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Politique

4ème vague

A Marseille, le manque de moyens et l’accès inégal au vaccin menacent les hôpitaux de saturation

A Marseille et dans la région PACA la circulation du virus est la plus forte de toute la France métropolitaine. Alors que le manque de personnel se fait sentir, le faible taux de vaccination aggrave la situation, preuve de l’impasse de la stratégie sanitaire du gouvernement et de sa gestion sécuritaire de la pandémie.

mardi 24 août

Crédits photo : Nicolas Tucat/AFP

Durement touché par la quatrième vague, Marseille subit de plein fouet les conséquences du variant delta, qui menace désormais de saturer les réanimations des hôpitaux de la ville. Cette situation, dans le département le plus touché de France métropolitaine, contredit le discours d’autosatisfaction tenu par Olivier Véran, qui hier soir sur BFM TV se félicitait que l’hôpital public ait tenu cet été. A l’inverse, le cas Marseillais illustre l’échec de la stratégie sanitaire du gouvernement, qui mise tout sur le pass sanitaire en faisant tenir sur les soignants le poids de la 4eme vague.

Circulation active et transferts de patients : Marseille au bord de la saturation

A Marseille, on compte en effet déjà 67 patients en réanimation à cause du Covid, quand le taux d’incidence très élevé que connait la région Provence Alpes Côte d’Azur menace la situation de dégénérer : on recense 587 cas pour 100 000 habitants, soit près du double de la moyenne nationale. Un chiffre particulièrement inquiétant à la veille de la rentrée et des retours de vacances. Alors que des patients ont déjà dû être transférés dans l’Est de la France, preuve de la saturation des hôpitaux marseillais, les soignants ont été réquisitionnés dès le début du mois d’août, une disposition rendue possible avec l’activation du plan blanc, qui prévoit le retour de personnel parti en congés pour palier la manque de moyens structurel et orchestré par les différents gouvernements.

Démissions de soignants et manque de personnel

La persistance de l’épidémie met une fois de plus en lumière le manque criant de moyens à l’hôpital public. En effet, l’Assistance Public - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) estime qu’elle ne peut pas prendre en charge davantage de patients covid, à cause du manque de personnel, et point du doigt les difficultés pour recruter des infirmiers. Une difficulté qui n’est pas propre à Marseille, tant les départs se sont multipliés dans le secteur, allant jusqu’à 10 000 dans tout le pays, dont notamment des démissions, chez des travailleurs durement touchés physiquement et moralement par la crise sanitaire. Si ces démissions ont des conséquences sur le bon fonctionnement de l’hôpital , la désespoir des soignants se comprend après 1 an et demi de saturations à cause de la pandémie et des années de manque de moyens chroniques, problème contre lequel gouvernement n’a rien fait, continuant à l’inverse à supprimer des lits. Ces départs massifs s’expliquent aussi par le mépris exprimé à leur encontre par le gouvernement, à l’image d’Olivier Véran déclarant début août « Vient un temps où ces personnes n’auront plus le loisir de faire grève puisque par définition cette obligation vaccinale s’appliquera » alors que les soignants continuent de souffrir des errements de la stratégie vaccinale du gouvernement, et de l’impasse de sa gestion antipopulaire et répressive de la crise, symbolisé par le pass sanitaire et matérialisé dans l’accès inégale au vaccin.

La faible vaccination responsable de la hausse des réanimations : les conséquences tragiques de la politique du gouvernement

La situation à Marseille illustre là encore cette situation, où l’importante circulation du virus s’explique par le faible taux de vaccination. Dans les quartiers Nord, où se concentrent pauvreté et absence de services publics, seuls 30% de la population aurait reçu deux doses du vaccin, notamment à cause du manque de centres de vaccination et de leur éloignement des quartiers populaires. Alors que 89% des patients en réanimation à Marseille ne sont pas vaccinés, on voit les conséquences dramatiques des inégalités d’accès au vaccin, mais aussi de la réticence à son encontre..

En plus des difficultés objectives d’accès à la vaccination pour les habitants des quartiers populaires, les causes de ce faible taux de vaccination sont en effet à trouver dans la défiance et la confusion vis-à-vis de la vaccination générée par la gestion sanitaire catastrophique de Macron et son gouvernement. Dans une ville plongée dans une extrême misère dès le premier confinement et, qui comme tout le pays, a été témoin des mensonges d’un gouvernement déclarant les masques inutiles pour cacher leur pénurie, les discours gouvernementaux sur le vaccin peinent à convaincre. La situation des hôpitaux à Marseille, et le rythme élevé des réanimations montrent ainsi que le pass sanitaire n’a pas permis de changer la donne.

Incapable de convaincre la population lassée de ses mensonges et de son autoritarisme depuis la pandémie, le gouvernement a persévéré dans une logique sécuritaire avec la mise en place du pass sanitaire qui ne fait qu’entretenir la défiance, voir le complotisme. Se servant du mépris justifié envers le gouvernement, certains en profitent pour avancer leur réthorique anti-vaccin, ou servir leurs intérêts personnels. Quelqu’un comme Didier Raoult a par exemple une responsabilité dans la situation actuelle à Marseille, en remettent en question l’efficacité de la vaccination contre toute évidence. Si l’épidémiologiste ne se dit pas opposé à la vaccination, il multiplie les ambiguïtés dans son discours et faits des appels réguliers aux franges de son auditoire les plus opposés aux vaccins, pouvant déclarer en mai dernier "la chance si on ne vous vaccine pas que vous ayez dans la semaine un Covid est moins importante que si on vous vaccine ». C’est ce genre de déclaration confuse qui lui vaut aujourd’hui d’être pris en exemple par Florian Philippot, l’ancien numéro 2 du Front National qui cherche à récupérer la colère exprimée dans les mobilisations anti-pass.

Alors qu’encore une fois, 89% des patients en réanimation à Marseille ne sont pas vaccinés et que les hôpitaux menacent de saturation, il est clair la maladie touche en premier lieu les habitants des quartiers populaires, touchés de plein fouet par l’accès inégale au vaccin. Aussi parce que c’est notre classe qui est la première touchée par le virus, il faut lutter contre l’autoritarisme de Macron mais aussi pour la levée des brevets sur le vaccin afin de développer une campagne transparente et pédagogique pour la vaccination massive, en France comme à l’échelle internationale.




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