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A Portland les policiers mettent un genou à terre... puis gazent et grenadent les manifestants

Les scènes présentant des policiers mettant un genou à terre pour G. Floyd se multiplient sur les réseaux sociaux. Elles dissimulent mal le rôle répressif de la police. Une scène à Portland hier illustre bien la contradiction, alors qu'ils avaient un genou à terre face aux manifestants les policiers en ont profité pour enfiler leurs masques à gaz avant de se relever et arroser la foule de lacrymos.

mercredi 3 juin

Crédits photo : Rues de Portland inondées de gaz, capture d’écran de Mike Benner

A Portland la mobilisation était importante hier, avec plusieurs milliers de personnes dans les rues de la ville, capitale de l’Oregon. Les manifestants ont notamment réalisé une action symbolique sur un des principaux ponts de la ville, en s’allongeant face contre terre sur la route, bras derrière le dos pour mimer des menottes, en référence et hommage à George Floyd.

Par la suite, les manifestants se sont trouvés face à la police qui protégeait le Tribunal de Portland, appuyée par la Garde Nationale et protégée par une barrière métallique. Alors qu’un certain nombre de manifestants criaient "Take a knee", en référence à la pratique qui s’est répandue chez les policiers, sensés montrer par là leur "solidarité" avec George Floyd, on a assisté à une scène aussi paradoxale que révélatrice, et enregistrée dans un Live sur Twitter [à partir de 1:00:00].

On a en effet pu voir les policiers mettre un genou à terre... mais pour mieux enfiler leurs masques à gazs afin de se préparer à réprimer les manifestants. Et de fait, quelques minutes plus tard, le gaz lacrymogène et les grenades assourdissantes pleuvaient sur la foule réunie à Portland pour dénoncer les violences policières et exiger "Justice" pour George Floyd.

Une scène révélatrice à l’heure où le symbole du policier mettant un genou à terre tend à donner l’illusion qu’il serait possible de fraterniser avec la police. Cette idée est profondément contradictoire avec la fonction clairement établie de la police : maintenir l’ordre capitaliste, très souvent par la violence, raciste et parfois meurtrière, et réprimer les tentatives de le renverser.

En ce sens, si George Floyd est devenu un symbole, il serait faux d’oublier qu’il n’est qu’un nouvel exemple parmi les meurtres policiers qui se comptent chaque année par centaines, et font partie intégrante d’une violence institutionnelle visant à imposer par la force le maintien d’un ordre profondément inégalitaire. En ce sens, la crise économique qui risque de s’aggraver dans les semaines à venir aux Etats-Unis et qui a déjà fait basculer près de 40 millions de personnes dans le chômage depuis 2 mois et demi ne peut qu’intensifier encore la répression policière, et avec elle les meurtres racistes. Une situation qui invite à écarter toute idée d’une "réforme" de la police, avancée notamment par les Démocrates, pour poser l’urgence d’un renversement de l’ensemble de ce système.




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