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Politique

Impunité policière

A Marseille, la fille de Zineb Redouane en tête d’une marche pour « la vérité »

Ce dimanche ont eu lieu à Marseille et dans plusieurs villes des initiatives en hommage à Zineb Redouane, tuée par la police le 1er décembre 2018. Sa fille Milfet avait fait le déplacement depuis l'Algérie, excédée par les propos récents de Christophe Castaner.

lundi 16 septembre

Le 1er décembre 2018, Zineb Redouane, reçoit une grenade lacrymogène en plein visage alors qu’elle fermait les volets de son appartement situé au 4ème étage. Cet événement survient lors d’une manifestation pour le logement digne. Elle mourra 24 heures plus tard à l’hôpital.

Ce dimanche 15 septembre une marche silencieuse a rassemblé près de 500 personnes vêtues de blanc à Marseille, pendant que des initiatives avaient lieu dans plusieurs villes de France pour lui rendre hommage et exiger justice. À la tête de la manifestation dans la cité phocéenne, Milfet Redouane, fille de Zineb, a affirmé : « Je veux la vérité sur la mort de ma mère, toute la vérité, et qu’on arrête les mensonges à propos de sa mort ».

Devant le commissariat, les manifestants ont brandi des portraits de Zineb en direction des policiers, en silence :

À 17H à la Porte d’Aix une lettre a été lue par une amie de la famille, la même qui était lue plus tôt dans l’après-midi par Assa Traoré devant l’agora de la fête de l’Humanité, accompagnée par l’ensemble du comité Adama, mais aussi Jérôme Rodrigues, Geneviève Legay, Kamel Guemari des McDo des quartiers nord marseillais et bien d’autres :

L’émotion était palpable lorsqu’au pied de l’immeuble où sa mère habitait, Milfet a réaffirmé sa détermination à exiger justice, aux côtés d’Imen Souames, l’amie de Zineb qui l’a accompagnée à l’hôpital : « Je crois très fort à ce que ma mère m’a dit au téléphone, et elle m’a dit qu’elle avait été visée ». En aparté, Milfet nous fait part de sa colère lorsqu’elle a entendu les mensonges renouvelés de Christophe Castaner à l’encontre de Zineb, qui l’ont convaincue de la nécessité de cette marche : « C’était important pour stopper les mensonges des responsables de la mort de ma mère et faire savoir la vérité à l’opinion publique. Soit ils disent la vérité, soit ils laissent la justice dire son mot. Mais ils se contredisent : d’un côté ils disent qu’il n’ont pas accès au dossier, de l’autre ils disent que la police n’a pas tué ma mère. Et l’enquête n’avance pas ».

Les manifestants se sont ensuite exclamé avec force : « Nous sommes tous des enfants de Zineb ». La répression ne s’est pas fait attendre : le cortège à peine reparti, les manifestants ont été dispersés à coup de grenades lacrymogènes et repoussés jusqu’à la Canebière, la banderole de tête et des pancartes arrachées. La police aurait également procédé à une arrestation.

Cette marche prend place dans un contexte houleux où le gouvernement nie la responsabilité de la police, affirmant que la mort de Zineb serait due à un choc opératoire, sans dire que cette opération est elle-même due aux blessures infligées par la police. Qui plus est, l’enquête est émaillée d’irrégularités : les policiers ont refusé de restituer les armes à la justice, le procureur était lui-même présent lors du drame. Si ces éléments ont entraîné un dépaysement de l’affaire par la cour de cassation le 21 août à Lyon, il n’a toujours pas été nommé de juge d’instruction. Comme toujours, la justice prend son temps face aux violences policières, voire ne vient jamais.




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