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Et si Macron avait réussi à réveiller la jeunesse ?

A Louis Le Grand, les lycéens montent au créneau

En région parisienne, plusieurs lycées ont été bloqués ce matin par les élèves, mobilisés contre la réforme du bac et les retraites. Journée de manifestation nationale, les lycéens rejoignent le mouvement, soutenus par leurs enseignants en grève.

jeudi 16 janvier

C’est un des secteurs que l’on attendait le plus, la jeunesse. Lycée Louis Le Grand, Lycée Monet, Lycée Colbert, Lycée Balzac, Lycée Colbert. Au 43e jour de grève reconductible, le mouvement contre les retraites pourrait bien être en train de réveiller une colère sourde dans la jeunesse lycéenne. Depuis le début du mouvement déjà, les lycéens ont fait preuve de leur détermination à se battre contre la réforme du Bac à plusieurs reprises, en organisant plusieurs blocus réussis malgré la présence systématique de la police.

Mais depuis quelques jours, la dynamique prend une tournure doublement plus inquiétante pour le gouvernement. Car si les premières épreuves de contrôle continu sont programmées pour la semaine prochaine, à la colère qui s’exprime contre la réforme Blanquer s’ajoute le rejet de la réforme des retraites et le gouvernement Macron.

"Pas de retrait, pas de rentrée". Un mot d’ordre des enseignants qui est largement repris par les lycéens, conscients du rôle important que peut jouer la jeunesse dans les grèves. "Un monde plus juste et une société plus équitable", voilà la préoccupation de fond qu’expriment les lycéens assis sur les poubelles. Comment ne pas y voir le reflet de la préoccupation des grévistes sur les piquets, soucieux de l’avenir à léguer à leurs enfants dans une société néolibérale toujours plus brutale vis à vis des populations précaires, mais aussi de la planète dont la destruction et l’incertitude du futur que cela engendrait avait mobilisé massivement la jeunesse.

À ce stade de la mobilisation, une potentielle entrée du mouvement lycéen dans la danse pourrait accentuer les phénomènes de fragilisation du gouvernement qui s’expriment depuis le début de la grève, y compris dans son incapacité à circonscrire le mouvement à la RATP et la SNCF. Lorsque des centaines de lycéens scandent le retrait pur et simple de la réforme et répondent par les blocages et les manifestations, Macron et Edouard Philippe ont du soucis à se faire. Ou le début d’un nouvel épisode du dentifrice qui ne parvient pas à rentrer dans le tube ?




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