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Nos vies pas leurs profits

A Paris, les Nokia à nouveau dans la rue contre le plan de suppressions de 1233 emplois

Ce mercredi 7 octobre, face à la menace de suppressions de 1233 emplois, les travailleurs de Nokia sont venus par centaines manifester de République jusqu’au ministère des finances à Bercy où leurs élus syndicaux avaient rendez-vous. Ils sont venus réaffirmer leur détermination face à la direction de l’entreprise et au gouvernement qui organisent le massacre.

mercredi 7 octobre

Les travailleurs des sites Nokia de Lannion et Nozay s’étaient donné rendez-vous aujourd’hui, mercredi 7 octobre, pour une nouvelle manifestation au départ de République suite au PSE (« Plan de Sauvegarde de l’Emploi ») qui prévoit la suppression de 1233 emplois, soit près de la moitié des travailleurs encore présents sur ces deux sites. Ils ont été plusieurs centaines à répondre à l’appel et se sont retrouvés pour manifester jusqu’à Bercy, où se tenait une nouvelle discussion entre des représentants des salariés et du ministère des finances, tous munis d’une pancarte numérotée symbolisant un des 1233 licenciements prévus.

Depuis juin dernier les travailleurs de Nokia bataillent contre un PSE qui menace à nouveaux des centaines d’emplois sur chacun des sites. C’est le 4ème plan social auquel font face les salariés de l’entreprise depuis 2015, lorsque Alcatel-Lucent se faisait entièrement racheter par Nokia. À l’occasion de ce rachat, Nokia avait alors bénéficié de financements publiques à hauteur de 273 millions d’euros en crédit d’impôt-recherche. Ces millions avaient été offerts par Macron, alors ministre de l’Économie sous Hollande, avec l’assurance que l’implantation de Nokia en France créerait des milliers d’emplois dans les technologies du numérique et de la télécommunication. Cinq ans après, le contrat n’a évidemment pas été tenu, les plans de restructuration s’étant enchaînés les uns après les autres.

« Jeunes embauchés, déjà licenciés !! » peut-on lire sur les pancartes des travailleurs qui expliquent que Nokia a même simulé l’embauche en juin 2019 de 700 jeunes ingénieurs pour atteindre temporairement certains objectifs et se libérer définitivement de toute contraintes imposées par le contrat signé en 2015 pour percevoir les aides publiques, avant de prévoir de les licencier 3 mois après, lors de l’élaboration de ce PSE. La direction de Nokia se défend de faire face à une crise économique difficile avec une trésorerie à sec. Pourtant, comme le révèle une enquête menée par le cabinet d’expertise Syndex et diffusée par Mediapart, bien que plus de la moitié de cette trésorerie se soit vidée en quelques mois, les actionnaires de Nokia ne sont pas à plaindre : enfait cette fameuse moitié leur a été reversé en totalité !

Tandis qu’au sortir des négociations, le gouvernement envisage d’aider à nouveau Nokia à coup de millions pour embaucher, Philippe, militant CGT à Nokia Nozay, dénonce à quel point « tout est dégueulasse dans cette histoire, les suppressions d’emplois injustifiées mais aussi la manière de faire qui montre le mépris de Nokia et ses sbires », et appelle à lutter aux côtés de tous les travailleurs qui font face à la déferlante de plans sociaux depuis le début de la crise.

Cette attaque de Nokia envers ses employés, et celle, plus largement, de l’ensemble du patronat qui cherche à sauver ses profits sur le dos des salariés, démontre l’urgence d’un plan de bataille pour l’ensemble des travailleurs dont la santé et l’emploi sont menacés par la crise sanitaire et économique. Un plan de bataille qui ne repose pas sur des négociations vaines avec les bourreaux, mais une lutte coordonnée de l’ensemble des travailleurs en première ligne des catastrophes capitalistes.




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