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A Saint-Denis la police revendique cyniquement son droit à la violence en distribuant des bonbons

Alors que depuis déjà plusieurs jours, des manifestations de nuit de policiers en service se multiplient, exigeant plus de moyens pour réprimer, le 16 juin à Saint-Denis l’intersyndicale Unité SGP et Alliance ont monté une opération de distribution de bonbons dans les rues. Accompagné par une sono et une licorne gonflable, les policiers souhaitaient ainsi défendre cyniquement leur droit à être raciste et à réprimer sans être inquiétés.

mercredi 17 juin

Mardi 16 juin, alors qu’à Paris la manifestation des soignant-e-s a été fortement réprimée, à Saint-Denis, des policier-e-s ont défilé dans les rues en distribuant des friandises pour manifester leur mécontentement et ironiser leur situation. Estimant ne pas avoir assez de moyen pour réprimer, ils tentent de moquer le gouvernement dont ils considèrent qu’il voudrait les tranformer en « bisounours ».

Cette opération policière montée par l’intersyndicale Unité SGP et Alliance n’est pas isolée, depuis déjà des jours des policiers manifestent sur les Champs-Elysées, et à Roubaix une opération similaire s’était tenue. Ces actions s’inscrivent dans un contexte bien particulier, où pour répondre à l’immense vague de contestation contre les violences policières en France, ayant réuni plus de 120 000 personnes à Paris ce samedi, Christophe Castaner a tenté d’agiter quelques concessions la semaine dernière. Dans ses annonces du 8 juin, le ministre de l’Intérieur disait vouloir interdire la clé d’étranglement et annonçait la « suspension systématique envisagée pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes ». Très vite, la mobilisation policière a fait reculer le gouvernement qui s’est retracté sur les deux annonces. Mais les policièr-e-s ne se sont pas arrêtés là.

Sur la page Facebook de l’Unité SGP Police 93, à l’initiative de l’opération, on peut voir une vidéo de l’action, où il est indiquée : « à l’initiative des collègues des BTC de Saint-Denis, distribution de bonbons dans ce monde merveilleux tel que nous le présente le ministre de l’intérieur ». Dans une vidéo publiée par le syndicat policier, un policier se félicite d’une « opération réussie » et ajoute que « Puisque notre ministre ne nous répond pas favorablement, on lui fait voir qu’on va travailler différemment aujourd’hui ».

L’objectif de l’opération est donc clair : montrer que les micro-réformes évoquées par le gouvernement transformeraient les policiers en bisounours, tout juste bons à distribuer des friandises, pour mieux revendiquer leur droit à user de la violence. Dans la vidéo de l’action, on peut ainsi entendre un des policiers expliquer à un journaliste l’importance de la clé d’étranglement. Une opération très réactionnaire, dans laquelle la police n’hésite pas à instrumentaliser la population dont elle semble se moquer ouvertement dans la vidéo.

Après cette action, la mobilisation s’est poursuivie dans la soirée, tant la police semble déterminée à défendre son droit à matraquer, mutiler, étrangler et réprimer en toute impunité. Un droit que le gouvernement ne cherche d’ailleurs pas du tout à remettre en question contrairement à ce qu’avancent les policiers. Malgré le spectre du « bisounours » qu’elle agite cyniquement, elle semble en effet encore disposer de quelques moyens en réserve pour réprimer car, alors que se tenait l’action, Farida, une infirmière de 50 ans, était interpellée très violemment par les CRS avant de passer la nuit en garde à vue lors de la manifestation des soignant-e-s…




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