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Politique

Répression et militarisation

A Paris, un dispositif antiterroriste de la loi de 2017 mobilisé contre les Gilets jaunes

Alors que plusieurs manifestations sont organisées ce samedi, à Paris, le dispositif répressif est conséquent. Didier Lallement, le préfet de police de Paris a en effet mobilisé un dispositif de la loi antiterroriste de 2017, qui instaure notamment le principe de « périmètre de protection » permettant de faciliter les fouilles, inspections de sacs, véhicules, contrôles et d’interdire l’accès à plusieurs sites. Résultat, une ville quadrillée et militarisée, 7500 policiers et gendarmes mobilisés et des contrôles et interpellations massives.

samedi 21 septembre

Crédits photos : AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

En ce début d’après midi, la ville de Paris est déjà fortement militarisée, avec près de 8000 policiers et gendarmes présents, dispositif similaire aux manifs du 1er et 8 décembre. Plus de 600 contrôles d’identités, plus d’une centaine d’interpellations et 48 gardes à vues ont déjà eu lieu.

Et pour cause, alors que ce samedi marque la « rentrée » des Gilets jaunes, qu’une manifestation appelée par Force Ouvriere contre la réforme des retraites ainsi qu’une Marche pour le Climat sont également organisées, avec des appels à la convergence des luttes, le préfet de Paris a mobilisé pour l’occasion un dispositif répressif de la loi antiterroriste de 2017.

La préfecture de police a en effet publié deux arrêtés, qui permettent de durcir le flicage et la répression des manifestants. Le premier vise spécifiquement des manifestations des Gilets jaunes, et a permis au préfet d’interdire les manifestations dans plusieurs secteurs de Paris, avec un élargissement considérable des lieux qui étaient déjà régulièrement interdits lors des derniers actes des Gilets jaunes. L’interdiction concerne en effet des zones inédites notamment le bois de Vincennes et le bois de Boulogne.

Le second arrêté quant à lui utilise des dispositifs de la loi antiterroriste votée en octobre 2017, et instaure notamment le principe du « périmètre de protection », qui permet de faciliter les fouilles, inspections de sacs ou véhicules, contrôles, dans les périmètres autres que ceux interdits. Des procédés de flicages déjà présents lors des différentes manifestation des Gilets jaunes mais que ce dispositif antiterroriste permet d’amplifier. Cette militarisation et ce flicage de l’espace public s’étend ce samedi de la Concorde aux Champs Élysées, en passant par le palais de l’Élysée. Ce dernier permet également d’exclure de ces fameux « périmètres de protection » toutes les personnes qui refuseraient de se soumettre aux contrôles mais aussi toutes celles qui portent un "signe distinctif" qui révélerait leur appartenance ou soutien au mouvement des Gilets Jaunes. De nombreuses stations de métro et de RER ont également été fermées.

Ce dispositif convoqué par le préfet Didier Lallemant, illustre une nouvelle fois le rôle de toutes les lois antiterroristes mises en place ces dernières années, qui sont en réalité un moyen pour les différents gouvernement d’instaurer et de justifier des sauts sécuritaires et liberticides et un outil pour réprimer le mouvement social dans son ensemble, et notamment les franges les moins perméables à la cooptation, affichant une radicalité et une indépendance claire à l’égard du gouvernement, à l’instar des Gilets jaunes.

Si ce dispositif antiterroriste est justifié par la journée européenne du patrimoine et le « fort risque terroriste » qu’elle engendrerait, il est clair qu’il vise les manifestants qui prennent la rue ce samedi, et notamment les Gilets jaunes. La répression importante qui s’abat contre les Gilets jaunes aujourd’hui représente une énième tentative de faire taire une contestation et une colère qui, après des mois, et toutes les tentatives de canalisation et de cooptation, sont toujours bien présentes.




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