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Du Pain et des Roses

Violences policières

8 mars : la marche nocturne féministe violemment réprimée par la police à Paris

Dès samedi, à Paris, la marche nocturne féministe non-mixte, prélude à la journée internationale des femmes du 8 mars, était placée sous le signe de la répression policière, comme dans d'autres villes... Une répression qui a beaucoup choqué, et un risque de plus pour l’exécutif de mettre le feu aux poudres.

dimanche 8 mars

Crédit photo : Vidéo Twitter de HZ Press

Une manifestation directement branchée sur l’actualité, une relance possible de la colère

A la veille du 8 mars, et comme le veut la tradition, plusieurs appels avaient été lancés dans diverses villes de France, notamment à Paris, Caen, Strasbourg, Toulouse… pour une manifestation nocturne en mixité choisie en ouverture de la journée internationale des femmes. A Toulouse, par exemple, la manifestation comptait plus de 1 500 participant.e.s. A Paris, une foule de plusieurs centaines de femmes, rassemblées place de la République ont annoncé : « la fête est finie, les féministes sont de sortie ».

Comme on pouvait s’y attendre, manifestations et slogans étaient fortement inscrits dans l’actualité. Après le coup de théâtre du couronnement de Polanski à la cérémonie des Césars et le passage en force d’une loi sur les retraites mortifère pour tous les travailleurs et particulièrement pour les femmes, les slogans relayent ainsi l’indignation et la colère des femmes. Nombre de pancartes, directement inspirées des propos d’Adèle Haenel, dénoncent « la honte » de ce triomphe de la société patriarcale et déclarent, en solidarité et hommage à celles qui ont eu le courage de quitter la cérémonie : « On se lève, on se soulève », référence à la tribune de Virginie Despentes, parue dans Libération : « On se lève. On se casse. »

Mais la colère n’est pas que circonstancielle, elle fait écho à des mois de lutte pendant lesquels tous et toutes, femmes et hommes, gilets jaunes et travailleurs mobilisés, grévistes, ont protesté contre les coups portés par Macron et son monde et ont subi en retour des violences policières inouïes. Nourries de cette colère accumulée, les manifestantes ont entonné, ce samedi soir, des chants hostiles aux forces de répression et dénoncé leurs violences.

Les violences policières du 7 mars donnent le ton pour la journée des droits des femmes

Se récrier à longueur de discours et de médias contre l’incroyable omerta sur les violences faites aux femmes qui a duré durant des décennies, promettre et jurer leurs grands dieux que tout ça c’est du passé et qu’on va faire ce qu’il faut, ça ne mange pas le pain ; mais laisser les femmes et minorités de genre relever la tête, claquer la porte ou crier leurs colère, il n’en est pas question.

Samedi soir à Paris, ça n’a pas traîné : nassage place de la République, charges, manifestantes bousculées violemment, forcées à descendre dans le métro, matraquages, gaz lacrymogènes… le scenario désormais classique d’une répression injustifiée s’est déroulé. Dans d’autres villes comme Toulouse, les manifestantes ont également été nassées.

Outre ces violences et ces interpellations, la marche féministe a été ponctuée de grossièretés machistes de la part de la police, révélant le vrai visage des forces-dites-de-l’ordre… patriarcal. Tandis que les manifestants scandaient :« Police partout, justice nulle part », une participante, a par exemple pu entendre de la bouche d’un CRS : « Qu’est-ce qu’elles ont, elles ont toutes leurs règles ce soir ? » comme le rapporte Libération. No comment.

Les réactions ne se font pas attendre… de la poudre qui pourrait bien se répandre

Largement relayée sur les réseaux sociaux, avec de nombreuses vidéos, la répression de la manifestation des marches féministes, a indigné et fait monter la vapeur d’un cran. Hormis les réactions prévisibles et hypocrites d’une Anne Hidalgo, candidate à sa réélection, ou d’une Marlène Schiappa, réfugiée derrière l’enquête demandée par Castaner, qui ont l’une et l’autre soutenu les manifestantes, l’indignation s’exprime à la base, et bien au-delà des organisations féministes à l’initiative de cette soirée du 7 mars.

Dès ce matin, Jérôme Rodrigues, déclarait, dans le style propre aux GJ et aux réseaux sociaux : « Violences policières : vous viendrez me donner des leçons les trolles en uniforme ! Un jour, je vous le dis, ça ne se passera plus comme ça. » Plus amplement, une internaute révoltée s’exprimait au nom des manifestantes : « Quelles images ! Ce soir, la police de Castaner, Macron et Lallement a violemment réprimé une marche féministe de nuit. Mais les femmes présentes à cette marche n’ont pas l’intention de se laisser faire ni de se laisser impressionner par cette pseudo démonstration de force. Elles se lèvent. Elles prennent la rue. Et elles se battent. N’en déplaise aux puissants. »

Les temps forts du calendrier de la lutte des classes

Après le passage en force du 49.3, et après ces violences policières, déjà largement décriées, il est fort possible que cette journée internationale constitue un jalon, et même peut-être un tremplin dans le calendrier que l’intersyndicale et ses organisations respectives ont laissé comme un no man’s land, vide de toute mobilisation pendant le large pont qui enjambe les élections municipales jusqu’au 31 mars.

Nombreuses sont, par exemple, les réactions des internautes qui renvoient au 14 mars, faisant ainsi un lien avec la grande journée de mobilisation à laquelle ont appelé les gilets jaunes et que l’intersyndicale n’a pas inscrit dans son agenda. Nul doute également que la conférence à laquelle invitent les grévistes de la RATP, de la SNCF, de Grandpuits et d’autres nombreux signataires …. ne fasse la jonction avec la puissance que constitue la mobilisation des femmes dont la répression est une démonstration de plus, si elle était nécessaire, du rôle qu’elles peuvent jouer dans la lutte contre Macron et son monde capitaliste et patriarcal !




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