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8% d’augmentation prévue pour l’électricité en 2023 : exigeons le gel des prix à un niveau soutenable !

Alors qu'un rapport du CRE annonce une hausse de l’électricité de 8% en 2023, Bruno le Maire a répondu ce lundi que celle-ci n'aurait pas lieu. Avant les législatives, le gouvernement veut éviter toute polémique, mais ses promesses n'engagent que ceux qui y croient. Plus que jamais, il faut exiger le gel des prix de l'énergie à un tarif permettant aux plus précaires de vivre, ainsi que l'indexation des salaires sur l'inflation !

mercredi 1er juin

Crédits photo : AFP

Alors que l’inflation vient d’atteindre les 5,2 % sur un an, les prix de l’électricité devraient augmenter de 8% en 2023 d’après un rapport de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE). Face à la polémique suscitée par cette annonce, le gouvernement cherche à tout prix à éteindre l’incendie, moyennant là encore des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient.

En 2023, les prix de l’électricité augmenteront de 8% d’après le CRE

En septembre de l’année 2021, le gouvernement mettait en place un « bouclier tarifaire » pour faire face à l’explosion des prix de l’énergie, provoquée par l’explosion de la demande suite à la crise du COVID-19, renforcée par la guerre en Ukraine. Ainsi, la hausse du prix de l’électricité était bloquée à 4%, à compter de février 2022.

Cependant, cette mesure censée protéger les classes laborieuses, à qui l’on refuse la moindre augmentation de salaires, n’était qu’un « tour de passe-passe » de la part du gouvernement. En effet, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) prévoit d’ores et déjà une hausse de 8% pour 2023, ce qui pourrait porter l’augmentation à 12 % pour les ménages.

Alors que le gouvernement avait fait savoir que son bouclier tarifaire « n’induirait aucun rattrapage », comme le rappelle la CLCV, l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers, l’augmentation pourrait donc finalement être directement répercutée sur le portefeuille des consommateurs. Ainsi, pour une famille de 4 personnes, cela équivaudrait à une hausse de 150 euros par an.

Ces nouvelles annonces mettent en lumière les conséquences des subterfuges que met en oeuvre le gouvernement pour éviter, "quoiqu’il en coûte", de toucher au porte-monnaie du grand patronat. En ce sens, la CLVL pointe le fait que cette « hausse stratosphérique » prévue en 2023 est la conséquence d’un rattrapage qui n’a d’autre but que de « sauver la concurrence », autrement dit, le patronat. C’est ce qu’exprime d’ailleurs François Carlier, délégué général de la CLVL, auprès du Parisien : « La CRE choisit une fois encore d’augmenter les prix pour que les fournisseurs puissent réaliser des marges confortables. Tout ça sur le dos des ménages, et à cause d’un mauvais pari. »

En difficulté, le gouvernement fait l’autruche et nous ment !

Face à cette situation, le gouvernement à tout d’abord décidé de rester dans le silence, alors même que la CRE publiait son rapport le 31 mars, il y a tout juste un mois. C’est seulement ce lundi 30 mai que le ministre de l’économie, Bruno le Maire, s’est exprimé sur le sujet après le tollé suscité par la publication de l’article du Parisien.

Lors d’une conférence de presse, il déclarait ainsi : « Je veux être très clair avec nos compatriotes, il n’y aura aucun rattrapage sur leur facture d’électricité », sans préciser quand et comment il comptait empêcher les classes populaires de payer. A l’heure où Elisabeth Borne déclarait faire du pouvoir d’achat sa première priorité, et à quelques jours du premier tour des législatives, la situation est de plus en plus tendue pour le gouvernement qui est très clairement à la défensive, incapable de répondre à la fois au patronat, qui refuse catégoriquement l’augmentation des salaires, et à l’explosion du coût de la vie.

Ainsi, concernant les prix de l’électricité, Bruno Le Maire fait l’autruche et renvoie au prochain Projet de Loi Finances, prévue en octobre prochain, soit après les législatives... Nous n’avons aucune illusion à nous faire sur les mesures que pourrait prendre le gouvernement, comme le montrent les mesurettes annoncées par le gouvernement, il y a près d’une semaine. En tout état de cause, ce seront les classes populaires qui devront payer la crise.

L’inflation continue d’augmente : il faut exiger d’urgence le gel des prix de l’énergie et leur fixation à un niveau soutenable

En parallèle, l’INSEE vient de publier une nouvelle étude ce mardi 31 mai. L’institut de statistique vient de mesurer à nouveau l’inflation sur un an. En hausse de 0,4 % par rapport au mois d’avril, l’inflation s’établirait dorénavant à 5,2 %. Un chiffre jamais vu depuis 1985.

Ces estimations ne sont que provisoires et le résultat définitif sera publié à la mi-juin. Cela a de quoi nous inquiéter étant donné que l’institut table sur une hausse d’encore 0,2% supplémentaire pour le mois prochain, ce qui nous amènerait à une inflation de 5,4%.

D’un autre côté, la guerre en Ukraine, dont l’une des principales conséquences est la hausse générale des prix, continuent de s’intensifier. Lors d’un sommet récent, les puissances impérialistes ont acté un embargo sur le gaz Russe, ce qui aura nécessairement des conséquences pour l’économie mondiale, et nécessairement par de nouvelles hausses de prix, donc pour les classes populaires.

Dans ce contexte, l’inflation est clairement en train de devenir une donnée structurante de l’économie mondiale. Bien loin des fausses promesses que veut nous vendre le gouvernement, il est plus qu’urgent d’exiger la hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation qui va continuer d’augmenter. Mais il faut aussi des mesures d’urgence permettant de soulager le porte-monnaie notamment pour l’ensemble des produits de premières nécessités, à commencer par l’énergie. Il faut pour cela en urgence geler les prix et les fixer à un niveau soutenable, de façon à ce que les travailleurs et les classes populaires puissent continuer à vivre normalement, alors même qu’EDF a engagé des profits records ["grâce à la crise énergétique"-https://www.bfmtv.com/economie/edf-va-engranger-des-superprofits-grace-a-la-crise-energetique_AN-202109300019.html].

Les classes populaires doivent refuser de payer la crise comme tentent de leur imposer le gouvernement. Pour cela, il ne faut rien attendre de ce dernier, ce n’est que par le rapport de force et la grève que l’on pourra obtenir ces mesures d’urgence !



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