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Politique

Police partout, justice nulle part

La répression en marche : le gouvernement commande 90 nouveaux blindés pour 56 millions d’euros

Le ministère de l’Intérieur a annoncé la commande de véhicules blindés pour un montant s’élevant à 56 millions d’euros. Un investissement massif, qui marque le souci du gouvernement de préparer les mouvements sociaux à venir, en renouvelant son arsenal répressif.

mardi 2 novembre

Un nouveau véhicule blindé acheté par la gendarmerie nationale à Soframe

Dans un communiqué de presse, le ministère de l’Intérieur a confirmé l’achat de 90 Véhicules blindés à roues de la gendarmerie ( VBRG ) auprès de l’entreprise Soframe, pour une commande s’élevant à 56 millions d’euros.

Une somme exorbitante, qui fait suite à un appel d’offres lancé à l’hiver dernier. En pleine pandémie, le gouvernement se préparait déjà à réprimer les mouvements sociaux, tandis qu’il laissait les hôpitaux sans moyens, comme nous l’écrivions à l’époque.

Cette commande s’inscrit en effet dans une perspective de plus long terme, et obéit notamment au Nouveau Schéma du maintien de l’ordre, voulu par Darmanin et Castaner avant lui. Derrière cette mesure, se cache en réalité un investissement massif dans la répression et les violences contre les manifestant.e.s des mouvements sociaux à venir, qui passe par un recours accru aux armes de guerre. En effet, l’achat massif de véhicules blindés est un véritable symbole de répression, dans un contexte de criminalisation des manifestations et des militant.e.s.

Un pas de plus dans l’armement du maintien de l’ordre : le gouvernement se prépare à de nouveaux affrontements

D’une certaine manière, l’achat de ces nouveaux blindés symbolise la nouvelle manière de criminaliser les manifestants.

Comme l’explique le média Nantes Révoltée , le modèle de véhicule blindé que l’Etat utilisait auparavant a « été acheté après mai 68, dans les années 70. Déployés dans les territoires d’Outre Mer sur les populations colonisées, ils n’ont quasiment jamais été utilisés en Métropole, sauf à de très rares occasions. Ils ont refait leur apparition tout récemment sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou contre les Gilets Jaunes »

L’utilisation récente de ces engins de guerre est dès lors un signe du tournant autoritaire opéré ces dernières années, notamment dans le sillage de la répression du mouvement des Gilets Jaunes. Par cet achat de 90 véhicules blindés neuf, le gouvernement cherche à adapter son matériel aux nouvelles pratiques qu’il met en vigueur, impliquant plus d’actions au contact direct des manifestants. Cette acquisition s’inscrit en effet dans la continuité des commandes de munitions, armes, ou véhicules au cours des derniers mois, mais aussi d’une série de dispositions législatives afin de préparer la répression sur le terrain judiciaire, à travers la loi sécurité globale notamment.

En outre, si le gouvernement a pu débourser 56 millions d’euros pour des blindés, c’est aussi un signe qu’il sait que la vague de luttes sociales, dont le mouvement des Gilets Jaunes a été l’expression la plus marquée, n’est pas terminée, et qu’il se prépare à de nouveaux affrontements.




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