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Politique

89% des réanimations occupées : la gestion de Macron fait déborder les hôpitaux en Ile-de-France

Les chiffres et de nombreux soignants témoignent d’une situation catastrophique dans les hôpitaux franciliens alors que 40% des opérations ont déjà été déprogrammées. De fait, les mesures prises par le gouvernement n’ont absolument rien changé à la courbe de contaminations qui continuent de grimper partout en France.

mercredi 24 mars

Une semaine après les mesures gouvernementales imposées dans 16 départements, les services hospitaliers sont débordés en Ile-de-France. Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP annonçait dans un mail ce matin que « Nous n’avions pas connu un nombre d’entrées aussi haut en 24h ».

Dans la région, 1.400 lits en réanimation sont déjà occupés par des patients Covid sur les 1570 lits rendus disponibles grâce à la déprogrammation de 40% des soins intensifs. Un total de 89% des lits de réanimation occupés donc, en dépit d’une déprogrammation déjà lourde. Face à cette situation, l’ARS annonçait hier qu’elle prévoyait de faire passer le taux de déprogrammation des opérations nécessitant des soins intensifs à 80 % d’ici deux semaines, pour augmenter le nombre de places de 1 500 à 2 200.

L’ensemble des personnels hospitaliers s’accordent à dire que la situation est catastrophique et que les services débordent de malades. Sur la totalité des hôpitaux du Val-d’Oise, 115 % des places en réanimation sont pleins, c’est-à-dire que les soignants aménagent déjà des lits de fortunes pour accueillir les patients. « On est déjà au bout de ce qu’on peut faire en terme d’admissions » déclarait sur BFM ce matin Jean-Michel Constantin, chef du service de réanimation de la Pitié-Salpêtrière. « Les quinze jours à venir vont être terribles » ajoute-t-il. En effet, la courbe des cas en réanimations suit toujours celle des nouveaux cas quotidiens, mais avec un retard de 10 à 15 jours. Et si l’exécutif a pris la parole la semaine dernière pour annoncer des demi-mesures dans 16 départements, c’est bien parce que le nombre de cas s’est envolé dans de nombreuses régions ces deux dernières semaines.

En région parisienne, avec une moyenne de plus de 30 000 nouveaux cas par jours sur les 7 derniers jours, le taux d’incidence a atteint les 550 cas pour 100 000 habitants, soit plus de 2 fois plus que le taux critique de 250 établi par Santé Publique France. Taux critique dépassé aussi par la moyenne nationale de 300 cas pour 100 000 habitants. Tous les voyants sont donc au rouge dans tous les pays, mais la réponse du gouvernement à la sortie du Conseil des Ministres ce matin n’a été que d’élargir ses mesures superficielles à trois nouveaux départements.

Avec cette flambée des nouveaux cas, la situation risque de s’aggraver encore très rapidement dans les hôpitaux. Pourtant, toujours aucun moyen supplémentaire n’a été annoncé pour l’hôpital public, seulement une stratégie de sélection des patients aux conséquences dramatiques. « Déprogrammer c’est déjà choisir quel patient on soigne ou pas, car à 80 %, nous ne parlons plus uniquement d’opérations non-essentielles » expliquait encore Jean-Michel Constantin. Des déprogrammations qui permettront uniquement de pallier au manque de personnels dans les hôpitaux parisiens, en libérant des soignants d’opérations médicales et chirurgicales parfois urgentes, pour faire monter artificiellement le nombre de places en réanimation.

En parallèle, à l’échelle nationale, près de 490 personnes supplémentaires ont été admises en réanimation, faisant grimper à 4700 le nombre de patients en soins intensifs. Une situation qui est le produit direct du « pari » de Macron et que sa pseudo « troisième voie », qui vise en réalité à permettre à l’économie de fonctionner le plus normalement possible malgré le danger, risque de ne pouvoir enrayer.




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