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Du Pain et des Roses

Appel du collectif Du Pain et des Roses

8 mars : ce n’est pas aux femmes de payer la crise !

Cette année, la journée du 8 mars s’inscrit dans le contexte mondial d’une crise sanitaire et économique sans précédent, qui nous frappe de plein fouet en tant que femmes et LGBT. Nous, étudiantes et travailleuses organisées dans le collectif Du Pain et Des Roses, savons que nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour imposer des mesures féministes à la hauteur de la situation, en toute indépendance des directions complices et de l’État. Nous refusons de payer la crise !

samedi 6 mars

Crédit photo : O Phil des Contrastes

Cette année, la journée du 8 mars s’inscrit dans le contexte mondial d’une crise sanitaire et économique sans précédent, qui nous frappe de plein fouet en tant que femmes et LGBT. Révélant aux yeux de tous la place de « première de corvées » que nous occupons dans les secteurs les plus essentiels de la société - santé, éducation, grande distribution, etc - la crise a exacerbé les violences que nous subissons dans notre quotidien.

Sur le plan économique, le manque structurel de moyens pour faire face à la crise nous expose à des conditions de travail toujours plus difficiles dans ces secteurs, allant jusqu’à mettre nos vies en danger. Alors que nous occupons les emplois les plus précaires, la vague de licenciements qui déferle sur le monde du travail nous jette dans une profonde précarité. Cette précarisation de masse, en nous contraignant à une dépendance accrue vis à vis de nos jobs et de nos familles, augmente les phénomènes de violence de genre sur nos lieux de travail et d’études comme dans nos foyers, comme l’a montré l’augmentation des signalements de violences conjugales durant la période de confinement.

Face à cette situation, quelle a été la réponse de l’État ? Depuis plus d’un an, il n’a toujours cherché qu’à maximiser les profits des capitalistes en poursuivant la casse des services publics, en versant des milliards au grand patronat qui nous licencie et à la police qui nous mutile et nous tue, plutôt que d’investir dans la santé et l’éducation qui sont pourtant au coeur de la résolution de la crise, pour les femmes et pour l’ensemble de la population.

Remaniement ministériel antiféministe, politiques racistes et islamophobes, reculs sur la question de la PMA pour toutes ou encore privatisation de la ligne d’appel d’urgence 3919… Le gouvernement n’a cessé de mépriser les revendications du mouvement féministe. À la récente vague de dénonciation des violences de genre, dans la continuité du mouvement #MeToo, il ne répond que par la répression des comportements individuels en stigmatisant toujours plus les personnes racisées et musulmanes ou assimilées comme telles, notamment par le biais de la loi « séparatismes », tout en laissant impunis les Darmanin et les Polanski.

Pourtant, de l’affaire Duhamel jusqu’à #SciencesPorcs, en passant par la dénonciation des violences perpétrées à McDonald’s, à TF1 ou encore à Chronodrive, c’est bien le caractère structurel des violences de genre qui apparait aux yeux de tous.

Pour toutes ces raisons, nous, étudiantes et travailleuses organisées dans le collectif Du Pain et Des Roses, savons que nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour imposer des mesures féministes à la hauteur de la situation, en toute indépendance des directions complices et de l’État.




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