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A bas le capitalisme

A Marseille, des centaines de manifestants en voiture pour « un monde meilleur »

Mardi, une centaine de véhicules ont défilé dans le centre-ville marseillais à l’appel de la CGT pour manifester leurs colères et revendiquer la mise en place d’un certain nombre de mesures pour un « monde meilleur ».

mercredi 20 mai

Crédit photo : La Provence

Mardi. Il est 19h et sur le rond-point du Prado brillent les torches agitées par les manifestants, les klaxons résonnent et les drapeaux rouges, portés à bout de bras, s’agitent au vent. C’est la première manifestation du monde ouvrier organisée depuis le début du confinement, et elle est en voiture ! L’objectif, respecter les mesures de sécurité sanitaire, puisque les rassemblements sont limités par le gouvernement. 
 
A l’appel de la CGT, soutenue par le NPA, la France Insoumise, le PCF13, l’UNEF, les Jeunes Communistes du 13, Ensemble et l’AN13, plus d’une centaine de véhicules se sont retrouvé à la porte d’Aix pour faire entendre leurs colères. Pour Gilbert Benhamou, secrétaire général CGT de l’Union Locale Marseille Sud la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement a révélé les inégalités profondes de la société. « Il faut nationaliser les secteurs, donner des emplois bien rémunérés avec statut, car il y en a marre de cette précarité c’est plus possible » explique le syndicaliste. Pour ce dernier « l’argent il y en a, les actionnaires se gavent et il faut se battre, car sinon cet argent le produit de notre travail va être aspiré par le capital ». 
 
Le communiqué d’appel à la manifestation revendique également « des masques gratuits pour tous, des tests et des moyens pour les soignants », « la socialisation des outils de productions agricoles et industrielles » ainsi qu’« une relance de l’activité économique sous le contrôle de celles et ceux qui produisent, en tenant compte de l’impératif climatique ». Des revendications progressistes, mais qui posent la question de la lutte nécessaire pour y parvenir.
 
De fait, dans une ville ou des milliers de personnes dépendent aujourd’hui des distributions de colis alimentaires organisés par les collectifs de quartiers ainsi que le McDonald’s de Sainte Marthe, réquisitionné pour venir en aide à la population, l’urgence de mettre sur pied une mobilisation large pour imposer des mesures d’urgence afin d’éviter que les travailleurs et classes populaires ne paient la crise apparaît de façon particulièrement nette.
 
Alors que la période du confinement a révélé au grand jour les profondes inégalités qui traversent la société, ainsi que le rôle fondamental des travailleuses et des travailleurs les plus précaires, parmi lesquels de nombreux habitants des quartiers populaires, ce constat va de pair avec l’importance de construire un programme qui permette d’unifier l’ensemble des secteurs de la classe ouvrière. Un programme qui prenne en charge la lutte contre les licenciements, pour la hausse des salaires, mais qui articulent ces mesures avec la nécessaire lutte contre le chômage et la précarité, par la répartition du temps de travail, l’interdiction des licenciements, mais aussi contre les violences policières et le racisme.

Quant aux modalités de la manifestation qui ne manqueront pas de faire réagir, légitimement, sur le bilan carbone d’une telle mobilisation, elles restent évidemment marquées par le caractère très exceptionnel et ponctuel d’une telle action qui n’a pas vocation à devenir un modèle où à être reproduite régulièrement !




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