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Politique

« Et on ira jusqu’au retrait »

61 % de l’opinion publique pour le retrait total de la réforme des retraites !

La stratégie de la négociation ne convainc pas.

jeudi 23 janvier

Crédit photo : O Phil des Contrastes.

Au cinquantième jour de grève, le soutien de l’opinion publique ne faiblit pas, au contraire, puisque 61 % des sondés se déclarent désormais pour le retrait total de la réforme des retraites. Fragilisant le faux compromis autour de l’âge pivot, c’est toute la stratégie du « dialogue social » qui est mise à mal. La pression est mise sur le gouvernement, à la veille de la journée de présentation du projet de réforme au Conseil des ministres.

La veille de la présentation du projet de réforme des retraites au conseil des ministres et de la grande journée de mobilisation du 24 janvier, l’opinion publique est claire : dans un nouveau sondage Elabe pour BFMTV, 61 % des sondés se prononcent pour le retrait total de la réforme des retraites. Parallèlement à la grève, le soutien de l’opinion publique se durcit lui aussi.

Alors que les sondages cristallisaient jusque-là le rejet de la réforme sur la question de l’âge pivot (très massivement rejeté), son retrait temporaire annoncé par Edouard Philippe et Laurent Berger n’a convaincu personne. Au contraire, l’opinion publique se prononce sans appel pour le retrait total de la réforme, renvoyant dans les cordes la stratégie de la négociation et du dialogue social mise en scène par le couple Macron-Berger.

Si le gouvernement espérait sonner la fin du conflit, depuis le début du mouvement, qui fête aujourd’hui son 51e jour de grève, les grévistes n’ont qu’un seul mot d’ordre et un seul objectif : le retrait total de la réforme. Marquée par des actions coup de poing, comme celle menée par la coordination RATP-SNCF au siège de la CFDT, cette semaine de lutte a démontré que le conflit était loin d’être refermé.

Alors qu’une grande journée de mobilisation se profile, le rejet de la réforme par l’opinion publique met une pression supplémentaire sur le gouvernement. D’autant plus que l’hostilité à la réforme s’accompagne d’une profonde hostilité envers Macron. Palpable dans les manifestations où le « Macron démission » est un slogan récurrent, le discrédit du président a acquis un surcroît de visibilité à l’occasion des différents rassemblements qui hantent chacun de ses déplacement, comme au théâtre des Bouffes du Nord, à Versailles ou lors de sa visite de l’usine AstraZeneca à Dunkerque. « La posture d’Emmanuel Macron et de l’exécutif recrée une dégradation de l’image » du président, confirme Bernard Sananes, président de l’institut de sondage Elabe. 62 % des sondés se déclarent en effet « déçus » (selon les termes du sondage) de son action, avoisinant les records d’impopularité qu’il a pu connaître au plus fort du mouvement des Gilets Jaune.

Pour faire plier le gouvernement, au-delà de cette défaite concernant la bataille de l’opinion, la mobilisation d’aujourd’hui et des jours à venir doit être massive, et prendre les traits d’une grève politique telle qu’elle émerge de plus en plus, par un sursaut de radicalité et l’entrée de nouveaux secteurs dans la bataille.