^

Jeunesse

Sois jeune et tais-toi !

700 lycéens interpellés ce jeudi : la répression sans limites

Un record d'interpellations a été atteint lors des manifestations de lycéens qui ont parcouru la France jeudi dernier. On compte 700 interpellations dont 153 à Mantes-la-Jolie où les images de lycéens genoux au sol et mains derrière la tête nous rappellent amèrement des heures sombres de notre histoire.

vendredi 7 décembre 2018

Photo : Sebastien Ortola - Réa

Les lycéens ont passé la semaine dans des nuages de gaz lacrymogène et sous les tirs de flashball. Depuis le début de la mobilisation des lycéens qui ont rejoint le magma des révoltes vendredi dernier, les violences policières ne cessent de croître. De Paris à Toulouse en passant par Rouen, le mouvement lycéen a partout en France essuyé les charges des CRS et de la BAC. Les deux corps armés n’ont pas hésité à utiliser un arsenal de répression impressionnant comptant grenades de désencerclement, GLI-F4, lacrymos et matraques.

Que ce soit Mehdi, le jeune homme de 21 ans qui s’est fait lynché et défiguré par une dizaine de policiers, ou encore l’octogénaire qui est morte après avoir reçu une grenade lacrymogène, ce ne sont pas les exemples qui manquent pour parler des exactions dont la police s’est rendue coupable ces derniers jours.

Un des cas les plus frappants, significatif du changement de cap du régime dans une phase de plus en plus répressive, c’est celui du traitement des lycéens de Mantes-la-Jolie. En effet, une vidéo montrant l’interpellation de centaines de lycéens a été diffusée jeudi soir sur les réseaux sociaux. On pouvait y voir des rangées de lycéens, à genoux, mains levées derrière la tête, pour certains alignés le long d’un mur, pour d’autre tête baissée faisant face au sol, encadrés par des dizaines de CRS en armure.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Dès la publication de la vidéo, des centaines de milliers de vues se sont accumulées et les internautes se sont indignés d’un tel traitement. Plus d’informations ont circulé le lendemain où on pouvait notamment apprendre que si l’interpellation des lycéens à commencer juste après midi, celle-ci n’a été levée que sur les coups de 16h. Au-delà, de l’humiliation qu’ont fait subir les flics à des jeunes de quinze ans, la séquence relève aussi d’une certaine forme de torture où les lycéens sont restés les mains liées et les genoux au sol pendant près de 3h !

Si au début de la semaine, les lycéens se sont mobilisés principalement contre la réforme du bac, contre la loi ORE (loi qui instaure la sélection à l’université) et en soutien aux gilets jaunes, une nouvelle dynamique s’est enclenchée. La répression a fait massivement prendre conscience à des milliers de jeunes lycéens le véritable rôle de la police, c’est-à-dire surveiller et punir toute contravention à l’idéal macronien.

Il s’agit en effet d’un record d’arrestations, cependant l’acte IV des gilets Jaunes promet déjà de poser les jalons d’un nouveau renversement de la situation avec davantage d’interpellations, de lynchages et mutilations. Et pour preuve, la préfecture de Toulouse a prévenu le C.H.U d’organiser des heures supplémentaires afin de préparer un accueil important de victime dans les services de « soins critiques, d’urgences, et de réanimations ». Une chose est sûre, le gouvernement s’est préparé à réagir à la nouvelle phase des révoltes.

Alors qu’il redoute plus que tout la rentrée massive des lycéens ainsi que d’autres secteurs dans la bataille, le gouvernement tente par diverses méthodes de tuer dans l’œuf toute perspective qui amènerait à la construction d’un mouvement d’une ampleur trop rarement connu en France. Et c’est justement vers ça que nous devons avancer.

Malgré le maigre recul qu’a opéré Macron en milieu de semaine, les gilets jaunes et les lycéens n’ont pas fini de se mobiliser. L’intervention des flics n’a fait que jeter de l’huile sur un feu qui pourrait bien se transformer en réel incendie pour le macronisme.




Mots-clés

Jeunesse   /    Violences policières   /    Lycées   /    Répression   /    Jeunesse