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Politique

Et pour les masques ?

75 millions d’euros alloués pour le renouvellement des véhicules de la police et de la gendarmerie

Alors que les masques permettant de se protéger du Coronavirus ne sont toujours pas gratuits malgré leur port désormais obligatoire, un budget de 75,3 millions d'euros va être alloué à la police.

vendredi 24 juillet

Source photo : AFP

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2020, un amendement du gouvernement a été adopté par le Sénat. Celui-ci consacre 75,3 millions d’euros supplémentaires, dès cette année, pour renouveler les véhicules motorisés de la police et de la gendarmerie ainsi que pour les munir de vélos supplémentaires.

Le ministère de l’intérieur s’est félicité dans un communiqué de l’adoption de cet amendement, déclarant vouloir de « meilleures conditions au profit d’un meilleur service public ». Cet amendement rappelle la mesure ridicule proposé par EELV dans son programme aux municipales de Lyon : dorénavant les policiers se déplaceront en vélo. C’est la même façade verte dont le gouvernement cherche à couvrir ses politiques répressives, expliquant qu’il s’agirait de doter la police de véhicules plus vert et produits par des entreprises françaises, comme Renault.

Mais en réalité, le fait que la police roule avec des véhicules verts n’aura aucune incidence sur son rôle : réprimer la population et maintenir l’ordre. Les policiers qu’ils soient en vélo, en voiture plus ou moins polluante continueront d’opprimer et de tuer la population. Surtout, il s’agit encore une fois de se servir de l’écologie, aspiration réelle d’une partie de la population pour appliquer des mesures qui serviront en définitive à renforcer la répression.

Dans la droite lignée des dernières sorties du gouvernement sur « l’insécurité » et le « séparatisme », cette mesure comprise dans le budget de gestion de la crise, vise à servir sa politique sécuritaire. Un moyen de faire oublier sa gestion de crise et les mesures anti-sociales, derrière le volet du maintien de l’ordre et dans une situation de polarisation importante, entre le mouvement anti-raciste et l’offensive raciste de la droite dure. Le gouvernement veut apparaître comme unificateur, tout en servant ses objectifs : gérer la crise par l’individualisation de la gestion du risque et la répression.

Par ailleurs, ces 75,3 millions d’euros consacrés à la police, tombent au même moment que le définitif refus de Macron concernant la gratuité des masques pour toutes et tous : « l’Etat n’a pas vocation à payer des masques ». Les masques sont désormais obligatoires dans tous les lieux clos, leur absence de port est punie d’une amende pouvant atteindre 1500 euros en cas de récidive sous 15 jours. La condamnation peut même aller jusqu’à 6 mois de prison ferme si trois récidives ont lieu en 1 mois. Ces sanctions ont lieu alors même que cette absence de port peut être liée aux prix élevés de ces masques rendant leur achat pour beaucoup impossible. Il y a donc un énorme décalage de priorités entre débloquer de l’argent pour verdir les véhicules de la police et permettre à toute la population de se munir de suffisamment de masques pour se protéger du virus. Finalement la ligne répressive est claire : policiers mieux munis, population toujours à risque et sanctionnée si elle n’a pas les moyens de se protéger.




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