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Politique

Offensive sécuritaire

8500 nouveaux policiers, 15 milliards en plus : la répression, grande cause du quinquennat

A l’occasion de l’inauguration du nouveau commissariat de Paris Centre, Gérald Darmanin et Elisabeth Borne ont annoncé la création de 8500 nouveaux postes de policiers et gendarmes d’ici cinq ans.

mardi 6 septembre

Crédits photos : © Radio France - Céline Guétaz

C’était une des promesses du président de la République pour son nouveau quinquennat : augmenter de 15 milliards d’euros le budget du ministère de l’Intérieur entre 2022 et 2027. Et s’il y a bien des promesses que Macron sait tenir, ce sont celles qui concernent les forces de l’ordre et de répression. Et alors que le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur doit être présenté en Conseil des ministres ce mercredi 7 septembre, la première ministre et le ministre de l’intérieur viennent d’en révéler les grandes lignes : 8500 policiers et gendarmes en plus, dont 3000 dès 2023, 200 brigades de gendarmerie, doublement de la présence policière dans l’espace public, 1000 policiers de plus pour la préfecture de Paris, 11 unités de forces mobiles et même 3000 « gendarmes verts » pour lutter contre les atteintes à l’environnement. Comme l’explique Elisabeth Borne, il s’agit bien d’un effort « inédit ».

Le projet de loi est tout simplement titanesque : alors que le budget du ministère de l’intérieur était de 21,2 milliards d’euros pour 2022, cette loi de programmation projette d’ajouter 15 milliards pour le ministère de l’Intérieur pour cinq ans, soit une augmentation de 13% du budget annuel actuel. Si l’on compare avec le budget de l’année 2017, il s’agit d’une augmentation de 37,5% du budget du ministère de l’intérieur. L’annonce a le mérite d’être claire : la priorité du gouvernement est de renforcer, encore, la militarisation de l’espace public et les capacités de répression, à tous les niveaux. Au niveau local, comme l’explique le ministère de l’intérieur, il s’agit de doubler le nombre de policiers dans l’espace public, en renforcement les préfectures et les plus importantes et en renforcement le maillage territorial de la gendarmerie avec 200 nouvelles brigade (il en existe environ 3500 aujourd’hui).

Par ailleurs, la répression des mouvements sociaux n’est pas oubliée : c’est près de 11 nouvelles unités de fores mobiles (compagnie de CRS ou escadron de gendarmerie mobile) supplémentaires qui vont être créées. Si le gouvernement tente d’expliquer qu’il s’agit avant tout de sécuriser les grands évènements sportifs, la création de nouvelles compagnies de CRS rappelle que pour le gouvernement, les grands mouvements sociaux ne sont jamais loin. Alors que l’inflation continue d’augmenter et que le gouvernement prépare une politique de combat sur le terrain social (loi sur l’assurance chômage, loi sur les retraites, etc.), le gouvernement se prépare à réprimer quiconque se mettrait en travers de son chemin.



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