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Notre classe

Éducation nationale

8 500 flics en plus, 8 000 profs en moins : des moyens pour l’éducation, pas pour la répression !

Alors la rentrée se fait sous le signe de l’austérité et qu’il manque des centaines de personnels dans les établissements scolaires, le couple Darmanin-Borne nous promet 8 500 policiers en plus. Face au gouvernement Macron qui joue les vases communicants en vidant l’éducation au profit de la répression, exigeons des moyens et des augmentations de salaires !

mardi 20 septembre

La police interpelle des lycéens aux abords du lycée Saint-Exupéry, à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, le 6 décembre 2018. — AFP

Malgré le contentement affiché du ministre Pap Ndiaye, la rentrée scolaire 2022 aura bel et bien été le reflet de la crise que traverse l’Éducation nationale. Des académies se retrouvent décimées, certaines perdant jusqu’à 84 enseignants comme l’académie de Créteil et de nombreuses classes dans des collèges et lycées de quartiers populaires se retrouvent sans enseignant-e-s, au désarroi des parents d’élèves. Sans surprise, le manque de personnels tels que les AED ou AESH se répartit de manière inégalitaire. Ce sont encore les quartiers populaires qui se retrouvent le plus durement touchés.

8 000 profs en moins…

Cette soi-disant « pénurie » de personnel ne vient pas de nulle part. En plus de la dégradation des conditions de travail, qui rend le recrutement de plus en plus difficile et encourage les démissions, ce sont des milliers de postes d’enseignant-e-s qui ont été supprimés par le gouvernement Macron entre 2017 et 2022. Si l’on ajoute aux 440 postes supprimés dans le second degré à la rentrée 2022 les 7 490 suppressions de postes dans l’Éducation nationale effectuées entre 2017 et 2021, c’est au total près de 8 000 enseignant-e-s en moins que Macron arbore sur son tableau de chasse.

Cette politique s’accompagne d’une accentuation de la répression envers les personnels qui osent contester les contre-réformes, les politiques austéritaires et les offensives idéologiques du gouvernement sur l’école. Depuis 2017, les cas d’enseignant-e-s et de militant-e-s syndicaux réprimé-e-s par l’institution se sont multipliés, des « 3 de Melles » lors de la grève du bac au procès des « chantillyonneurs de Blanquer », en passant par les « 6 de Pasteur ». C’est aujourd’hui pour Kai Terrada, un enseignant de mathématique du lycée Joliot-Curie de Nanterre suspendu suite à un « audit » de son établissement, que nous devons nous mobiliser.

…8 500 flics en plus !

Des choix qui montrent quelles sont les priorités du gouvernement Macron. Car s’il n’y a pas d’argent pour financer l’éducation, visiblement, il y en a pour la répression. Après avoir réduit drastiquement le nombre d’enseignant-e-s, mais aussi de personnels hospitaliers et plus généralement de fonctionnaires, le gouvernement a annoncé début septembre la création de 8500 nouveaux postes de policiers et gendarmes d’ici cinq ans.

Le message du gouvernement est clair : poursuivre une casse sociale d’une violence sans précédent et augmenter les capacités répressives de l’État, afin de mater la gronde et prévenir le risque d’une nouvelle explosion sociale type Gilets Jaunes. Un risque d’autant plus présent dans le contexte d’une inflation qui devrait dépasser les 9 % d’ici la fin de l’année, sans que les salaires n’augmentent à la mesure des prix.

Ainsi, si le gouvernement se targue d’augmenter le budget de l’Éducation nationale, c’est en réalité la police, la justice et les armées qui se voient proportionnellement attribuer la plus grosse augmentation, avec 6 milliards supplémentaires.

À cela s’ajoute une volonté d’encadrer la jeunesse de manière militaire avec la généralisation progressive du SNU, dont les coups d’essai ont déjà fait l’objet de témoignages de maltraitance. Le programme a bénéficié de la création de 80 postes de « chefs de projets SNU », tandis que le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé la couleur : le « Service National Universel » est amené à se focaliser davantage sur une « éducation civique à la chose militaire », dont le ministère des Armées considère qu’il « pourrait tout à fait servir, sur le base du volontariat, au recrutement dans les armées  ».

Exigeons des moyens pour l’école, pas pour les flics ni pour l’armée !

Les suppressions de postes, l’embauche massive et tardive de contractuels afin de pallier au manque d’enseignants et le projet annoncé pré-campagne de mettre fin aux concours de l’enseignement et à la titularisation révèlent bien la stratégie macronienne : augmenter et ne garder pérennes que les emplois liés à l’appareil répressif et rester dans les bonnes grâces des syndicats policiers, tandis que la jeunesse n’aura pour seul horizon que répression, propagande militaire et une école au rabais.

Alors que le président sort les violons en parlant de la « fin de l’abondance » pour justifier un programme d’austérité qui impactera massivement les classes populaires et prétend, face aux revendications légitimes de travailleuses et travailleurs de l’éducation, de la santé et du social, qu’il n’y a « pas d’argent magique » et qu’il faut accepter d’être maltraités et maltraitants, la comparaison avec le traitement de faveur accordé à la police traduit les choix qui sont fait par le gouvernement.

Face à cela, nous devons exiger des moyens suffisants pour exercer nos métiers dans des conditions qui soient acceptables pour les enseignant-e-s et personnels de l’éducation, mais aussi pour les élèves, qui subissent de plein fouet une école dégradée et, pour certain-e-s, n’avaient même pas de prof à la rentrée. Exigeons dans la rue et sur nos lieux de travail des moyens pour l’éducation, la santé et l’ensemble des services publics, mais aussi des augmentations de salaires à la hauteur de nos besoins, qui doivent être indexés sur l’inflation via le point d’indice des fonctionnaires pour faire face à la flambée des prix. Une fois de plus, ce n’est pas à nous de payer la crise !

Si la journée de mobilisation du 29 septembre, appelée par la CGT, la FSU et Solidaires, est un premier pas important pour rassembler les colères, ces dernières ne se mueront en véritable levier d’action qu’autour d’un plan conséquent. Pour cela, la grève ne peut être réduite à une journée isolée et doit s’organiser depuis nos lieux de travail, par l’organisation d’assemblées générales, pour une grève qui soit construite par et pour les travailleurs.



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