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Notre classe

Ras le bol !

À Bordeaux comme ailleurs, les hospitaliers ont des procédures de sécurité contradictoires qui changent toutes les semaines !

Voilà l’exemple du « meilleur CHU de France » : à Bordeaux, depuis le premier patient Covid-19 et encore aujourd’hui, les procédures pour le port des masques sont modifiées et même dans certains services plu-sieurs fois par semaine. « Validé par la médecine préventive » se dé-douanent l’ensemble de l’encadrement, demandant à leurs agents de porter des masques « bricolés ».

mardi 28 avril

Des masques bricolés non ergonomiques ne tenant pas sur les visages. Peu importe, la direction s’entête à ne pas trouver de véritables solutions. D’autres services qui ont enfin obtenu des masques, non sans peine, doivent les porter sous menace de sanction, doit-on alors sanctionner la hiérarchie pour ne pas leur avoir donné de masque avant ?

Les économies dans les hôpitaux passent au dessus de la santé des travailleurs. Malgré tout, la direction tente de garder le rapport de force face à leurs agents en se montrant toute puissante et menaçante. Pour nous travailleurs, revendiquer le contrôle de la sécurité et l’hygiène au travail, à travers la mise en place des comités d’hygiène et sécurité est une tâche dont il faut s’emparer de toute urgence car ce sont les travailleurs qui sont les mieux placés pour définir leurs besoins. La direction du CHU de Bordeaux suit les directives du gouvernement, ce gouvernement qui ment sur la situation réelle de la crise et de sa gestion, avec la remise à marche forcée des productions non essentielles qui mettent en danger la santé des travailleurs au profit des capitalistes.

Une incompétence qui se traduit par ces chiffres « officiels » : 156 hos-pitaliers bordelais malades dont 76 cas avérés et 80 suspicions avec des symptômes. Il est évident que ces chiffres sont en dessous de la réalité, le personnel n’étant toujours pas testé massivement et donc non protégé car c’est par une campagne de tests massifs que l’on pourrait établir un plan scientifique des contagions et un confinement ciblé non autoritaire privant de ces libertés l’ensemble de la population.

Le directeur du CHU de Bordeaux quant à lui, anciennement directeur de cabinet d’Agnès Buzyn à la Santé, soigne son image avec son omniprésence dans les médias, jouant le rôle policé d’ancien faire valoir de l’ex-ministre de la santé. Etant toujours entouré de biologistes et médecins corvéables à merci, qu’en serait-il aux côtés d’un agent de catégorie C ?

Si la colère s’est largement exprimée à travers certains médias et réseaux sociaux, elle semble prendre de l’ampleur et l’envie de descendre dans la rue à la fin du confinement s’intensifie. Il semble aussi que la prime promise par Emmanuel Macron n’atténuera pas cette colère. Les directions syndicales doivent d’ores et déjà appeler à des rassemblements massifs dès la fin du confinement. En attendant nous devons nous organiser à la base avec des assemblés générales composées de tous les corps de métiers : Agents d’entretien, brancardiers, cuisiniers, mécaniciens, infirmiers, aides soignants etc. Ces assemblées générales permettront aux travailleurs de la santé de s’organiser par et pour eux-mêmes afin de mieux gérer les services de santé mais aussi l’hygiène et la sécurité, et pouvoir de cette façon faire remonter des demandes pertinentes à la direction et pouvoir bloquer toute coupe budgétaire et la dégradation des conditions de travail. Permettant ainsi de soigner la population dans des conditions dignes et accessibles pour toutes est tous.

Ainsi nous réclamons un plan massif pour les hôpitaux, avec la nationalisation sans rachat de tous les secteurs de la santé car la santé ne doit pas être un secteur où il est possible de faire des profits. Réquisition des hôtels, afin d’y mettre les personnes contaminées en quarantaine, empêchant l’engorgement des hôpitaux. Il en va aussi des titularisations de l’ensemble des personnels hospitaliers et une augmentation des salaires. Fin de l’évasion fiscale et les cadeaux faits aux actionnaires, avec mise en place d’un impôt exceptionnel aux grandes fortunes et aux grand propriétaires fonciers pour financer du gel hydro alcoolique, des gants, des masques et une campagne de tests massifs pour toutes et tous.




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