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Narbonne. 21 Gilets jaunes condamnés à de la prison ferme : la justice fait un exemple

Ce mardi 7 janvier se tenait, à Narbonne, le procès de 31 Gilets jaunes, poursuivis pour l'incendie d'une barrière de péage en décembre 2018. La justice a tapé fort et choisi de faire un exemple, condamnant 21 d'entre eux à de la prison ferme.

mercredi 8 janvier

Crédits photo : Yahoo Actualités

Devant le palais de Justice de Narbonne, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies, ce mardi 7 janvier, alors que ce tenait le procès de 31 Gilets jaunes. Dans la nuit du 1er au 2 décembre 2018, un des points culminant du mouvement, une action était en effet organisée devant le péage de la Croix du Sud. Une barrière de péage avait été incendiée et des locaux de la gendarmerie du peloton autoroutier dégradés. Comme nous l’écrivions dans un article daté du 17 décembre 2018, « dans plusieurs villes de France, les Gilets Jaunes se sont rassemblés par milliers pour dénoncer les politiques économiques antisociales. C’est le cas dans le sud de la France, de Perpignan à Narbonne où plusieurs centaines de manifestants ont pris des lieux stratégiques représentant le vol assuré par les entreprises sur ceux obligés d’utiliser la voiture comme moyen de locomotion. Dans ces deux villes, les transports publics sont presque inexistants et couvrent rarement toutes les régions. »

Ce 7 janvier, la sentance judiciaire est donc tombée, et est extrêmement lourde. 21 des 31 Gilets jaunes ont été condamnés à de la prison ferme. D’après 20 minutes, « le tribunal a prononcé deux mandats de dépôts (pour des peines de cinq ans ferme et trois ans assortis d’un an avec sursis), un mandat d’arrêt à l’encontre d’un prévenu qui ne s’est pas présenté à l’audience (quatre ans de prison dont 18 mois avec sursis) et deux maintiens en détention de deux hommes condamnés à cinq ans de prison, assortis de 30 mois de sursis. La quasi-totalité des condamnés laissés en liberté a par ailleurs l’interdiction de se regrouper sur les ronds-points ».

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La justice a donc eu la main lourde contre les Gilets Jaunes, contrairement à ce que dit le colonel Marc Gonnet, commandant du groupement départemental de la gendarmerie de l’Aude, pour qui « les peines paraissent maîtrisées et équilibrées ». Des peines qui, surtout, tranche avec l’impunité quasi-totale dont jouisse les forces de répression, malgré des milliers de cas de violences policières pour le seul mouvement des Gilets jaunes.

Surtout, ces condamnations interviennent dans un moment social et politique bien particulier, après plus d’un mois de bataille contre la réforme des retraites et alors que des formes de convergences sont visible entre grévistes et Gilets Jaunes sur certains points d’actions et dans les manifestations. En d’autres termes, ces condamnations sont un message clair envers l’ensemble du mouvement actuel, alors qu’Edouard Philippe lui même a déclaré, hier, sa volonté de réprimer les points de blocage des dépôts de carburant. Et en terme de répression sur les dépôts, les grévistes de la RATP et leurs soutiens peuvent témoigner de la violence de la police...

C’est pourquoi il faut apporter à ces Gilets jaunes condamnés et à l’ensemble des manifestants réprimés, notre solidarité la plus entière. D’autant plus que l’affaire des péages narbonnais n’est pas terminée, puisque le 12 mai 2020, le tribunal se penchera sur l’action civile et le dédommagement des victimes, c’est à dire Vinci Autoroute et la gendarmerie pour l’essentiel.




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