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Assurance-Chômage. Les théâtres occupés montrent la voie avec le « vendredi de la colère »

Ce vendredi 26 mars se tient la première journée des « vendredi de la colère » : des journées de mobilisation contre la réforme de l'assurance chômage. L'appel vient des théâtres occupés et s'adresse à l'ensemble des secteurs les plus précaires pour exiger l'abandon de cette contre-réforme.

jeudi 25 mars

A partir de ce vendredi 26 mars sont appelées tous les vendredis, à l’initiative de plusieurs théâtres occupés, des « journées de la colère » contre la réforme de l’assurance chômage.

Cette dernière, préparée depuis longtemps par le gouvernement représente une attaque très importante contre les secteurs les plus précaires. En effet la réforme en préparation va réduire les possibilités d’accès au chômage, en allongeant la période de travail nécessaire pour toucher des allocations. Alors que jusque là il fallait avoir travaillé et cotisé 4 mois sur les 24 derniers mois, il faudra dorénavant avoir travaillé et cotisé six mois sur les derniers 28 mois. A cela s’ajoute le fait que le montant de l’allocation, qui était jusqu’ici calculé à partir des jours travaillés sur une période de 12 mois, sera désormais basé sur une période de 24 mois incluant des jours non-travaillés. De plus la réforme inclus la dégressivité des allocations à partir du septième mois de chômage pour les salaires supérieurs à 4500 euros.

Le décret devrait tomber le 1er avril et la réforme être appliquée dès le 1er juillet. Ainsi dès le début de l’été plus de 800 000 chômeurs vont voir leurs allocations baisser. La contre-réforme arrive en pleine crise économique, alors que le nombre de chômeurs a augmenté et qu’il risque d’exploser au vu de la multiplication des licenciements.

Alors que se profile une attaque d’ampleur qui va accentuer la misère de centaines de milliers de personnes, les directions syndicales sont plus que silencieuses et plutôt que de préparer un plan de bataille à la hauteur de la situation elles participent aux négociations avec le gouvernement.

Leur silence criminel est d’autant plus coupable que la colère gronde et que l’assurance chômage est largement décriée. Depuis le début du mois de mars, la culture est secouée par un mouvement qui remet en cause la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement- qui a fait de la culture un secteur « non-essentiel » et a laissé sombrer dans une précarité profonde une partie des intermittents.e.s. En réponse les théâtres occupés ont fleuri partout en France, et en leur sein un secteur s’est dessiné pour exiger la prolongation de l’année blanche, des moyens pour la culture et surtout la suppression et l’abandon de la réforme de l’assurance chômage.

L’importance qu’a pris cette dernière revendication se voit aux alliances nouées au sein des occupations. A l’Odéon par exemple parmi les occupant.e.s on retrouve des travailleurs d’autres secteurs notamment des précaires que la crise sanitaire a mis à mal.

Comme l’explique Laurent Voiturin du SFA (syndicat français des artistes-interprètes ) de Rennes auprès de Rapports de force :«  Pourquoi se tourner vers les précaires ? Mais parce que nous sommes nous-même des précaires !  ». Dans le même article la parole est donnée à Joachim Salinger lui aussi syndiqué au SFA : « Les saisonniers, les salariés de la restauration, toutes ces professions précaires… c’est elles qui vont être les plus touchées par la réforme ! Le gouvernement le dit clairement : il n’accepte plus que l’assurance chômage leur assure un revenu décent pendant les périodes où ils sont hors de l’emploi. [...] Si on ne se bat pas dès maintenant, on peut être sûr que ce régime sera perdu.  »

Une convergence et un élargissement urgent et nécessaire que plusieurs des théâtres occupés semblent avoir saisi. Dans un appel « à la mobilisation générale contre le projet de réforme de l’assurance chômage » paru le 22 mars les théâtres occupés signataires rappellent la situation « Alors que la gestion de la crise sanitaire empêche des millions de personnes de travailler /Alors que plus d’un·e chômeur·se sur deux n’est pas indemnisé·e / Alors que le chiffre historique de 10 millions de pauvres a été dépassé / Le gouvernement impose une réforme de l’assurance chômage d’une violence inouïe. /Elle appauvrit de façon écrasante les plus précaires d’entre nous.  » Ils appellent ensuite à des actions tous les vendredis dans toutes les villes contre l’assurance chômage. La première doit se tenir ce vendredi 26 et à Paris elle prendra la forme d’une manifestation au départ de Port Royal%7D]

L’appel et les dates qui s’annoncent contre la réforme de l’assurance chômage, pourraient être les premières pierres d’un rapport de force à instaurer contre le gouvernement. Quand le Syndeac (syndicats des entreprises artistiques et culturelles) voudrait circonscrire la mobilisation a une revendication pour la réouverture des lieux culturels, les différents appels qui émergent des théâtres et le récent appel à préparer des vendredis de la colère propose une autre ligne. Celle d’un combat interprofessionnel, contre la précarité et contre les attaques du gouvernement. Une voie à suivre pour construire une réponse d’ensemble à même de faire reculer le gouvernement. Et pour permettre au mouvement de s’ancrer dans différents secteurs et de faire reculer le gouvernement les directions syndicales ne peuvent rester silencieuses et doivent répondre à la colère et préparer un plan de bataille à la hauteur de l’attaque.




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