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A Paris 1, victoire pour les doctorants mobilisés contre la précarité à l’Université

En lutte depuis plusieurs semaines, les doctorants de Paris demandaient l’exonération des frais d’inscription pour les étudiants-travailleurs de l'université et la contractualisation de tous les vacataires. Leurs revendications ont été en partie acceptées par la présidence, mise sous pression par la rétention des notes.

mercredi 12 juin

Une victoire pour les doctorants mobilisés

Pour mettre la pression à la présidence les doctorants avaient lancé un mouvement de rétention des notes à l’issue des partiels. Cette rétention a finalement pris fin le 4 juin suite à l’engagement pris par plusieurs vice-présidents de mettre en œuvre l’exonération des frais d’inscription demandée ainsi que la contractualisation des vacataires. Les deux mesures devront être validées lors du prochain Conseil d’Administration qui se tiendra en juillet.

Si l’exonération des frais d’inscription avait déjà été conquise pour les doctorants contractuels et les ATER en 2016, elle avait récemment été remise en cause. La mobilisation devrait permettre de préserver cette mesure. Cependant, la présidence a refusé d’élargir l’exonération aux doctorants non contractuels.

La contractualisation des vacataires va quant à elle améliorer les conditions d’emploi des doctorants en mettant en œuvre des contrats d’enseignement plus avantageux que le contrat de vacataire. Les doctorants vacataires pourront en effet être mensualisés, là où certains pouvaient jusqu’alors attendre plus d’un an pour être payé, mais aussi cotiser pour la sécurité sociale ou la retraite. En revanche, la mesure ne sera pas appliquée aux docteurs sans poste, les syndicats de professeurs craignant qu’une telle mesure ne favorise la mise en place de postes de maîtres de conférence contractuels.

Le combat contre la précarité à l’Université reste ouvert : pour un mouvement d’ensemble !

Malgré ces éléments de victoire, la question de la précarité à l’université reste brûlante. Le collectif des doctorants voudrait ainsi pousser la mise en place un statut de « docteur associé » qui permette aux docteurs sans poste de continuer d’être rattaché à leur université d’origine pour bénéficier d’un certain nombre de services.

Par ailleurs, pour s’opposer non seulement à la précarité des doctorants mais aussi à celle des docteurs sans poste, c’est à la question du gel des postes qu’il faut s’attaquer. Etroitement corrélée au problème du sous-financement structurel de l’enseignement supérieur, cet aspect reste problématique alors qu’il est au cœur de la précarité que subissent les vacataires, dont l’emploi précaire est une conséquence directe du coup d’arrêt mis à la création de postes pérennes.

A Paris 1, 50% des renouvellements de postes de professeurs pour l’année prochaine ont ainsi été gelés par la Présidence cette année pour des raisons de contraintes budgétaires, liées notamment au poids du coût du déménagement à venir du Centre PMF, assumé par l’Université sur ses fonds de roulement sans financement étatique supplémentaire. Une mesure à laquelle s’étaient d’ailleurs opposés les élus étudiants et BIATSS, mais qui avait finalement été soutenue par l’ensemble des représentants des professeurs au motif d’une micro-concession de 5 postes supplémentaires de la part de la Présidence, alors même qu’une trentaine de postes étaient concernés par le gel.

Ce contexte d’austérité touche par ailleurs l’ensemble de ceux qui font l’université au quotidien. Côté BIATSS les contrats précaires se multiplient, et les non-renouvellements permettent de faciliter les licenciements abusifs, comme ce fut le cas en début d’année dans le service intérieur du Centre Pierre-Mendès France, déclenchant une grève victorieuse.

Enfin du côté des étudiants, ce sont les frais d’inscription qui pourraient venir compenser la réduction des financements. D’ores et déjà, le gouvernement a imposé une hausse drastique des frais d’inscription aux étudiants étrangers que la mobilisation des étudiants n’a pas suffi à enrayer. Mais ce système pourrait bientôt être généralisé à l’ensemble des étudiants, à l’heure où fleurissent déjà des masters payants coûtant parfois jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Face à cette situation d’austérité globale, la mobilisation des doctorants apparaît comme un exemple à suivre et un point d’appui déterminant dans de nombreuses universités. Mais pour avancer vers la fin de l’austérité et pour une Université au service du plus grand nombre, c’est un mouvement d’ensemble associant BIATSS, étudiants, doctorants, mais aussi d’autres secteurs en lutte, qu’il faudra construire. A ce titre, les alliances nouées par les étudiants avec la classe ouvrière, à l’intérieur et en dehors de l’université, sont déterminantes.

Crédits photo : STR/AFP.




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