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À Neuhauser, InVivo licencie puis augmente les cadences des salariés qui restent

Le géant de l’agroalimentaire français Invivo qui a racheté fin 2021 la boulangerie industrielle Neuhauser vient d’annoncer la fermeture d’un site de production et sa transformation en dépôt logistique avec près de 30 licenciements à la clé ! De l’autre côté le groupe annonce l’augmentation des cadences pour les autres sites en France, notamment à Furst. Il faudra se battre pour imposer l’augmentation des embauches et des salaires !

jeudi 14 juillet

Crédit photo : AFP

Après les belles paroles, place aux licenciements

Le groupe Invivo, qui a l’habitude de communiquer sur ses actions s’est bien gardé d’annoncer la fermeture d’une unité de production à Saint Quentin pour la convertir en dépôt logistique en licenciant au passage 28 des 33 salarié.e.s du site. Afin d’éviter toute contestation de son plan de licenciement, le groupe a décidé de commencer la procédure pendant les congés d’été. Selon la direction du groupe, le marché de la boulangerie crue serait en déclin. Celle-ci met aussi en avant les 4 ans de chômage partiel sur le site de Saint Quentin pour justifier de cette nouvelle attaque.

Or depuis plus de 4 ans, des travailleurs du site ont vu leurs salaires chuter jusqu’à 900 euros du fait de ce chômage partiel, et ce alors même que l’entreprise bénéficiait de sommes importantes d’aide publiques censées maintenir l’emploi.

L’annonce des licenciements intervient après l’annonce par l’Etat d’arrêter le versement d’aides relatives au chômage partiel. Depuis, la direction est déterminée à fermer le site pour éviter d’avoir à rémunérer l’ensemble des salariés qui y travaillent et ce même si les commandes se multiplient.
Alors que Soufflet, l’ancien propriétaire de Neuhauser, avait un chiffre d’affaire de près de 5 milliards d’euros, pour Invivo, ce chiffre atteint quasiment les 10 milliards. Pourtant, malgré ces sommes pharamineuses, c’est bien l’augmentation des cadences et les licenciements qui sont de mise afin de maximiser les profits du groupe.

Moins de salarié.es mais plus de travail !

Dans son cynisme, la direction explique également qu’en plus des licenciements elle compte augmenter la productivité aux détriments des conditions de travail des salarié.e.s. L’exemple le plus criant et celui de Furst en Moselle. Après la victoire sur les 32h et les quasi 30 embauches en CDI imposées au patron, la réaction ne s’est pas faite attendre. Le groupe a décidé de rouvrir 2 lignes de production de l’usine de Furst 1 (en face du site de Furst 2 encore en activité) qu’elle avait décidé de fermer en 2019 occasionnant 185 suppressions d’emplois au passage. Aujourd’hui, bien loin d’envisager la réembauche des salariés remerciés il y a 3 ans comme l’exigeait la CGT, la direction a décidé de rouvrir... sans embaucher personne !

Elle justifie son choix en expliquant que les salariés seraient déjà en sur-effectif sur le site du Furst 2, et qu’il y aurait 80 salarié.es en trop sur les 250. Selon les organisations syndicales présentes aux réunions de négociations, l’objectif de la direction est donc de réaffecter 27 postes du premier site sur le second, ciblant les postes « de tri » qui sont occupés majoritairement par les femmes ayant des restrictions médicales. Une manière de les renvoyer sans bruit vers la sortie et réduire encore davantage les effectifs. Dans la lignée, la direction souhaite également supprimer des postes au « conditionnement » où les conditions de travail sont les plus difficiles.

La direction invoque la réduction des coûts de production pour justifier cette politique, intimant aux salariés de faire des efforts afin de rendre viable le site pendant que l’entreprise engrange des millions de bénéfices. De surcroît, et comme l’attestent les nombreux rapports d’expertise, les pannes que pointe la direction à l’appui de ses attaques contre les travailleurs relève surtout d’un manque d’investissement sur les machines. Rien à voir donc, avec le manque supposé de zèle des salariés.

Aux vues des premières informations, si l’on suit les volontés de la direction, les travailleur.euses verront leurs cadences augmenter de 30%. La CGT, mais aussi l’inspection et la médecine du travail alertent déjà sur les risques entraînés par ce projet sur la santé des travailleur.euses sans parler des risques psycho-sociaux. C’est d’ailleurs précisément à cause de cadences intenables que les salariés du Furst 2 mais aussi de Reims ont lutté et ont réussi à imposer des embauches ces derniers mois.

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Ouverture de lignes de production… mais avec quelles conditions de travail ?

La réouverture de ces lignes de production inquiète aussi s’agissant des conditions de travail. « Devoir emballer par 50 des chaussons au pommes congelés à la chaîne c’était horrible. En fin de poste on ne sentait même plus nos doigts, même avec nos gants. Le froid passait à travers, ça faisait mal », témoigne un.e salarié.e ayant travaillé sur le Furst 1. Ces postes de tri, extrêmement difficiles, sont occupés majoritairement par des femmes payées au Smic ou légèrement plus, tout comme les postes dit de « palettiseur » consistant à monter carton par cartons des palettes de produits à la main du matin au soir. Des cartons de près de 15kilos qu’il faudra monter à 1m80 de haut à la force des bras faute de machine achetée par la direction.

Nombreux sont ceux qui, à termes, ont les épaules et le dos cassés et les articulations douloureuses du fait du poids, du froid et des cadences. Pour couronner le tout, la direction a annoncé que les lignes seraient organisées de manière à occasionner une perte de plus de 400 euros par salariés et une augmentation du temps de travail jusqu’à 37h50 hebdomadaires au lieu des 32h actuelles.

Un recul inacceptable pour les travailleur.euses

Cette augmentation des cadences et les licenciements sur le site de Saint Quentin sont une insulte pour les travailleur.euses. Les salarié.es de Furst en Moselle ne sont pas prêts à laisser la direction appliquer son plan au détriment de leurs conditions de travail et de leurs salaires. Déjà que les augmentations obtenues ont été jugée insuffisantes – à tel point que l’ensemble des syndicats a refusé de signer les NAO (une premières dans l’histoire du groupe) – les travailleu.seuse sont déterminés à faire entendre leurs colères et à imposer leur propre projet pour la réouverture du Fust 1 ! Sur le site du Furst 2, les salarié.e.s expliquent qu’ils sont pour la réouverture des deux lignes, à condition d’embaucher massivement du personnel notamment aux vues de la situation actuelle et l’augmentation constante du chômage. Cette réouverture doit se faire sans perte de salaires et avec de bonne condition de travail sur les deux sites, sans suppression de poste sur les lignes déjà ouvertes !

Pour faire appliquer ce plan, beaucoup plus viable pour les conditions de travail et les salaires, pour des embauches dans la région, les travailleur.euses de Neuhauser ont conscience qu’une nouvelle fois ils vont devoir lutter face à leur direction déterminée à augmenter ses profits sur leur dos. Pour nos salaires, nos conditions de travail, pour une réouverture du site dans de bonnes conditions, c’est à une vraie bataille par la grève que nous devons nous préparer une nouvelle fois !



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