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52.000 bacheliers sans place dans le supérieur : Vidal promet seulement 10.000 places supplémentaires

52 000 bacheliers se retrouvent sans proposition sur Parcoursup, soit 20 000 de plus que l'an dernier. Vidal répond faiblement en proposant 10 000 nouvelles places juste pour la première année. Le gouvernement a beau craindre la colère de la jeunesse, il n'a que des miettes à lui donner...

mercredi 22 juillet

Crédits : AFP - ERIC FEFERBERG

Le vendredi 17 juillet la plateforme de Parcoursup a fermé, marquant la fin de la phase principale d’admission. Et le bilan est très dur pour les lycéens : ils sont 52 000 à rester sans proposition et nombreux à avoir fait un choix par défaut, pour ne pas se retrouver totalement démuni. Après plusieurs semaines d’attente angoissante, de listes d’attentes et d’espoirs d’un « oui », les vœux non satisfaits ont été archivés, laissant des dizaines de milliers de bacheliers dans l’inquiétude face à une plateforme sélective, au fonctionnement obscur. Dans la phase du 18 juillet au 16 août il est possible encore d’avoir une place dans l’enseignement supérieur.. mais de manière exceptionnelle. Des exceptions qui ne suffiront pas à offrir une place à tous les refusés, qui représentent pas moins de 8 % des candidats..

Face à cette situation, le discours du gouvernement comme celui des médias est de pointer le coronavirus comme responsable numéro 1 de la situation. France Info soutient ainsi : « Un afflux exceptionnel qui s’explique par le taux record de réussite au bac : quasiment 96% des candidats ont obtenu ce sésame vers le supérieur. En raison de la crise sanitaire, ils ont obtenu leur diplôme sur la base du contrôle continu et non d’un examen final ». S’il est certain que la demande a augmenté cette année, ce n’est pas l’élément décisif : en effet mi-juillet 2019 c’était déjà 32 000 bacheliers qui se retrouvaient sur le carreau. Et pour cause ce que révèle ces dizaines de milliers de refusés, que ce soit l’an dernier ou cette année, c’est que Parcoursup est là pour jouer le rôle d’écrémage social. Le tri se fait sur la base du lycée d’origine, des activités extra-scolaires pratiquées, des voyages à l’étranger effectués ou encore de lettres de motivations passées au crible.

Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a annoncé dans une interview donnée au Parisien : « Pour les aider [les bacheliers], nous avons décidé de financer 10 000 places supplémentaires pour la rentrée, en adéquation avec les demandes de ces étudiants, beaucoup dans des formations courtes, les filières sanitaire et sociale ou paramédicale.  » Un chiffre qui paraît bien ridicule au regard des 52 000 personnes restées sans proposition, et qui sert à donner l’impression que le gouvernement se préoccupe de la situation alors que des places ouvertes pour une rentrée seulement, sont la promesse d’une sélection plus dure pour passer aux années supérieures. En effet ouvrir des places en L1 ne suffit pas quand la sélection en master est instaurée depuis 3 ans. Un effet d’annonce en somme, qui repousse de quelques mois une sélection que le gouvernement a bien l’intention de renforcer.

10 000 places qui ne répondent pas aux exigences des étudiants et des profs mobilisés ces dernières années d’abord contre le système très sélectif de Parcoursup et contre la loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants ..), puis contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers et cette année contre la LPPR. Pour répondre aux problématiques qui traversent l’université : à savoir un manque cruel de moyen du à des années de politiques austéritaires, de coupes budgétaires et de fermeture de filières et de places, il faut exiger la fin immédiate de la sélection à l’entrée de l’université comme en son sein. Et pour cela à contre pieds total de la tendance à supprimer des milliards d’euros à la recherche, comme ça a encore été le cas pendant le coronavirus avec une baisse de moitié du projet d’investissement dans la recherche, il faut exiger un plan d’investissement massif dans l’université pour que tous les besoins soient recouverts, pour que pas un étudiant ne reste sans place dans le supérieur.

L’annonce de Vidal arrive alors que le gouvernement est très inquiet de la colère qui pourrait éclater dans la jeunesse, qui commence d’ors et déjà à souffrir des conséquences de la crise économique. Le 14 juillet déjà Macron avait annoncé «  notre jeunesse doit être la priorité  », ce mercredi à Chambord, il a déclaré que « Notre jeunesse a subi beaucoup de cette crise pour ceux qui avaient des examens, des concours à passer et pour ceux qui allaient rentrer dans l’emploi » assurant également que «  l’été serait une période difficile ». En conséquence de quoi il a dit vouloir « accroître de 100.00 le nombre de services civiques ».

La réponse du gouvernement pour tous les jeunes qui se sont vus refuser par la sélection de Parcoursup ou qui se trouvent maintenant dans une situation de chômage ? Un service civique, soit un contrat sous-payé où les missions sont indemnisées à 580 euros par mois pour un service qui peut monter jusqu’à 32 heures par semaines. Le gouvernement tente de prévenir une colère qui pourrait prendre dans la jeunesse, en donnant des miettes insultantes allant de quelques dérisoires places en plus à l’entrée de la L1, à la multiplication des contrats sous-payés.




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