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Bureaucratie syndicale

Soutien à la CGT PSA Poissy : 550 personnes rassemblées contre la menace d’exclusion !

Ce jeudi 20 octobre, un rassemblement était appelé devant le tribunal de Bobigny pour soutenir le syndicat CGT PSA Poissy, menacé d’exclusion par la fédération de la métallurgie, qui veut faire le ménage dans ses rangs.

vendredi 21 octobre

Alors que le fédération de la métallurgie de la CGT (FTM-CGT) voudrait exclure le syndicat historique de la CGT PSA Poissy, un rassemblement était organisé ce jeudi devant le tribunal de Bobigny. Force est de constater que celui-ci a rassemblé très largement : 550 personnes étaient présentes « selon les renseignements généraux », d’après Jean-Pierre Mercier, un des militants historiques du syndicat. Farid Borsali, secrétaire du syndicat, ouvre les prises de paroles en expliquant simplement que « le mois prochain cela fera deux ans que la fédération de la métallurgie de la CGT s’acharne contre nous. On est convoqués pour nous exclure définitivement de la CGT : c’est ça qui est à l’ordre du jour ».

En effet, depuis de nombreux mois, la fédération de la métallurgie a monté de toute pièce un nouveau syndicat s’opposant à l’ancien, puis a « désaffilié » celui-ci, proclamant le nouveau syndicat, la CGT Stellantis Poissy, seul et unique représentant de la CGT dans l’usine des Yvelines. Nous avions retracé en détail ici toutes les manœuvres de la fédération.

Ce jeudi, 16 délégués syndicaux étaient donc convoqués devant la justice, assignés par la FTM-CGT. Le but de la fédération des métaux ? Empêcher tous les membres du syndicat de se revendiquer de la CGT, que ce soit dans les prises de parole, sur des tracts ou des affiches, dans des interventions, sous peine de 1000€ par infraction, si le juge accédait à la demande de la fédération. La délibéré sera donné le 8 décembre.

Pour Jean-Pierre Mercier, il s’agit avant tout d’une attaque bureaucratique contre un syndicat combatif : « Ils veulent reprendre la main parce que nous sommes des syndicats un peu trop indépendants, pas assez obéissants sous les ordres et les oukhazes de Montreuil […] On fonctionne sur deux piliers essentiels qu’on ne laissera jamais tomber : nous sommes des syndicats de combat, c’est que l’ennemi, c’est le patronat et personne d’autre. Et nous fonctionnons sous la démocratie syndicale : c’est la base qui décide. Ce sont ces deux choses qui les embêtent ». Une exclusion qui s’appuie sur une cabale en interne et un nouveau délégué syndical central, véritable pantin de la bureaucratie de Montreuil.

De très nombreux syndicalistes étaient présents : tout d’abord, des représentants de toutes les usines PSA, y compris celle de Tremery dont est issu le nouveau DSC censé remplacer Jean-Pierre Mercier, mais aussi de nombreuses autres usines automobiles : Renault Flins, Renault Cléon, Renault Lardy, Toyota Valenciennes. Des cheminots, chauffeurs de bus RATP et Keolis, postiers, et bien d’autres étaient aussi présents.

Derrière la CGT PSA, c’est en réalité tout le mouvement ouvrier qui est attaqué, comme l’explique Jean-Pierre Mercier : « Ils veulent reprendre la main sur les syndicats, et ce n’est qu’une affaire de PSA Poissy contre ces bureaucrates de la fédération, c’est l’affaire de tous les syndicats de base contre les bureaucrates de Montreuil ». Car cette attaque a bien un objectif politique : remettre dans le giron de la fédération des métaux la CGT du groupe PSA, l’une des plus grosses entreprises du CAC40, et d’en faire un modèle de « dialogue social ».

C’est ce sur quoi a appuyé Anasse Kazib, porte parole de Révolution Permanente, lors de son intervention : « Ce qui est en train de se passer chez eux, ce n’est pas juste une question de bureaucrates qui veulent reprendre des mandats ou autre, c’est de mettre en place un syndicat d’accompagnement du patron, un syndicat fantoche pour les prochaines négociations. S’ils veulent essayer de les déloger, c’est pour trahir le mouvement ouvrier demain, c’est pas pour essayer de mettre plus de combat ou de détermination ».

Alors que le groupe PSA a connu une vague de débrayages sans précédents depuis 1989, la politique de la fédération montre son vrai visage : celle de désorganiser un syndicat pendant une période de retour de la lutte des classes. Une menace d’exclusion qui met à nue les méthodes bureaucratiques de la fédération, et dont la direction de PSA doit se féliciter à l’heure où il s’agit, plus que jamais, d’organiser les luttes, pour des augmentations de salaires et contre la future réforme des retraites.



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