.

Le collectif des salariés de l’aéronautique, qui réunit plusieurs entreprises aéronautiques, de différents syndicats ou non syndiqués, a appelé à rejoindre la manifestation pour montrer leur soutien contre la destruction de l’hôpital public qui est d’autant plus criminel que nous sommes en période de pandémie et de surcharge dans les services hospitaliers. Ils se sont regroupés derrière une banderole « De l’Aéro aux Hôpitaux : ensemble contre le Macronavirus ».

Arnaud, membre du collectif et ouvrier chez AAA, nous explique la raison de leur présence aujourd’hui : « On ne veut pas se limiter à un collectif de l’aéro, l’idée c’est d’agréger toutes les luttes, que ce soit les lycéens, les soignants, la restauration... C’est pas à nous de payer cette crise ! »

Cette manifestation est un premier pas vers une lutte d’ensemble contre la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement qui a une responsabilité dans l’augmentation du nombre de cas ainsi que dans la saturation des lits en réanimation. Les directions syndicales, au lieu de boycotter ce genre d’initiatives, devraient quitter le « dialogue social » avec le gouvernement et défendre un plan de bataille conséquent qui, on le voit, aurait toutes les chances d’être suivi.
Et comme on l’a entendu plusieurs fois dans cette manifestation, "vous ne confinerez pas nos libertés !" 




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