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Du Pain et des Roses

DU PAIN ET DES ROSES

8 Mars : 5 raisons de se mobiliser auprès des féministes révolutionnaires de Du Pain et des Roses

Cette année, le 8 mars s'inscrit dans une séquence de lutte des classes d'ampleur internationale. Les raisons de descendre dans la rue sont nombreuses. Parmi elles, voici 5 raisons que nous, militantes du collectif féministe révolutionnaire Du Pain et Des Roses, mettons en avant et défendrons dans la rue.

samedi 7 mars

1. Ni réforme, ni 49.3, un combat contre Macron et son monde

Depuis le début du débat sur la réforme des retraites, Macron, Schiappa et tous les défenseurs de la réforme ont essayé de la faire passer pour progressiste. Dans une tonalité cynique, ils essaient en effet de nous expliquer que les femmes seraient les « grandes gagnantes » de la réforme. Or, il n’y a rien de plus contradictoire et mensonger que cette affirmation compte tenu de la situation de précarité dans laquelle se trouvent les femmes au quotidien, entre taux de chômage élevé, emplois précaires, inégalités salariales, temps partiels et carrières hachées - qui seront d’autant plus pénalisées avec la retraite par points. Comme si cela ne suffisait pas, Macron et son gouvernement optent pour le passage en force de la réforme avec le 49.3, défiant ainsi la volonté des deux tiers des Français qui s’y opposent et de secteurs qui ont construit la grève reconductible pendant plus de 50 jours. Cette réforme est en effet fortement rejetée. Et pour cause, elle n’a rien à voir avec les intérêts des travailleurs, des femmes - qui sont les plus précarisées - et de la jeunesse, qu’ils veulent condamner à un avenir de précarité. C’est pourquoi, plus que jamais, ce sont des femmes qui ont mené la grève avec leurs camarades depuis le 5 décembre, des femmes qui se sont mobilisées massivement dans tout le pays le 23 novembre. La réforme est une violence institutionnelle supplémentaire qui va nous précariser toujours plus. Le recours au 49.3 est une violence contre nos droits démocratiques. Ce dimanche, nous descendons dans la rue pour exiger le retrait total de la réforme.

2. Manifester de manière indépendante aux institutions et partis traditionnels

L’Etat et ses institutions sont profondément antidémocratiques. Le mouvement des Gilets Jaunes a montré avec force le caractère antidémocratique des institutions de l’Etat, lorsque nous sommes descendues dans la rue et avons exigé la démission de Macron, alors que les directions syndicales négociaient déjà la réforme des retraites depuis près de deux ans pour que celle ci finisse par être adoptée par le 49.3. Pour ce qui est des violences de genre, le grenelle de Schiappa de novembre dernier n’a été que l’expression du fait que ce système n’a rien à nous offrir de plus que des palliatifs à la violence patriarcale. Depuis Du Pain et Des Roses, nous nous mobilisons et nous nous organisons sur nos lieux de travail et dans nos lieux d’études indépendamment de l’État, des partis du régime, des directions syndicales, dans une perspective anticapitaliste, parce que nous voyons qu’ils n’ont rien à nous offrir. Nous savons que « le patriarcat et le capital sont une alliance criminelle », que l’émancipation ne viendra pas de la main de ceux qui font les règles du jeu, tant que les relations de travail persistent, tant que « les yeux aveugles de la justice » profitent à ceux qui ont tout, tant que la persécution politique et physique persiste de différentes manières dans les différentes institutions. Nous ne nous battons pas seulement pour des miettes, mais nous voulons un changement complet qui vise à l’émancipation de toutes et tous. Parce que nos droits se conquièrent dans la rue, et non dans les bureaux des ministères.

