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Politique

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70% des sondés pensent que le Grand Débat ne résoudra pas la crise

Alors que le Grand débat national s'achève ce vendredi 15 mars, une grande majorité de la population n'est pas dupe de cette opération de communication lancée pour redorer l'image d'un Emmanuel Macron mis en position de faiblesse par la mobilisation des Gilets jaunes. Ainsi 70% des sondés pensent que le Grand Débat ne résoudra pas la crise, et 63% que le gouvernement ne tiendra pas compte des revendications qui ont été exprimées.

Crédit photo : DR

C’est en pleine mobilisation des Gilets jaunes que le gouvernement lançait le Grand Débat national, en le présentant comme un moyen de répondre aux aspirations démocratiques exprimées dans les manifestations et sur les ronds-points. Déjà en 2017, l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République remettait en cause les illusions entretenues par le système politique français quant à sa capacité à garantir les principes démocratiques dont il se vantait jusque là. Cette campagne présidentielle avait en effet été marquée par un scandale de corruption incriminant le candidat de la droite François Fillon, l’effondrement de la gauche traditionnelle avec un Parti Socialiste complètement décrédibilisé après cinq années au pouvoir passées à appliquer les plans d’austérité et autres mesures anti-sociales, et une élection au second tour « par défaut » contre Marine Le Pen.

Depuis se sont ajoutés les multiples passages en force de l’exécutif, sans concertation et sans prise en compte de la rue et des revendications qu’elle exprimait. Les ordonnances Travail XXL, Parcoursup et la sélection à l’université, le pacte ferroviaire à la SNCF, etc. jusqu’à la suppression de l’ISF et l’augmentation de la taxe sur les carburants, une goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les couches populaires qui souffraient déjà de la baisse significative de leur pouvoir d’achat, et de l’impression d’être méprisées par un pouvoir se croyant élevé au-dessus des cieux. Les Gilets Jaunes l’en ont fait redescendre. La mobilisation la plus radicale et la plus massive de ces dernières années menaçait de s’étendre à tous les secteurs exploités et opprimés de la société, dans lesquels elle rencontrait une immense sympathie. Il fallait donc trouver quelque chose pour restaurer un semblant d’illusions démocratiques, faire croire au débat et à l’écoute réciproque garantis par le cadre républicain.

Le Grand Débat National était donc annoncé en grande pompe. Enfin, à partir du 15 janvier « les français seront entendus »... En plus des grossières tentatives pour encadrer le débat, empêcher et aseptiser toute expression populaire, les épisodes frôlant le risible s’ils ne constituaient pas d’énièmes provocations se sont alors succédés. A l’image de Marlène Schiappa maîtresse d’école face aux français sur le plateau de Cyril Hanouna. Une provocation, car si la Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes prenait soin de noter au tableau ce soir là les revendications exprimées par la France qui galère, à l’image du rétablissement de l’ISF et de l’augmentation des pensions de retraite et des salaires, il est évident que Macron et son gouvernement des riches n’en ont cure. Alors que celles-ci ont été exprimées par la majorité des français durant cette séquence de Grand débat, et devraient donc en toute logique ne serait-ce que faire l’objet d’un débat législatif pour les mettre en application, en vertu d’un principe démocratique élémentaire et conformément à la volonté de la majorité, un ministre du gouvernement déclarait dernièrement avec une arrogance certaine que « si les français pensent qu’on va appliquer à l’aveugle le top dix de leurs revendications, ils vont tomber de haut ».

Par conséquent, ce qui devient de plus en plus clair aujourd’hui pour la majorité des travailleurs, des chômeurs, des étudiants, des précaires, des femmes, c’est que ce Grand débat n’a été rien d’autre qu’une grande farce nationale, et que pour faire valoir leurs revendications, cela ne passera donc par rien d’autre que la mobilisation dans les rues, les ronds-points, et surtout dans les entreprises, afin de construire le rapport de force nécessaire à un changement radical de société.




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