^

Politique

Lumières pour Sabri

A 1 an de la mort de Sabri, les jeunes se révoltent contre l’impunité policière

La mort de Sabri montre une fois de plus l’ampleur de la machine de l’impunité à l'œuvre dans l’institution policière, des éléments sont délibérément occultés ou omis afin d’entraver le droit à la justice et à la vérité pour les familles de victimes.

mardi 18 mai

Crédit photo : AFP

Dans la nuit de lundi à mardi, des révoltes ont éclaté à Argenteuil. Pour cause, cette nuit marquait la première année de la mort de Sabri des suites d’une collision à moto avec une voiture de la BAC.

Les témoins de la scène du drame expliquent que cette mort a été provoquée par la voiture de la BAC que le jeune homme a croisée. Sans surprise, la piste de l’implication de la voiture de police dans le drame a été immédiatement écartée après l’enquête menée par le parquet au profit de l’hypothèse de la mauvaise conduite.

Par ailleurs, de nombreuses zones d’ombres demeurent dans cette affaire. En effet, l’avocate de la famille affirme au Parisien que « Sabri avait suffisamment d’espace pour croiser cette Skoda, dans cette rue à double sens. D’autant que cette voiture était banalisée, et, selon les dires des policiers, n’avait pas son gyrophare actionné. Sabri n’avait aucune raison de se déporter sur le trottoir, sauf à ce que le comportement des policiers ne l’ait contraint à le faire, par la force ou par la surprise. ». De plus, les vêtements que portait le jeune homme le soir de sa mort n’ont jamais été retrouvés alors qu’ils « auraient pourtant demontré si une gazeuse a été utilisée. » De même pour le téléphone de Sabri qui a également disparu et qui aurait pourtant pu permettre de recueillir sa géolocalisation au moment des faits.

La famille s’interroge également quant aux allers-retours de Sabri avant le choc. « Pourquoi Sabri roule tranquillement, puis, après deux demi-tours rapprochés, se met d’un seul coup à accélérer ? » s’interroge la tante de Sabri. De plus, l’avocate explique que « seules deux caméras de vidéosurveillance de la rue ont été exploitées alors qu’il y en a beaucoup plus » et que ni « l’équipage police secours, intervenu en premier sur le lieu des faits », ni « les amis de la victime, qui se sont rendus sur place juste après les faits », n’auraient été entendus, alors que les communications radios des services de police ont été exploitées.

La colère des jeunes d’Argenteuil est plus que légitime puisque ces éléments montrent une fois de plus l’ampleur de la machine de l’impunité à l’œuvre dans l’institution policière, des éléments sont délibérément occultés ou omis afin d’entraver le droit à la justice et à la vérité pour les familles de victimes.

Les précédents traitements des cas des violences policières comme par exemple l’assassinat d’Adama Traoré nous ont à maintes reprises démontré que l’on ne pouvait faire confiance à l’institution policière ni à l’Etat qui se place constamment du côté de la police. Comme l’ont démontré le Collectif Justice et Vertié ou Lumières pus Sabri seule l’organisation et le combat en indépendance de l’Etat est à même de d’obtenir justice pour les victimes mais également de poser les bases d’une lutte plus large contre le tournant répressif et sécuritaire du gouvernement, à l’image des manifestations contre la LSG, qui impacterait en premier lieu les habitants des quartiers populaires.

Pour honorer la mémoire de Sabri un an après sa mort, une marche blanche est organisée le samedi 22 mai à Argenteuil à 13h30.




Mots-clés

Racisme d’État   /    Justice pour Sabri   /    impunité policière   /    Racisme   /    Violences policières   /    Politique