3. Pour un féminisme de lutte des classes

Le féminisme en France connaît un nouveau réveil au moment où la lutte des classes, tant nationale qu’internationale, bat son plein. Comme nous l’avons déjà dit, il y a un réveil dans plusieurs pays d’Amérique latine, le Chili et la Bolivie en particulier, le Liban, l’Algérie et la Chine, pour n’en citer que quelques-uns. Ici, il s’est réveillé dans la rue avec les gilets jaunes, rugissant après la grève historique qui a commencé le 5 décembre, auprès des enseignants, des hospitaliers, des étudiants, des lycéens, des grévistes de la RATP/SNCF. C’est pourquoi, depuis Du Pain et Des Roses, nous nous sommes organisés dans les lieux d’étude et de travail, au sein des différents mouvements sociaux, en brandissant les drapeaux révolutionnaires de lutte, non seulement pour mettre fin à la violence patriarcale et à ses différentes expressions (féminicides, viols, violences conjugales…) mais également afin de mettre fin aux réformes d’austérité qui dégradent notre qualité de vie, et au système capitaliste qui nous exploite et nous opprime au quotidien. Dans cette situation explosive à l’échelle internationale, avec les yeux du monde entier tournés vers la France, nous, les femmes, nous serons dans la rue le 8 mars et en grève, comme nous l’avons fait le 5 décembre, et comme nous continuerons à le faire jusqu’à ce que nous vainquions Macron, ses réformes et son monde.

4. Violences sexistes, violences sociales, même combat contre le capital

Aujourd’hui en France, par voie de conséquence des luttes menées par le mouvement des femmes à échelle internationale, on constate que la scène féministe s’est saisie des scandales pédophiles de Polansky, ainsi que de tout le régime qui le protège, tout comme de ceux de Matzneff, si longtemps protégé par ses relations politiques avec les grands hommes d’affaires et les représentants politiques de la 5ème République. L’année dernière, 150 femmes sont mortes des suites des violences de genre et donc des féminicides. Même après la mobilisation massive de 150 000 femmes le 23 novembre dernier, l’Etat refuse toujours de reconnaître ce fait comme un terme juridique. À d’autres niveaux, l’avancée du néolibéralisme et des mesures d’austérité imposées par les gouvernements successifs renforcent le contrôle sur nos corps en fermant l’accès aux centres d’avortement et de contraception. Tout cela montre que le droit devant la loi n’a rien à voir avec la réalité du droit devant la vie.

5. Pour un féminisme internationaliste, antiraciste, anti-impérialiste

La 4ème vague féministe s’incarne aussi par le rôle central qu’ont joué les femmes dans les dernières grandes mobilisations à échelle internationale : le cri de "Ni una Menos" en Argentine et en Espagne où les femmes sont descendues dans la rue pour répudier le meurtre systématique des femmes ; le mouvement anti-Trump en rejet à ses propos misogynes. Plus récemment encore, les propos misogynes du président chilien Sebastian Piñera ont été remis en cause par les milliers de personnes descendues dans la rue afin de protester contre l’approfondissement de ses mesures d’austérité néolibérale, directement accompagnées par des institutions financières comme le FMI, récemment dirigé par la française Christine Lagarde. De là, vient aussi la chanson qui a mobilisé des milliers de personnes à l’échelle nationale et internationale "El violador eres tu", qui dénonçait le caractère de l’État oppressif et patriarcal qui, au milieu de toute la mobilisation contre le gouvernement Piñera, a continué à séquestrer, torturer et violer des femmes, comme cela était le cas pendant la dictature de Pinochet.

Ici en France, pays central de l’impérialisme, on a vu l’avancée de Macron dans son discours profondément islamophobe, au point d’en faire un axe central de sa campagne de relégitimation à sa droite, derrière l’axe de la politique sécuritaire. La construction d’un féminisme en France n’existera pas sans une perspective internationaliste qui reprenne l’exemple des luttes des femmes dans le monde contre le capitalisme et le néolibéralisme et qui rejette la politique d’exploitation impérialiste de millions de femmes qui produit guerre et misère. Un féminisme qui rejette également la politique meurtrière et répressive de l’Etat français à l’égard des personnes qui fuient ces guerres et crises, en les traquant et les condamnant à la violence, la misère, la mort et en faisant des migrantes les principales victimes de l’oppression en France. Ainsi, depuis Du Pain et Des Roses nous brandissons les bannières d’un féminisme révolutionnaire, internationaliste, anti-impérialiste et anti-raciste !

Nous serons présentes ce 8 mars à Paris, Bordeaux, Toulouse, Montpellier et vous invitons à rejoindre nos différents cortèges.

A Paris : https://facebook.com/events/s/cortege-du-pain-et-des-roses-d/249633706052312/?ti=cl

A Bordeaux : https://facebook.com/events/s/cortege-du-pain-et-des-roses-8/225526775252249/?ti=cl

A Toulouse : https://facebook.com/events/s/cortege-du-pain-des-roses-8-ma/199182621149788/?ti=cl




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