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Politique

CRISE SANITAIRE

A Saint-Denis, Macron cherche à camoufler l’échec de sa stratégie vaccinale

En visite aujourd’hui sur le campus de formation Industreet et dans un centre de vaccination à Saint-Denis, Emmanuel Macron continue la politique d’auto-satisfaction vis à vis de sa gestion de la crise sanitaire, et n’a annoncé aucune nouvelle mesure. Alors que moins de 5% de la population est vaccinée, témoignant d’une stratégie de vaccination d’une faiblesse importante, Macron continue de se pavaner en s’auto-satisfaisant de la gestion de la situation sanitaire, pourtant catastrophique.

lundi 1er mars

Crédits photo : LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Alors que la situation épidémique ne cesse de s’empirer et que la stratégie vaccinale est toujours aussi lente, Emmanuel Macron s’est rendu ce lundi sur le campus du centre de formation “Industreet”. Interpellé par un jeune qui demandait à ce que le couvre-feu soit repoussé à 19h, a affirmé qu’il fallait « tenir encore quatre à six semaines » sans toutefois apporter plus de précision. Si le “plateau épidémique” reste stable, avoisinant les 25000 cas en moyenne dans la dernière semaine, les situations spécifiques à chaque région sont catastrophiques, à l’instar de la ville de Dunkerque, ou la région des Alpes Maritimes. Dans ces deux régions, le confinement le weekend a été décrété, sonnant la fin du semblant de vie sociale autorisée hors des horaires de travail et pendant la journée.

C’est dans ce contexte que Macron, accompagné du ministre de la santé Olivier Véran, s’est rendu dans dans un centre de vaccin dédié aux séniors et aux plus précaires à St Denis. Une visite méprisante et qui relève du coup de communication, lorsqu’on sait que la Seine-Saint-Denis et le département qui compte un nombre de contamination très élevé, et seulement 17 centres de vaccinations pour 1,5 millions d’habitants. Didier Duhot, responsable du centre de vaccination de Pantin, explique ainsi à propos de la campagne de vaccination du gouvernement : « On n’essaie pas de vacciner ceux qui en ont le plus besoin. On vaccine ceux qui sont plus agiles, ceux qui courent le plus vite ».

C’est donc une visite trempée de mépris de la part du président de la république, qui, tout en ne prenant aucun moyen pour la résolution de la crise, vient se pavaner dans les centres de vaccinations les plus saturés du pays.

Le gouvernement tente encore et toujours de temporiser, craignant à tout prix un confinement généralisé qui marquerait un coup d’arrêt pour l’économie, et qui coûterait cher politiquement. Cela fait maintenant plusieurs semaines que les épidémiologistes tirent la sonnette d’alarme quant à la situation sanitaire qui s’aggrave et que le gouvernement fait la sourde oreille, ne prenant aucune mesure conséquente. Les confinements récents à Dunkerque et Nice ainsi que l’annonce du report de la rentrée des classes dans les Yvelines témoignent d’une situation sanitaire instable. La stratégie territoriale du gouvernement montre aujourd’hui toutes ces limites a l’image du centre hospitalier de Dunkerque qui continue d’évacuer des malades et ou la situation reste tendue, malgré les mesures de confinement.

En effet, la clé de la résolution sanitaire n’est pas dans des mesures liberticides, ne donnant comme seule perspective de travailler, et rester isolé chez soi, mais dans une véritable stratégie vaccinale. Alors que du côté de la population et des professionnels de santé, la situation épidémiologique suscite beaucoup d’inquiétude et d’angoisse, le gouvernement ne met toujours en place aucune solution qui soit à la hauteur de la gravité de la situation.

A l’Elysée, en réponse aux mots d’Emmanuel Macron, on rappelle que cette déclaration ne « ne présage rien dans les décisions qui seront prises dans les quatre à six semaines » selon Le Monde. Deux mois après le lancement de la campagne vaccinale, la France affiche un faible score de 4,43% de personnes ayant reçu une des doses du vaccin, et ce chiffre tombe à seulement 2,36% pour les personnes ayant reçu les deux doses. Malgré ce faible bilan, le gouvernement ne faillit pas et refuse de reconnaître sa gestion catastrophique de la crise. Au contraire, il se montre très optimiste en annonçant qu’à la mi-mai, la totalité des personnes de plus de 50 ans pourront avoir reçu une première injection, un projet ambitieux mais toujours largement insuffisant lorsqu’on constate la lenteur de la vaccination. La seule solution aujourd’hui proposée par l’exécutif est donc de rester patient et de « tenir encore » , se trouvant dans l’incapacité totale de prendre la situation sanitaire à bras le corps.

La stratégie vaccinale se heurte sans cesse à l’irrationalité du système de production capitaliste. Les retards de livraisons rendent impossible une véritable stratégie de vaccination. Après le vaccin Moderna, c’est Astra Zeneca qui a annoncé de réduire de moitié le nombre de doses qu’elle avait promis de vendre à l’Union Européenne. Il est nécessaire d’exiger l’abolition des brevets et des vaccins pour toutes et tous. Confronté à une pandémie mondiale que le capitalisme est incapable de gérer, il est temps d’exiger la mise sous contrôle ouvrier de l’industrie pharmaceutique, afin que celles ci soient mises au service de la résolution de la crise sanitaire et pas des profits du patronat de ces firmes. Il nous faut exiger un plan massif d’embauche et de mise à dispositions de matériels pour l’hôpital public ! On ne peut pas laisser la gestion de la crise sanitaire dans les mains de Macron et les capitalistes plus longtemps !




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