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Notre classe

Jusqu'au retrait !

A Toulouse, la détermination toujours au rendez-vous !

La mobilisation est toujours importante à Toulouse, pour une deuxième grande manifestation cette semaine dans la ville rose. Un chiffre inférieur aux précédentes manifestations contre la réforme des retraites, mais qui reste important.

jeudi 16 janvier

La journée de mobilisation a de nouveau commencé par des actions organisées par les travailleurs de Tisseo, cette fois ci face au centre technique de Langlade sous la forme d’un barrage filtrant afin d’informer leurs camarades de la nécessité de se joindre en masse à la bataille contre la réforme des retraites et à généraliser la grève au secteur privé. Les soutiens sont venus en nombre, cheminots, professeurs, travailleurs des finances publiques et étudiants, conscients de l’enjeu d’une possible mobilisation dans l’entreprise chargée des transports dans l’ensemble de la région Toulouse-Métropole.

Serge, travailleur chez Tisseo et syndiqué à la CGT Transports Urbains Toulousain (TUT), participant à l’action nous expliquait la situation particulière de la société de transports toulousaine : « Maintenant que la direction a réorganisé le métro, ils sont passés à une réorganisation du bus, en supprimant des équipes de maintenance [...] et ça a un impact sur la vie. L’action d’aujourd’hui, tout en étant centrée sur les retraites, pose aussi les conditions pour avoir un échange entre les différents secteurs de Tisséo. » Il rappelle qu’il est nécessaire de se mobiliser, non seulement pour lutter contre la réforme des retraites mais aussi se poser un ensemble de perspectives, en lien avec les cheminots et les autres secteurs mobilisés depuis le 5 décembre à Toulouse : « Il faut qu’on trouve les moyens pour aider ces secteurs et en même temps penser à étendre la lutte, tout en posant justement les questions de salaire, conditions de travail, et pour nous évidemment la question de la privatisation. »

Séverin et Benjamin, deux cheminots de Sud Rail et militants à Révolution Permanente, venus en soutien aux travailleurs de Tisséo, expliquent dans une vidéo de solidarité avec les grévistes de la coordination SNCF-RATP à Paris, affirment quant à eux : « Il est extrêmement important face a un gouvernement tel que celui de Macron de pouvoir montrer des signes d’union entre les corporations. Une lutte contre une régression sociale, contre une reforme des retraites, et contre un projet néolibéral, qui est extrêmement sourd. on montrera au gouvernement qu’on est plus déterminés que lui ! »

La journée s’est poursuivie par une action organisée à échelle nationale à l’initiative d’Attac et reprise par la commission de femmes de la CGT Éduc’Action. Dans le but de visibiliser le rôle et la détermination des femmes dans la grève et la lutte contre les réformes de Macron, celles ci ont enfilé bleus de travail et gants et ont repris le modèle de l’action organisée à Paris par Attac. En dénonçant Macron, Black Rock et autres ennemis des femmes travailleuses, l’action a permis de commencer la manifestation de 10h sur une touche de combativité, face au Musée des Abattoirs.

Dans la manifestation, plusieurs secteurs en grève battaient le pavé côte à côte. Bien que la marche soit moins massive que celle de mardi, qui avait rassemblé près de 120 000 personnes, l’ensemble des secteurs mobilisés donnait une vision de la détermination de secteurs du public et du privé mobilisés depuis le 5 décembre. On pouvait noter la présence des grévistes des hôpitaux, les travailleurs d’EDF ou encore d’Air France. Un important cortège de travailleurs administratifs de l’université de Toulouse Mirail Jean Jaurés, accompagnés de nombreux personnels bibliotécaires des bibliothèques publiques de Toulouse, d’enseignants chercheurs ainsi qu’un secteur d’étudiants étaient aussi présents. Les Gilets jaunes de Toulouse, étaient eux aussi présents aux côtés des grévistes en lutte, et se sont retrouvés à nouveau en début d’après-midi pour une deuxième manifestation, qui s’est terminée par un envahissement de la gare Matabiau.

Des étudiants du Mirail et de l’IEP, moins nombreux dans une période,de partiels qui rend la mobilisation compliquée dans les universités, sont cependant parvenus à se rendre visible dans un cortège auprès des étudiants de l’IUT de Blagnac et à organiser une caisse de grève pour les cheminot.e.s de Toulouse, en parvenant à récolter plus de 1000 euros.

Organisée par la coordination interprofessionnelle, des centaines de travailleurs et d’étudiants se sont dirigé vers le Palais des sports à la fin de la manifestation du matin, afin d’aller interrompre la cérémonie des vœux 2020 du maire républicain de la ville, Jean-Luc Moudenc. Malgré les CRS présents en nombre, une centaine de manifestants ont réussi à entrer pour perturber cette cérémonie et faire entendre leur colère contre le gouvernement, ses attaques et ses relais, à l’instar de Moudenc et sa politique ultra-répressive.

Des grévistes ont réussi à s’emparer du micro pour faire entendre leurs revendications, et ont laissé place aux militantes féministes, qui avaient organisé le happenning du matin au cours de la manifestation au son de « A cause de Macron... » contre la réforme, et qui ont de nouveau fait un flashmob sous le regard d’un Jean-Luc Moudenc décontenancé.

Pour organiser les prochaines batailles, les différentes Assemblée générales interprofessionnelles de la ville et de son agglomération ont fixé un rendez vous ce mardi autour d’une AG commune massive afin de discuter d’un plan de bataille contre la réforme des retraites, dans cette semaine qui s’annonce décisive pour le mouvement. Elle devrait rassembler de nombreux secteurs de travailleurs des universités, de l’énergie, du BTP, de Météo France, des cheminots, des retraités, et des enseignants. Des AG par secteur sont aussi prévues tout au long de la semaine prochaine.




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