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Notre classe

Les personnels de l’éducation en colère !

À Aubervilliers des profs préparent la suite de la mobilisation

Après la mobilisation historique des personnels de l’éducation jeudi, des profs refusent que la journée d'hier ne soit qu'une parenthèse dans la catastrophe que traverse l'éducation et militent pour poursuivre la mobilisation.

vendredi 14 janvier

Cette semaine les travailleurs de l’éducation ont joint leur colère dans une mobilisation historique ; jeudi le taux de grévistes a été record : 62% de grévistes dans le secondaire, 81% dans les vies scolaires, 75% dans le primaire a annoncé la FSU, premier syndicat du secteur de l’Education Nationale. Ce vendredi quelques travailleurs ont reconduit la grève et se sont organisés après les différentes assemblée générale d’établissements et de ville pour préparer les suites.

À Aubervilliers, les personnels de l’éducation de 9 établissements sur la ville - une trentaine de travailleurs - se sont réunis en assemblée générale. Nous avons interviewé l’une d’elle, Cécile, professeure au collège Rosa Luxemburg et syndiquée à Sud Éducation qui nous raconte : « le 13 janvier nous avons fait une première AG où 11 personnels de mon collège ont voté la grève et 7 la reconduction pour le vendredi. Ça fait du bien de voir que ça bouge aussi dans les autres bahuts et que la grève est suivie. Aujourd’hui on est huit en reconductible sur mon établissement ». Une prochaine AG a été voté pour mardi soir.

Sur la ville, la combativité a été particulièrement forte avec la moitié des écoles primaires qui ont fermé jeudi et un taux de 75% de grévistes dans les autres écoles. Pour ce qui est du secondaire, au moins 50% des personnels étaient en grève.

Les personnels en grève ce vendredi profitaient de la journée pour se rendre dans les établissements de la ville pour préparer la prochaine assemblée générale de lundi. Marion, enseignante dans le 93 nous raconte : « on tourne dans différentes écoles, collèges et lycées de la ville, on dépose des tracts dans les salles des profs pour l’AG de lundi  ». Cécile est elle aussi sur les routes : « Aujourd’hui on tracte devant les écoles. Les parents nous offrent un super accueil, ils sont tous avec nous, ils comprennent, on se retrouve lundi prochain pour essayer de mobiliser plus, pour poursuivre une journée de grève la semaine prochaine et faire une action avec les parents ».

D’autant que les annonces de Blanquer n’ont pas éteint la colère : «  face aux annonces de Blanquer, personne n’est dupe, il ne fait que de fausses annonces. Il nous avait fait miroiter des remplaçants étudiants et retraités, or on n’en a jamais vu la couleur ! Il promet beaucoup de choses, ils ont débloqué une enveloppe pour les collectivités territoriales et nous fournir en capteur CO2. En réalité le budget correspond à un capteur par établissement ! Pour les FFP2 c’est la même chose : on en a 5 à se partager pour l’ensemble des profs !  » nous explique Cécile. Marion et Cécile sont unanimes sur les origines de la colère « quand on fait le tour des établissements on voit bien que la situation de saturation sur le manque de moyens est bien antérieure à la situation sanitaire » selon les mots de Marion : « La crise sanitaire cristallise des problèmes qui existent depuis plus longtemps : nous avons besoin de plus de prof, nous avons besoin que le remplacement soit assuré. Et cela va au-delà de la crise sanitaire !  ».

Comme nous pouvons le lire dans le communiqué écrit à l’issue de l’Assemblée Générale, sur un des établissements, ce sont en moyenne 6 heures de cours qui sautent chaque semaine faute de remplacement et ce chiffre a doublé, passant à 12h de cours perdues, depuis janvier et l’arrivée de la violente cinquième vague.
Les travailleurs de l’éducation d’Aubervilliers revendiquent des embauches (professeur.e.s, AED, AESH, CPE, infirmiè•res, médecins scolaire, d’assistant•e social•e, d’agent•es…), une diminution des effectifs dans les classes, des masques FFP2 pour tous et toutes et des purificateurs d’air dans toutes les salles de cours. Le manque de moyen, en plus de mettre en jeu la sécurité sanitaire, compromet la continuité pédagogique des élèves contaminés individuellement ou collectivement. C’est pourquoi, les personnels revendiquent également un système d’absences et de récupération de cours cohérent pour ne laisser aucun élève sur le carreau !

Sur les perspectives du mouvement, Cécile est claire : « on sait qu’on aura au moins une journée de grève la semaine prochaine et une action avec les parents un soir ». La mobilisation se poursuit et s’organise par le bas ; ces militant.e.s refusent de laisser tomber la dynamique exceptionnelle qui s’installe dans l’éducation face à une gestion catastrophique de la crise sanitaire. Ils feront en sorte que cette mobilisation historique ne soit pas sans lendemain malgré des directions syndicales qui n’appellent pas à une prochaine date de mobilisation la semaine prochaine et qui acceptent de se contenter des quelques miettes données par Blanquer.

Pour les travailleurs de l’éducation d’Aubervilliers, rendez-vous lundi 17 janvier à 18h à la bourse du travail pour une nouvelle AG de lutte !




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